Issa Ibrahim: Le dernier des Mohicans






40 ans déjà. Le combat de Issa Ibrahim sur la toile artistique continue. Toujours avec la même bravoure. Car la bataille est menée par un homme qui a fait l’art pour l’art et est resté depuis, égal à lui-même. Jusqu’au 16 mai son exposition au Centre culturel de la ville de Tunis en est un témoin. Issa Ibrahim est un artiste hors du commun. Car il a choisi de vivre en dehors du circuit artistique malsain auquel se sont livrés certains de nos artistes qui se sont propulsés au devant de la scène... Raison pour laquelle, l’artiste s’est tenu à l’écart des médias, parfois de ses bobards.


Artiste bohème, son quotidien est peuplé d’objets qui lui sont familiers et que son art traduit. Avec sincérité, avec amour. Ses larges aplats de couleurs légèrement elliptiques rappellent les œuvres des artistes européens les plus émérites : Cézanne, Klee, etc. Chose qu’on remarque notamment dans «Le Piano du vendredi» ou encore «La veuve».


L’artiste nous amène à méditer sur les méandres de sa mémoire qu’on découvre à travers «le clown et l’enfant», «évasion», «solitude».


Les personnages peints donnent à réfléchir. Ce sont ces visages aux traits sévères parfois sans expression qui en disent long sur l’état d’esprit de l’instant de la création.


Autre élément important : l’artiste, non conformiste qu’il est, ne peint pas avec les matériaux communs que l’on se procure dans le commerce.


Ses couleurs, il les fabrique lui-même avec des produits naturels. Les tons qu’il décline avec le mariage de ces couleurs personnalisées donnent à son art toute sa splendeur. Son cachet et son authenticité aussi.


Sur sa toile, l’artiste décline un camaïeu de couleurs sombres qu’il obtient grâce à la superposition de plusieurs couches de produits.


Pour donner à voir un paysage artistique faisant fi de la répétitivité.


 


Mona BEN GAMRA




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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com