Mondher Mami (Pdt. de l’A.S.M.) : «Le grand A.S.M. de demain est en gestation»





Si la plupart des présidents de clubs versent dans un exhibitionnisme outrancier, se donnant continuellement à voir et à entendre, par le truchement de déclarations qui se veulent sensationnelles mais qui sont, en dernier ressort, aussi rasantes que oiseuses, lui, il préfère la discrétion et le patient travail selon une délimitation tangible des tâches. M. Mondher Mami, le président marsois, puisque c’est de lui qu’il s’agit, a fait de la restructuration administrative et financière, ainsi que de l’impulsion infrastructurelle sportive, son cheval de bataille. Zoom sur un profil de dirigeant pas comme les autres.


 


Vous êtes, à coup sûr, le président de club le moins médiatisé. Est-ce un tempérament ou un choix délibéré?


Un peu les deux à la fois. Ce dot je suis convaincu, c’est que la place d’un président de club n’est pas dans une guérite. Il y a un président de section, le premier responsable du football, qui est le plus habilité à s’y trouver, autrement il y aurait double emploi. Quant aux déclarations d’après-match, il y a le staff technique et les joueurs pour s’en acquitter. Je demeure, toutefois, à l’entière disposition des médias, si l’on me sollicite pour évoquer des questions de fond. Et pour suivre les rencontres de mon équipe, je ne rejoins même pas la tribune d’honneur, je préfère me mêler aux spectateurs, tout en restant légèrement en retrait. De par ma formation et ma carrière de diplomate, je suis un homme de dialogue et les critiques ne m’indisposent nullement, pourvu qu’elles soient constructives et porteuses, et surtout dénuées d’écarts langagiers. En cas de besoin, je rejoins à la mi-temps, illico presto, les vestiaires pour régler un problème quelconque. En revanche, je suis très proche des joueurs tout au long de la semaine, au cours des entraînements.


 


Qu’est-ce qui vous a, en fait, convaincu de relever un pari, une gageure d’une toute autre envergure?


J’ai attrapé, en fait, le virus de la responsabilité dès mon bas âge, d’abord au sein de la section VB de l’ASM, puis dans le cadre d’activités associatives, tout au long de ma carrière professionnelle. Et face à la situation alarmante du club à tous les niveaux, à cause des dures et irréductibles exigences du professionnalisme, aucun Marsois pur et dur, ne pouvait rester de marbre. Mais sans le concours efficient de plusieurs personnalités sportives marsoises, rien de constructif n’aurait pu se cristalliser. Et c’est après plusieurs rencontres avec d’éminentes figures, telles que Hammouda Belkhodja, Khaled Bach Hamba, Manef Mellouli, Saïd Sahli, Mahmoud Azzouz… parsemées  d’échanges fructueux, que j’ai accepté cette exaltante responsabilité, sûr que je ne voguerai pas sur une houle renversante.


 


Quels sont, plus explicitement, les objectifs que vous vous êtes assigné de réaliser?


Je tiens à rappeler, d’abord, que lors du passage de témoin entre M. Brahim Riahi, que je félicite au passage pour le colossal travail fourni pendant 6 ans, et moi-même, dans le cadre de la dernière AGE, j’ai déjà présenté la constitution du Bureau directeur après consultation des anciens présidents du club, dont certains ont accepté d’en faire partie. Ceci nous a permis de gagner du temps et d’entamer le travail très tôt. Pour ce qui est des grands axes de notre programme, ils ont pour thèmes, réformes, restructuration et assainissement financier, avec comme règle sous-jacente une mise à niveau compatible avec les exigences du professionnalisme. C’est ainsi qu’au niveau des réformes, il y a eu réactualisation des statuts devenus caducs.


Dans cette optique, une étroite collaboration avec un cabinet privé, a été initiée. Le projet, qui est un compromis entre le statut modèle proposé par le ministère de tutelle, et le nôtre propre, a été soumis pour approbation, à un comité des sages, créé à cet effet, et composé d’anciens présidents et vice-présidents. Une fois approuvé, il sera soumis à la prochaine AG pour adoption. Autre réforme, elle concerne le règlement intérieur. Jusqu’ici, il y a eu un vide à ce niveau. Un effort gigantesque, chapeauté par M. Sahli, est consenti pour donner dans un avenir proche, les linéaments d’un club rigoureusement structuré. Pour ce qui est de l’assainissement financier, certaines dettes ont été jugulées. Cet effort donnera des résultats autrement tangibles au fur et à mesure que la restructuration administrative et financière sera complètement finalisée.


 


Des éclaircissements à ce propos?


Il y a, avant tout, uniformisation de l’organigramme régissant les activités des principales sections du club. C’est ainsi que pour chaque section, il y a un président, un responsable administratif, un trésorier et des membres, dirigeants et techniciens. Au niveau du BD, trois cadres bancaires s’activent d’arrache-pied.


Le sport professionnel est régi, sur le plan financier, par un trésorier général et un autre adjoint. Le sport amateur, pour sa part, possède son propre trésorier général qui a sous sa coupe tous les trésoriers des sections et qui est appelé à rendre des comptes au trésorier général du sport professionnel. Des comptes bancaires ont été, en outre, créés pour chaque section.


Toute cette réorganisation devrait conférer à l’ASM l’impulsion escomptée, tout en sonnant le retour des sections reléguées, parmi l’élite et en redorant le blason de certaines autres qui ont toujours fait la fierté du club telles que le volley-ball et la natation.


 


Un petit mot sur l’infrastructure. Où en est-elle présentement?


Force est de reconnaître que l’ASM en a toujours pâti. Toutefois, des efforts gigantesques sont consentis depuis quelque temps. A ce niveau, M. Mahmoud Azzouz, notre  vice-président chargé de l’infrastructure est en train d’abattre un grand ouvrage, en collaboration avec la municipalité de  la Marsa. Concernant le central du Chtioui, un projet a été déposé par la Commune au ministère , relatif à la construction d’une tribune d’honneur, d’une toiture… Il est actuellement à l'étude.


A Ardh Krima, et hormis la salle de volley-ball, le nouveau terrain de football en gazon artificiel est opérationnel à 80%. Ce terrain sera, en fait, mis à la disposition du Centre de formation des jeunes, dont les travaux seront achevés à la fin de l’année en cours. Par ailleurs, l’une de nos fiertés a trait au terrain de tennis qui s’apparente à l’un des meilleurs tennis-clubs du pays. Composé de six courts, conforme donc aux exigences internationales, il peut abriter des tournois de renom. A ce propos, il accueillera, dans quelques semaines, la célèbre Coupe Davis, qui aura lieu pour la première fois de l’histoire en Tunisie.


 


Et pour abréger…


En tant qu’homme de rassemblement, j’appelle à l’union sacrée autour du club. Que nos supporters soient rassurés et fassent preuve de patience. Le grand Avenir de demain est en chantier. Une période incontournable de mûrissement et ils cueilleront à loisir les fruits de ce patient mais très émoustillant labeur.


 


Propos recueillis par


Wahid SMAOUI




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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com