La problématique de la dette extérieure dans les pays du tiers monde





* Par Hanen Rabiï - Mastère SC-ISCAE


 


Histoire vraie, histoire sordide. L’histoire de la génération d’une dette qui n’existait pas il y a 40 ans et qui atteint aujourd’hui plus de 2500 milliards de dollars de dette des pays pauvres de la planète vis-à-vis des grandes institutions financières internationales, des grandes banques occidentales ou des Etats développés.


L’endettement des pays sous développés constitue l’un des problèmes majeurs de l’économie mondiale. En effet, ce dernier remonte au XIXème siècle et trouve son explication dans le besoin de croissance des pays sous développés (PSD) leur permettant dans un premier temps de se construire économiquement et dans un deuxième temps de survivre et de subvenir à leurs besoins.


Avec le temps, l’encours de la dette des pays du tiers monde s’est accru considérablement alignant ainsi ces nations et les plaçant dans l’embarras vis-à-vis des pays donateurs.


Cette difficulté s’explique par le fait que les capacités d’emprunt de ces pays ont été largement dépassées perpétrant ainsi des crises de difficultés de paiement dont l’ampleur ne fait que croître.


La gravité de cette situation réside dans ces répercutions pouvant être dramatiques pour les pays émergents car pouvant engendrer maints troubles tant sur le plan mondial que sur le plan national.


En effet, ce phénomène peut conduire à une dislocation économique, sociale et politique et réduire les pays endettés à l’esclavage et la dépendance vis-à-vis des puissances mondiales prêteuses.


Par conséquent, l’emprunt accordé par les pays riches industrialisés aux pays pauvres ou en voie de développement est destiné dans son noble principe à assurer le développement et la croissance de ces pays, or pour réaliser cet objectif humanitaire, les pays donateurs ne doivent pas imposer des conditions contraignantes à l’octroi des fonds pour favoriser en toute liberté dans les pays bénéficiaires la conduite à bon escient des projets de développement.


 


Le FMI ne répond pas à tous les espoirs des pays nécessiteux


La plus part des pays qui avaient bénéficié de l’assistance financière du FMI pour la réalisation de leurs projets de redressement économique ont malheureusement affronté des stratégies de soumission politique partisane ou accepté une main mise sur certaines de leurs ressources naturelles tant pétrolières que minières.


De ce faite, nous assistons à une volonté supérieure d’imposer une démocratie occidentale de développement tout à fait exogène à celle des pays qui entendent conserver leur éthique, leur neutralité politique et la planification de leur développement eu égard à leurs ressources propres, à l’abri de toute forme d’exploitation étrangère.


 


La suppression des dettes des pays pauvres ne suffit pas


D’autres pays africains des plus démunis ont été assistés par le FMI. Ces pays dont la population souffre d’ignorance, de pauvreté et d’absence de formation professionnelle n’arrivent pas de surcroît, à cause du montant excessif des intérêts surajoutés aux capitaux empruntés, à rembourser leur dû.


Ces pays bien qu’exemptés totalement ou partiellement du remboursement de leur dette demeurent néanmoins dans leur pénible condition sans sortir de la misère et du sous-développement.


Pour aider davantage ces pays à accéder à un minimum de vie décente, une coopération technique doit être organisée à leur profit notamment dans les domaines vitaux de l’agriculture, de la pêche, de la santé, de la formation professionnelle et de l’environnement.


Dans ce contexte le rôle des organisations non gouvernementales (ONG) en tant qu’organismes démocratiques d’assistance multidisciplinaire devient primordial pour lutter en parallèle avec les acteurs de la coopération contre le sous-développement et la précarité des pays qui n’ont pas échappé au marasme économique.


 


L’assistance financière pour les pays les mieux nantis


Dans le contexte le plus favorable où des pays mieux nantis en ressources naturelles contractent des prêts pour réaliser des projets d’envergure, leur situation est tout à fait différente.


Ces pays qui appartiennent au tiers monde se doivent tout d’abord de compter sur leurs propres moyens, sur la compétence technique et scientifique de ses cadres pour mener leurs projets de développement à une échelle supérieure et hisser leurs performances au niveau de celles des pays avancés.


A cet égard, l’assistance financière ne serait qu’un soutien d’appoint pour des projets pointus.


Il est possible que l’octroi des prêts aux pays pauvres soit dépolitisé pour manifester une aide purement humaine de façon à éviter à la communauté économique mondiale le calvaire qui consiste à faire face en permanence au fluo du sous-développement et de la précarité, conséquent à l’hégémonie politique et stratégique des pays fortement industrialisés.


C’est de cette manière que la problématique de la dette peut s’estomper pour que les pays en émergence puissent se garantir un essor plus florissant sans être sous les conditions astreignantes et discriminatoires des grandes nations de la planète.




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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com