Refusant de jouer les boucs émissaires : Tenet accuse le gouvernement Bush de mensonge…





Le Quotidien-Agences


L'ancien patron de la CIA, George Tenet, affirme que la guerre en Irak a été lancée sans réel débat au sein de l'administration Bush, dans un livre à paraître lundi où il dit son écœurement d'avoir joué un rôle de bouc émissaire commode.


«A ma connaissance, il n'y a jamais eu de débat sérieux au sein de l'administration sur l'imminence de la menace représentée par l'Irak», écrit Tenet dans un livre de mémoires intitulé At the Center of the Storm (Au centre de la tempête), dévoilé par le New York Times.


Tenet a dirigé la centrale du renseignement américain pendant sept ans, jusqu'en juillet 2004. A ce titre, il a eu un entretien quotidien avec le président qu'il devait conseiller.


Il affirme en outre que les responsables de l'administration n'ont jamais «discuté sérieusement» de la possibilité de contrôler la menace représentée par le régime de Saddam Hussein autrement que par une invasion.


Selon le New York Times, Tenet épouse dans son livre la thèse selon laquelle le vice-président Dick Cheney et une poignée de civils travaillant alors au Pentagone, comme l'ex-secrétaire à la Défense adjoint (et actuel président de la Banque mondiale) Paul Wolfowitz et Douglas Feith, se sont focalisés sur l'Irak dès la fin de 2001.


Il s'en prend aussi amèrement à Cheney et à la secrétaire d'État Condoleezza Rice, qu'il accuse de le prendre pour bouc émissaire en évoquant délibérément hors contexte une de ses déclarations très controversées.


«Je suis devenu un discours de campagne: "Regardez ce que [nous a dit] cet imbécile, c'est comme ça qu'on a décidé d'entrer en guerre" — oh, quand même, il ne faut pas être malhonnête», s'exclame aussi Tenet dans un entretien accordé à la chaîne de télévision CBS, devant être diffusé demain.


«Comme si vous aviez besoin de moi [...] pour vous convaincre d'entrer en guerre contre l'Irak», écrit-il dans le livre, cité dans le New York Times.


Ce rôle de bouc émissaire est «la chose la plus méprisable qui me soit jamais arrivée», se plaint-il sur CBS.


La controverse concerne une réunion de décembre 2002, évoquée dans le livre Plan d'attaque du journaliste-vedette Bob Woodward, consacrée aux arguments pour justifier la guerre aux yeux de l'opinion, comme l'existence d'armes de destruction massive.


«Ce n'est pas quelque chose que monsieur Tout-le-monde va comprendre ou croire», aurait dit le président Bush. «Ne vous inquiétez pas, c'est du béton», aurait répondu Tenet.


L'expression «c'est du béton» [en anglais, une métaphore sportive liée au basket, «it's a slam-dunk»] est depuis devenue le symbole des certitudes erronées de l'administration Bush sur le régime irakien.


Tenet affirme par ailleurs avoir tenté de minimiser des accusations portées contre le régime irakien que la CIA n'était pas en mesure d'étayer — en particulier sur ses liens supposés avec le réseau terroriste Al-Qaïda. Cette attitude aurait selon lui été une des sources de l'hostilité croissante de Cheney et Rice à son égard, jusqu'à son renvoi à l'été 2004.


 


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Mécontentement croissant parmi les officiers


 


Le Quotidien-Agences


Un officier d'active de l'armée américaine critique ouvertement la hiérarchie pour n'avoir pas préparé les forces à affronter l'insurrection en Irak et avoir induit en erreur le Congrès sur la situation sur place.


"Pour des raisons qui ne sont pas encore claires, le corps des généraux d'Amérique a sous-estimé la force de l'ennemi, surestimé les capacités du gouvernement et des forces de sécurité d'Irak et n'a pas fourni au Congrès une évaluation correcte des conditions de sécurité en Irak", écrit le lieutenant-colonel Paul Yingling dans un article paru dans le "Armed Forces Journal" (journal des forces armées).


"En 2007, la situation grave et qui s'aggrave en Irak offre de moins en moins d'espoir de victoire américaine et augure d'une guerre régionale encore plus étendue et encore plus destructrice", ajoute-t-il.


Si plusieurs généraux en retraite ont déjà émis des critiques similaires, mettant en cause la préparation et la gestion du conflit par l'ancien ministre de la Défense Donald Rumsfeld, il est rare qu'un officier d'active s'exprime ouvertement, ce qui pourrait être le signe d'un mécontentement croissant parmi les chefs militaires. Selon le groupe pacifiste Appeal for Redress, environ 2.000 militaires d'active et anciens combattants ont signé une pétition appelant au retrait américain d'Irak. L'armée américaine compte environ 1,4 million de militaires actifs.




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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com