Fête des roses à l’Ariana : Senteurs, bonheur et ambiance carnavalesque





Connue pour être «La ville des Roses», l’Ariana  accueille depuis le 12 mai, comme chaque année à pareille période, la traditionnelle Fête des Roses dans sa onzième édition.


Cette manifestation hautement culturelle et touristique qui s’achève aujourd’hui a fait de cette ville une cité qui s’offre aux visiteurs tel un carnaval où le commerce des roses et leurs dérivés dominent dans tous les endroits névralgiques de la ville.


 


Tunis- Le Quotidien


«Doux comme des joujoux et sentant une odeur de paradis qui fait oublier parfois les senteurs de l’encens» : ces propos de Robert Desnos semblent tout à fait appropriés pour décrire les dizaines de bouquets  et de vases à roses exposés ces derniers jours par plusieurs marchands  au Parc Bir Belhassen, un point de vente  qui égaye l’Avenue Bourguiba à l’Ariana. Espace symbole dédié à faire revivre la vocation florate de la ville, ce parc n’est pourtant pas le seul à accueillir  la traditionnelle  Fête  des Roses, cette année.  A l’impasse Sidi Ammar,  située en plein cœur de la Médina de l’Ariana, une animation carnavalesque  bat son plein à longueur de journée depuis quelques jours et de nombreux marchands de toutes sortes de plantes florales, d’encens et de produits de beauté s’y sont donné rendez-vous depuis le début de cette manifestation. Mais cette édition se distingue surtout par son programme riche et varié. Animation pour enfants, spectacles de «Aissaouiya», expositions des différentes espèces de roses, courses de motocyclettes, reboisement des roses sur certains endroits névralgiques et ruelles de la ville, journées entières d’animation, concours et distributions de cadeaux aux enfants: telles sont, entre autres, quelques-unes des activités qui ont eu lieu au parc Bir Belhassen et à l’impasse Sidi Ammar. Le premier espace avait une vocation purement commerciale et a accueilli des marchands de fleurs de toutes les régions de Tunis, tandis que le deuxième a abrité des  dizaines de marchands et artisans qui  proposent aux visiteurs toutes sortes de produits et de créations artisanales à vocation florale ainsi que différents produits de beauté fabriqués grâce aux fleurs de roses.


Il est dix-huit heures en ce mardi 14 mai quand  nous nous rendîmes au Parc Bir Belhassen.  Une foule compacte et dense est entassée dans le grand espace de ce parc. Les visiteurs, toutes catégories confondues, font des va-et-vient. Les acheteurs négocient avec les marchands de fleurs, tandis que d’autres passants se contentent de contempler simplement les couleurs et les diverses variétés de roses qui forment, autour l’allée de ce parc, une vue imprenable, donnant l’aspect d’une vaste roseraie. Pourtant,  la Fête des roses  avait pour vocation première la  vulgarisation d’une seule espèce connue pour son odeur et sa senteur. Il s’agit de la Rose de l’Ariana qui a donné à cette cité sa célébrité de ville des roses. «Cette variété est une espèce connue sous le nom de Rose gallique et qui a une belle odeur et une couleur pâle. Le festival de la Rose a toujours eu pour vocation  de faire  connaître cette espèce aux enfants issus de la nouvelle génération et d’inciter les gens à prendre en considération dans la plantation de  leurs jardins cette espèce de rose dont la durée de vie ne dépasse guère  les quinze jours» explique Rim Salmi, adjointe au maire de l’Ariana  et porte-parole  de cette manifestation. Pour notre interlocutrice, la Fête des Roses a aussi pour but de perpétuer  une tradition d’animation culturelle jadis vivace qu’a connue cette ville à pareille période de l’année et qui était marquée par de nombreux spectacles de Hadhra et de festivités culturelles.


 


Les bouquets de l’oubli


Au-delà de la vocation vulgarisatrice  de la Rose de l’Ariana qui fait la spécificité de la Fête des Roses, force est de constater que cette espèce est aujourd’hui plus que jamais menacée par d’autres variétés de Roses commercialisées au Parc Bir Belhassen ou  utilisées comme décor floral par les habitants de cette ville. Kamal Larbi, marchand de roses dans ce parc, nous le confirme d’ailleurs.  Il affirme qu’il a proposé pas moins d’une dizaine d’espèces de roses. «Pour  cette édition de la Fête des roses, j’ai pu écouler plusieurs dizaines de bouquets de roses de différentes variétés notamment le Choux d’ornement,  l’Impatient, le Statues, la Jesma, entre autres. Ces variétés sont cultivées dans les jardins à Oued Ellil» explique-t-il.  En effet, la Rose de l’Ariana, connue sous le nom de la Rose  gallique qui est aussi la plus ancienne des roses de Tunisie, semble aujourd’hui une espèce menacée. Et pour cause sa durée de vie est des plus courtes et ne dépasse guère  les deux semaines. De ce fait, elle devient de plus en plus rare chez les marchands de roses et n’est pas non plus  la seule espèce proposée aux visiteurs pendant cette manifestation. D’ailleurs, dans ce même registre, Issam Fatnassi, marchand de roses confirme que la Rose de l’Ariana n’est plus la seule espèce qu’il commercialise. «L’œillet standard, l’œillet mini, le tournesol, l’astrométrie, l’asparagus  le Viola figurent parmi la vingtaine d’espèces que j’ai proposées au cours de cette fête.  Chaque saison a sa variété de roses et nous disposons de points de vente à travers toute la Tunisie où nous écoulons  toutes ces variétés. Ce n’est plus à l’Ariana que nous cultivons nos roses, mais à Tébourba. Cette ville, pour nous, n’est plus le dédale des roses» regrette Issam Fatnassi. Malgré l’aura de la Fête des Roses qui se renforce d’une édition à une autre, il est en en effet  opportun de signaler que la Rose de l’Ariana n’est plus l’épine dorsale de la Fête des Roses. La municipalité de l’Ariana, en collaboration avec l’Association «Les Amis de la Rose», et l’Association Culturelle de l’Ariana, a concocté un programme culturel des plus alléchants.  La plus grande nouveauté est que chaque journée a été  consacrée  à une localité  où des manifestations culturelles et des soirées hautement folkloriques ont été organisées au niveau des endroits névralgiques de chacune des  régions  de l’Ariana Supérieure, de l’Ariana-médina, des Manazeh et des cités Ennasr, entre autres. Il y a eu également des séminaires consacrés à la fabrication des produits dérivés des roses  ainsi qu’une compétition sportive, en plus des nombreuses festivités culturelles


 


 Ousmane WAGUE


 


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La Rose à travers le temps


 


Connue en Tunisie sous le nom de la Rose de l’Ariana, la Rose gallique est la plus ancienne des roses en Tunisie. Introduite par les Andalous, ce petit arbuste est  originaire de l’Asie. Long de 1 à 2 mètres, il était cultivé dans les jardins de l’Ariana, de Sfax, de Kairouan et du Kef. La Tunisie fait partie actuellement  des plus grands producteurs de roses. Cette plante est cultivée sur une superficie de plus de 50 hectares  répartis à travers les régions de l’Ariana, Sfax et  Kairouan.


 


O.W.




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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com