Exposition photos: Mer et lumière





Sortir des sentiers battus des expositions photos, un art à la recherche de son accomplissement en Tunisie, c’est le défi que l’artiste Anis Mili a tenté de relever. Un succès selon les critiques de la place. Mais le chemin est encore long.


 


Conjuguer les reflets de la lumière sur l’eau de mer est un exercice nouveau en matière de photo artistique que Anis Mili semble avoir maîtrisé. Les tableaux qu’il expose actuellement (du 2 au 11 mai) au Palais Essaâda de la Marsa semblent en témoigner.


«On croirait, l’espace d’un instant, qu’on est devant un tableau peint. Une peinture sans pinceau, mais à travers le zoom d’un appareil photo», affirme le critique Hamadi Ben Saâd pour qui l’artiste a réussi à structurer la lumière pour lui donner une expression, «la sienne», explique-t-il.


«Les tableaux de Anis Mili sont de vrais poèmes. Mais cette fois ce n’est pas une question de plume ni de papier vierge. Cette fois l’écriture est sublimée par le biais des lumières… Et rien n’est plus capricieux qu’une lumière qui varie au gré des saisons et des jours…Mais les photographes de ce calibre ont souvent aimé le détail, se sont débattus avec la lumière, la matière et la couleur», écrit pour sa part Salem Trabelsi.


Ceci étant il ne faut pas être un initié en la matière pour comprendre la maîtrise par l’artiste des jeux de la lumière et son amour pour la mer source de son inspiration.


«J’ai passé deux ans et demi à sillonner les plages et les ports de la Tunisie pour trouver ces quelques instants que j’ai tenté de pérenniser. Des instants uniques et éphémères durant lesquels j’ai pu sentir la vibration émise par la lumière sur la surface mouvante de l’eau. Un sentiment unique plein de détails que j’ai voulu partager avec les amoureux de cet art. Un but que j’espère avoir atteint», affirme Anis Mili à l’ouverture de l’exposition patronnée par Madame Fatemeh Degallaix, épouse de l’ambassadeur de France en Tunisie.


Et elle n’est pas la seule à avoir apprécié cet art. L’incontournable Roger Lemerre, entraîneur de l’équipe nationale, est aussi un mordu de ce genre. Ce dernier qui affirme apprécier l’œuvre exposée était l’un des premier à avoir acheté un tableau. «Un signe d’encouragement», dit-il. Et c’est vrai que l’artiste en avait besoin, tout comme l’art de la photographie en général en Tunisie.


Très en vogue en Occident et notamment en Allemagne où elle fait ses premiers balbutiements, la photo artistique reste, en effet, le parent pauvre de la culture en Tunisie. Pourtant les sources humaines existent bel et bien, cette exposition en est la preuve, mais comme nous l’explique l’artiste lui-même : «Nous ne trouvons pas beaucoup d’encouragements. Cela, parce que, dit-on, cet art ne trouve pas un public en Tunisie. Or, je peux assurer, en connaissance de cause, que ce n’est pas le cas».


 

M.A.B.R.


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com