Ben Ali: Nous n’avons d’autre voie que celle du travail et de l’effort





Carthage-TAP


Au cours d’une cérémonie organisée, hier matin, à l’occasion de la célébration de la Fête du travail, le Président Zine El Abidine Ben Ali a honoré plusieurs syndicalistes, travailleurs et entreprises en leur décernant la Médaille du Travail et en leur remettant le Prix du travailleur exemplaire, le Prix du progrès social et le Prix des comités consultatifs d’entreprises et des représentants du personnel.


Au cours de cette cérémonie, le Chef de l’Etat a prononcé un discours dont voici le texte intégral:


 


"Au nom de Dieu, le Clément, le Miséricordieux,


Citoyennes,


Citoyens,


 


Nous célébrons, aujourd'hui, avec l'ensemble des pays du monde, la fête du travail, pour honorer les valeurs du travail et de l'effort, et rendre hommage aux travailleurs intellectuels et manuels, ainsi qu'aux entreprises économiques et aux commissions consultatives d'entreprise en saluant les efforts qu'ils fournissent tous pour raffermir le consensus social et stimuler le processus de développement intégral dans notre pays.


Tout en félicitant tous ceux et celles qui viennent, depuis un instant, de recevoir des décorations, et tout en leur exprimant notre considération pour leur persévérance dans le travail et l'effort, je tiens à témoigner, également, de mon appréciation, à l'ensemble des travailleurs, dans tous les secteurs d'activité et de production, et à saluer nos prestigieuses organisations nationales: l'Union Générale Tunisienne du Travail (UGTT), l'Union Tunisienne de l'Industrie, du Commerce et de l'Artisanat (UTICA), et l'Union Tunisienne de l'Agriculture et de la Pêche (UTAP), appréciant hautement le rôle qu'elles jouent pour assurer un climat social sain, où règne l'esprit d'entente et de dialogue dans le cadre de l'attachement solide à l'intérêt supérieur de la patrie.


 


Citoyennes,


Citoyens,


Le climat de confiance réciproque, d'entente et de concorde que nous avons instauré entre l'ensemble des partenaires sociaux a été du meilleur impact sur la consolidation des fondements d'une société sereine et équilibrée, l'enracinement des traditions de négociation et de la politique contractuelle dans les relations professionnelles, et l'instauration de l'esprit de coopération et de complémentarité entre l'ensemble des partenaires de l'activité de production.


Nous nous sommes attachés, dans toutes les réformes que nous avons adoptées et dans toutes les initiatives que nous avons prises, à protéger les travailleurs et à préserver leurs droits.


Nous avons constamment œuvré à augmenter, de manière régulière, les salaires des travailleurs et à adopter la négociation sociale avec eux de manière ininterrompue tant et si bien que nous achevons, avec cette année 2007, le programme des augmentations salariales adopté par le sixième tour des négociations triennales successives.


Nous avons œuvré à élever le salaire minimum garanti dans les secteurs agricole et non-agricole, ce qui a permis de le multiplier par plus de deux fois depuis le Changement. Nous avons accompagné ces augmentations de salaires par une action de promotion et de modernisation des législations sociales et par l'amélioration des conditions de travail.


Nous comptons sur l'esprit de responsabilité qui caractérise les différentes parties pour veiller à la préservation des fondements de la paix sociale dont jouit notre pays, et à leur consolidation continue, afin que nous puissions répondre, autant que cela est possible et réalisable, aux aspirations légitimes des travailleurs et continuer parallèlement à renforcer notre économie nationale et à raffermir sa solidité, au bénéfice de l'ensemble des parties.


Je tiens à souligner, à cette occasion, que le développement social et le développement économique sont deux volets essentiels et étroitement liés de notre politique, parce que nous nous attachons à garantir, en même temps, les droits des travailleurs, la prise en considération de leurs intérêts et la protection de leur pouvoir d'achat, d'une part, et à assurer, d'autre part, la poursuite de l'activité de l'entreprise et le renforcement de ses capacités à augmenter la production, à améliorer sa compétitivité et à accroître ses exportations.


Nous sommes confiants que l'UGTT, qui a toujours fait preuve d'un esprit élevé de patriotisme et a été, lors du mouvement de libération nationale, d'un soutien déterminant à l'action de militantisme comme à la lutte pour la libération, demeurera aussi un partenaire actif pour gagner les paris du présent et de l'avenir, en même temps que l'un des supports solides de la société du consensus, de la modération, du juste milieu et de l'ouverture.


Dans le cadre de notre attachement constant à promouvoir le dialogue social et à renforcer l'encadrement des entreprises économiques, nous avons décidé de créer, auprès de toutes les inspections du travail et des directions régionales du ministère des Affaires sociales, de la Solidarité et des Tunisiens à l'étranger, une unité régionale pour asseoir le dialogue social et la réconciliation entre toutes les parties. Nous appelons à accélérer la mise en place de ces unités et à assurer leur entrée en activité, afin d'aider à la réalisation des objectifs attendus de leur création.


En vue d'améliorer la situation des différentes catégories sociales, dans le cadre de la corrélation étroite entre efficacité économique et justice sociale, nous avons porté notre attention sur les catégories les plus faibles et celles qui ont des besoins spécifiques, afin qu'elles puissent bénéficier des fruits de la croissance et de la dynamique de la réforme économique, comme l'illustre le programme que nous avons mis en place pour l'emploi des jeunes appartenant à des familles nécessiteuses, et qui a touché, jusqu'à la fin du mois d'avril écoulé, plus de 85 pc des personnes visées, soit plus de 15.000 demandeurs d'emploi, appartenant à cette catégorie sociale.


Dans le cadre de notre souci de préserver le pouvoir d'achat des salariés à revenu limité, nous annonçons, aujourd'hui, notre décision d'augmenter le salaire minimum garanti dans les secteurs agricole et non-agricole, et ordonnons au Gouvernement de fixer le montant de cette majoration, après consultations avec les organisations professionnelles concernées.


 


Citoyennes,


Citoyens,


L'emploi reste au premier rang de nos priorités nationales, comme étant l'une des conditions essentielles de la dignité de l'individu et l'un des droits fondamentaux de la personne humaine. Nous avons, dans ce cadre, mis en place une grande série d'encouragements et d'incitations afin de promouvoir l'emploi dans tous les secteurs, et ce, en stimulant le rythme de l'investissement privé, en aidant à la création d'un plus grand nombre d'entreprises et de sources de revenus, ainsi qu'en consolidant le tissu économique, en faisant évoluer le climat des affaires, en renforçant l'infrastructure et en développant les secteurs à haute valeur ajoutée.


Nous avons, d'autre part, mis en place un ensemble de programmes et d'instruments en matière de formation, d'apprentissage, d'adaptation professionnelle et de formation complémentaire qui ont permis au Fonds National de l'Emploi de couvrir par ses interventions, depuis sa création il y a sept ans, quelque 677.000 bénéficiaires, sans compter les programmes spécifiques que nous avons mis en œuvre pour renforcer les conditions de développement dans les délégations prioritaires, et qui ont profité, au cours de ces trois dernières années, à plus de 76 délégations.


Pour ce qui concerne les nouveaux diplômés des institutions d'enseignement supérieur, nous avons considéré leur emploi comme un enjeu national que nous nous devons de gagner, grâce aux efforts conjugués de l'ensemble des parties.


Dans ce cadre, et en plus de la résorption d'un grand nombre de jeunes parmi ces diplômés, nous avons multiplié et diversifié les incitations consenties aux entreprises, en vue d'assurer l'emploi d'un plus grand nombre de diplômés des universités.


Nous avons, également, renforcé les programmes de formation complémentaires en matière de langues et de nouvelles technologies au profit de cette catégorie de demandeurs d'emploi, de manière à améliorer leurs chances d'insertion dans l'emploi et de répondre aux besoins croissants des différents secteurs économiques.


Nous avons œuvré, d'un autre côté, à offrir les meilleurs outils de financement, en vue de développer l'esprit d'initiative parmi cette catégorie de demandeurs d'emploi, et les inciter à s'orienter en plus grand nombre vers la création d'entreprises.


Nous leur avons ouvert des opportunités adéquates de formation et d'adaptation à la gestion et à l'administration, au sein même des entreprises, à travers le système de «stage de préparation et d'initiation à la création d'entreprises» que nous avions ordonné d'instaurer l'année dernière.


Dans ce même cadre, nous ordonnons d'étendre l'application de ce système aux entreprises publiques, de manière à offrir aux diplômés des institutions d'études supérieures les meilleures chances de réussite dans la préparation des projets et la création de sources de revenus.


Dans le but de stimuler l'esprit d'initiative parmi les jeunes appartenant aux familles nécessiteuses ou aux catégories ayant des besoins spécifiques, nous ordonnons d'octroyer à ceux qui, parmi eux, souhaitent créer des projets dans le cadre du Code d'incitations aux investissements, et qui se trouvent confrontés à des difficultés liées à l'autofinancement de leurs projets, une dotation remboursable sans intérêts, pour couvrir le montant de l'apport personnel au capital nécessaire à la finalisation de la structure de financement.


Nous ordonnons, d'autre part, d'entreprendre, au cours de la présente année, une étude globale d'évaluation de tous les mécanismes et instruments que nous avons mis en place pour encourager la création de projets, ainsi que des programmes de formation et d'adaptation destinés à y aider, en vue d'en apprécier les résultats et d'identifier les mesures propres à renforcer l'efficacité de l'ensemble du système.


Nous continuerons, au cours du XIe Plan de développement, d'accorder un intérêt élevé au secteur de la formation professionnelle, au renforcement de sa capacité d'accueil, à la diversification de ses filières et à sa promotion aux meilleurs niveaux, pour pouvoir faire face aux besoins croissants de l'économie.


Nous continuerons, parallèlement, à renforcer et à rationaliser la relation et la complémentarité entre les secteurs de la formation professionnelle d'une part, et les secteurs de l'éducation et de la formation, de l'enseignement supérieur et de la recherche scientifique d'autre part, en vue de préparer les qualifications et les compétences aptes à acquérir et à maîtriser les métiers de l'avenir et les nouvelles formes de travail.


La consultation nationale élargie que nous avions ordonné d'organiser sur ce secteur et à laquelle ont pris part l'ensemble des partenaires sociaux et professionnels, les partis politiques, ainsi que les organisations nationales et les structures concernées, a permis de dégager un ensemble de suggestions pertinentes que nous avons prises en compte, au premier rang desquelles la création d'un baccalauréat professionnel valorisant la filière de la formation professionnelle et permettant aux jeunes d'acquérir les qualifications requises, dans les divers domaines de spécialisation.


Nous ordonnons, à cet égard, de réviser la loi d'orientation de la formation professionnelle, promulguée depuis 1993, et de l'actualiser pour l'adapter aux exigences de l'étape à venir.


 


Citoyennes,


Citoyens,


La Tunisie a réussi à réaliser de nombreux acquis en matière de sécurité sociale, grâce à l'extension de la couverture sociale et la mise en place de régimes spécifiques au profit des catégories à faible revenu, ce qui a permis de couvrir l'ensemble des catégories sociales et de porter le taux de couverture sociale à plus de 90 pc.


Nous avons, d'un autre côté, entrepris d'apporter les réformes nécessaires aux divers régimes de sécurité sociale et veillé à assurer leur évolution tout en œuvrant à préserver leurs équilibres financiers, à la lumière des mutations démographiques que connaît notre société.


Il appartient, aujourd'hui, à toutes les parties de redoubler d'efforts pour porter le taux de couverture à 95 pc à la fin de l'année 2009, comme nous l'avons fixé dans notre «Programme pour la Tunisie de demain», et ce, par le biais de l'identification précise des catégories bénéficiant légalement de la couverture sociale, mais qui restent encore en dehors de la couverture effective, faute d'avoir adhéré au système.


Il importe, d'autre part, d'assurer la réussite de la démarche que nous avons adoptée pour la réforme des systèmes d'assurance- maladie, afin de réaliser une meilleure couverture contre le risque maladie, et d'instaurer un régime plus efficace de prise en charge des dépenses de soins.


Il nous faut, maintenant, parachever les concertations finales pour passer au stade de la mise en application de cette réforme, de manière progressive et qui permette de concilier entre les intérêts des différents intervenants dans ce secteur, et la préservation des équilibres financiers sur lesquels s'est fondé ce système, que nous avons ordonné d'appliquer à partir du mois de juillet 2007.


Nous avions eu à recommander, dans le cadre de l'exploration des perspectives des régimes de retraite, à la lumière des développements économiques et démographiques que connaît notre pays, de parachever les études en cours au sujet de ces régimes afin de prendre les mesures nécessaires à la préservation de leurs équilibres financiers jusqu'à l'horizon 2030 et assurer les conditions de leur pérennité pour les générations futures.


Dans le cadre de nos traditions en matière de concertation, qui constitue un choix constant dans nos orientations politiques comme dans nos réformes économiques et sociales, nous avons mis en place dans ce domaine une commission consultative regroupant les diverses parties concernées, en vue d'approfondir le dialogue sur les grands choix pour la réforme des régimes de retraite, en relation avec les difficultés auxquelles ces régimes sont confrontés, aujourd'hui, et que toutes les parties concernées se doivent d'œuvrer à aplanir et à surmonter.


Nous avons réussi, grâce à notre attachement à promouvoir les conditions de santé et de sécurité professionnelle au sein des entreprises, et à préserver la santé des travailleurs et leur protection contre les risques professionnels qu'ils peuvent encourir, à réduire le nombre des accidents de travail et à développer l'esprit de prévention parmi l'ensemble des travailleurs. Dans le cadre de l'attachement de la Tunisie au respect des normes internationales du travail, un texte réglementaire a été pris cette année portant protection des travailleurs chargés de porter des charges manuelles, et ce, en fixant le poids maximum des charges qu'un seul travailleur est autorisé à transporter.


 


Citoyennes,


Citoyens,


Nous sommes confiants que les divers partenaires sociaux et professionnels sont conscients de la situation difficile de la conjoncture mondiale, tout autant que des efforts et sacrifices qu'elle impose pour faire face aux défis qui nous sont posés, et pour nous doter des conditions permettant d'y faire face et de nous assurer l'invulnérabilité et le progrès.


Nous nous devons d'exploiter au mieux le facteur temps, et de mobiliser tout notre patrimoine d'intelligence, d'abnégation, d'esprit de cohésion et de solidarité, pour nous élever aux plus hauts niveaux de la production et de la qualité, et créer le plus grand nombre possible d'emplois et de sources de revenus.


Nous nous devons, également, de persévérer dans nos efforts pour accéder aux marchés mondiaux, avec assurance et compétence, et veiller à garantir la stabilité de l'entreprise et sa pérennité et pour assurer une gestion rationnelle des ressources et des moyens et entourer d'une attention particulière nos ressources humaines, qui sont notre capital le plus précieux et le plus durable.


Nous n'avons, aujourd'hui, d'autre voie que celle du travail et de l'effort, en comptant sur nous-mêmes dans toutes nos affaires, dans le cadre de la cohésion, du consensus et de l'ardeur au service de notre peuple et de notre pays, et qu'en cela, puissent rivaliser l'ensemble des Tunisiennes et des Tunisiens."


A l’occasion de cette cérémonie, le Chef de l’Etat a décoré plusieurs cadres et responsables syndicaux de la Médaille du Travail (Catégorie exceptionnelle), en considération pour leurs efforts au service de l’instauration de relations professionnelles marquées par l’entente et le dialogue et en consécration des attributs de développement et d’équilibre entre les exigences de l’efficience économique et du progrès social.


Le Président de la République a, d’autre part, remis le Prix du travailleur exemplaire pour l’année 2006 à dix-sept travailleurs qui se sont distingués par leur sens de l’effort, leur dévouement et leur engagement à contribuer à l’augmentation de la production et à l’amélioration de la productivité.


Le Chef de l’Etat a, également, honoré huit entreprises en leur remettant le Prix du progrès social de l’année 2006, pour les efforts qu’elles ont déployés afin de renforcer les moyens de production, d’améliorer les conditions de travail, de santé et de sécurité professionnelle et de développer les qualifications professionnelles des travailleurs.


D’autre part, le Président Zine El Abidine Ben Ali a remis le Prix des comités consultatifs d’entreprises et des représentants du personnel de l’année 2006 à deux comités consultatifs, en signe de considération pour leurs efforts en matière de promotion des relations professionnelles, de développement des ressources humaines et de promotion des projets sociaux.




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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com