E.S.T.: A malin, malin et demi !





La bonne gestion du match, le métier et les choix tactiques ont permis à l’Espérance de mater une USM supérieure sur le plan technique mais incapable de forcer son destin.


C’est que dans un match de Coupe, seul le résultat final et la qualification comptent. Avertis et retenant la leçon du match de championnat joué sur la même pelouse d’El Menzah, les Espérantistes se sont gardés cette fois-ci de céder des espaces devant les virevoltants Adriano, Ben Belgacem et Ben Abdelkader, Jacky Duguépéroux qui a bien étudié le jeu de l’adversaire a placé Mahjoubi et Hammi pour la récupération afin de libérer Zaïem. Il a compté sur Aboucherouane et Teyeb dans les deux couloirs gauche et droit, ne laissant qu’Eneramo en pointe. Celui-ci a été décisif dans le penalty marqué par Zaïem et le but inscrit par Khelifa.


A l’évidence, Duguépéroux a sacrifié le beau jeu au profit de la prudence et de l’efficacité et les événements lui ont donné raison. Son équipe a subi volontiers le jeu de l’adversaire, sa défense a connu beaucoup de problèmes devant les Adriano, Nevez puis Galbi et Boukorraâ mais à chaque fois Kasraoui et ses compères s’en sont sortis à bon compte. D’ailleurs, le technicien français l’a reconnu lors de la conférence d’après-match : «On a revu le match du Championnat et on a choisi le dispositif adéquat pour réussir. L’autre fois on a beaucoup mieux joué et on a perdu. Cette fois-ci on a privé l’adversaire d’espaces, on a joué avec beaucoup plus d’engagement pour gagner les duels et on est allés au bout de nos intentions. On va en finale face au CAB. Un club très respectable et on jouera à chances égales», devait-il déclarer avec beaucoup de satisfaction.


Dans l’autre camp, la déception était énorme car les Bleus avaient les moyens techniques et tactiques pour réussir dans leur entreprise. La prestation des hommes de Jouili a été par moments époustouflante. Ils ont dominé les débats, gagné beaucoup de duels, varié leur jeu, alterné le jeu court et le jeu long mettant sous le charme la grande assistance mais sans parvenir à leurs fins car en face il y avait une défense espérantiste bien en place et qui n’était pas prête à céder. Les camarades de Nefzi avaient beau multiplier les assauts, mais vainement. Kasraoui, Jaber ou Bekri étaient toujours là pour éloigner le danger. Et au moment où l’égalisation chauffait, une erreur de marquage était payée cher. Khelifa à peine entré en jeu trompait Nefzi pour mettre fin aux illusions des Usémistes. Après le coup de sifflet final, Samir Jouili a reconnu les difficultés rencontrées par ses poulains pour gagner cette demi-finale : «L’Espérance a mérité sa victoire. Elle a intelligemment joué le coup et a su bloquer nos attaquants avant de nous surprendre. En somme, le métier et l’expérience des Sang et Or ont prévalu. Il faut reconnaître aussi que les Sang et Or ont confirmé leurs bonnes dernières sorties. L’USM est encore en course pour le titre de champion et on luttera jusqu’au bout».


Comme quoi, l’EST a joué avec beaucoup d’humilité et a su comment gérer cette demi-finale, l’USM a sorti un grand match mais s’est fait piéger. La Coupe c’est aussi cela.


 


Jamel BELHASSEN


 


______________________


 


L’analyse technique: Réalisme sang et or, erreurs stratégiques monastiriennes


 


En football, il n’y a pas de vérité absolue et ceci s’est vérifié à l’occasion de la demi-finale de la Coupe de Tunisie entre l’E.S.T. et l’U.S.M.


Au fait la seule vérité qu’on ne peut contester concerne la qualification de l’E.S.T. et du C.A.B. et quoique difficile la qualification de ces deux équipes avait été méritée au vu des rencontres même si les adeptes du spectacle crieront au hold-up espérantiste face à l’attachante équipe de l’U.S.M. mais là, il y a une vérité qu’on s’évertuera à démontrer au vu de la tournure des événements qui ont fini par donner raison au réalisme des Sang et Or.


 


Accaparer la balle n’est pas dominer


On dit souvent que: «Celui qui est maître de la balle est maître du jeu» et là ce n’est pas une vérité absolue, d’ailleurs l’U.S.M. l’a vérifié à ses dépens. En effet, les Monastiriens se sont accaparés le monopole de la balle mais la manière de le faire était loin de valoir aux protégés de Jouili une domination rationnelle, car ce monopole se basait essentiellement sur des actions individuelles souvent stériles surtout de la part de Ben Abdelkader et Achour. Cette tendance faisait l’affaire d’une Espérance qui a choisi délibérément de laisser faire son adversaire et guetter un éventuel faux pas de sa part. D’autre part il y a lieu de citer l’absence de rigueur tactico-stratégique de la part des joueurs monastiriens notamment après le premier but espérantiste pourtant marqué dès le 1er quart d’heure de la rencontre et par conséquent il restait énormément de temps aux Monastiriens mais ceux-ci se sont montrés impatients et du coup Nevez est monté en attaque imité le plus souvent par les deux latéraux Mzali et Ayari et du coup Moëz Alaya est resté seul derrière (d’ailleurs on a vu à maintes reprises celui-ci dans des situations difficiles de deux contre un). Cet affolement inexplicable et d’ailleurs inexpliqué a fini par être payé cash par les Monastiriens. Etait-ce là des initiatives individuelles de la part des joueurs devenus trop orgueilleux ou était-ce des consignes de l’entraîneur Jouili qui aurait cru «trop tôt» à une éventuelle victoire des siens, conscient qu’il était qu’en valeur intrinsèque et à l’heure actuelle l’U.S.M. est peut-être bien la meilleure équipe du championnat? Toujours est-il que dans tous les cas cette erreur tactico-stratégique avait été fatale tout comme d’autres facteurs.


 


L’absence de Salem a-t-elle brouillé les cartes?


Un facteur important qui aurait précipité cette défaite concerne l’absence du stratège monastirien Tarek Salem, celui-ci étant chargé de l’organisation et l’orientation du jeu aurait pu assurer une meilleure stabilité et une orientation plus efficace au jeu de l’U.S.M. Salem qui affectionne le jeu court et le jeu long aurait été d’un grand apport surtout pour l’attaquant Jerry trop esseulé et qui n’a pas bénéficié de ballons vraiment négociables dans les intervalles en raison de l’entêtement des milieux à faire du surplace.


La chance sourit souvent aux audacieux mais là ce n’était pas la caractéristique de l’EST vendredi dernier car les Sang et Or ont choisi une autre voie pour forcer le destin par la voie de la patience, ils ont su patienter dans leur zone pour profiter des espaces concédés par les latéraux adverses là où Boucharouane a su porter des coups incisifs qui ont fait mal à Nefzi et ce qui restait de sa ligne arrière.


Connaissant ses limites, l’E.S.T. ne s’est pas hasardée et a joué groupée aidée aussi par beaucoup de chance et notamment le penalty gratuitement concédé par Nefzi et qui a fait balancer le sort du match. Le mérite des Sang et Or est de ne pas s’affoler, car à aucun moment ils n’ont perdu leur self-contrôl au contraire, ils sont restés lucides jusqu’au bout comme en témoigne le but de Sabeur Khelifa qui met à nu les carences dont nous parlions de l’U.S.M.


En conclusion, le football n’est qu’un simple jeu qui nécessite certes  beaucoup de rigueur surtout de nos jours où il n’y a plus de schéma  préalablement conçu mais plutôt il faut apprendre à s’adapter aux différentes situations qui se présentent, c’est donc un football d’adaptation basé sur l’effort et la polyvalence qui doit prévaloir - et à ce jeu - l’E.S.T. a parfaitement  réussi son coup face à une équipe monastirienne certes très attachante mais qui doit à notre humble avis réapprendre à s’adapter et à se montrer plus disciplinée dans son jeu et bien sûr plus patiente si elle désire (car elle a le potentiel) continuer à jouer les premiers rôles en championnat surtout qu’elle part largement favorite mais attention les camarades de Alaya doivent impérativement retenir la leçon de cette demi-finale.


 

Mohamed Ali FERCHICHI


Articles Similaires:



Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com