Après la démission de Wolfowitz : Tony Blair à la tête de la Banque mondiale ?





Londres-Agences


Le nom du Premier ministre britannique Tony Blair est évoqué pour la présidence de la tête de la Banque mondiale, qui cherche un successeur à Paul Wolfowitz, démissionnaire, a déclaré hier l'économiste Joseph Stiglitz, un ancien responsable de l'institution.


Tony Blair, qui a annoncé son départ de Downing Street pour le 27 juin, "est l'une des personnes qui est clairement évoquée", a déclaré le prix Nobel sur la radio BBC5.


Un porte-parole de Blair a qualifié les rumeurs qui courent depuis quelques jours sur la désignation de Blair à la tête de la banque de "spéculations" mais n'a rien exclu formellement.


"Il y a beaucoup de spéculations folles, et qui sont dans l'ensemble fausses, et il ne serait pas sage pour nous de les commenter", a-t-il dit.


Traditionnellement, la présidence de la Banque mondiale est octroyée à un Américain, tandis que celle du Fonds monétaire international (FMI) est réservée à un Européen.


L'économiste, qui a été précédemment vice-président et économiste en chef de la Banque mondiale, a indiqué que sa préférence personnelle allait plutôt à "quelqu'un avec une vraie expérience du développement".


"Mais Blair a clairement été un leader politique qui a le type de relations dont on a besoin, ce qui serait utile pour le chef de l'institution", a-t-il reconnu.


Tony Blair pourrait, selon les médias britanniques, après avoir quitté ses fonctions de Premier ministre, se consacrer à la paix au Proche-Orient ou au dialogue entre les religions.


Il pourrait aussi, selon la presse, se lancer dans le circuit très lucratif des discours et conférences internationales, à l'égal d'un Bill Clinton ou Colin Powell.


 


Soulagement


L'annonce de la démission de Paul Wolfowitz de la présidence de la Banque mondiale a été accueillie hier avec soulagement dans plusieurs capitales et avec le souhait d'un rapide retour à la normale, mais le débat est ouvert sur la question de la nationalité du successeur.


Wolfowitz, un proche du président américain George W. Bush et ancien numéro deux du Pentagone, a accepté avant-hier soir de quitter la Banque mondiale le 30 juin, emporté par l'affaire de favoritisme déclenchée par la généreuse augmentation de salaire accordée à sa compagne.


Parmi les premiers à réagir, le ministre allemand des Finances, Peer Steinbrùck, a estimé que Paul Wolfowitz avait pris la bonne décision, observant que cette affaire avait duré trop longtemps et entaché la réputation de la Banque mondiale.


"Il faut maintenant très vite arrêter de remuer le passé pour rétablir le plus vite possible la réputation et la capacité de fonctionnement de la Banque mondiale. Elle est extrêmement importante pour les pays du tiers-monde", a ajouté Steinbrùck, dont le pays assure la présidence tournante de l'Union européenne.


 


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Réunion des pays du G8 en Allemagne


 


Les ministres des Finances des pays riches du G8 se retrouvent en Allemagne pour une réunion assombrie par la démission du président de la Banque mondiale Paul Wolfowitz.


Prévue de longue date, cette rencontre qui a débuté hier soir à Potsdam, près de Berlin et se termine aujourd’hui, sert de préparation au sommet des chefs d'Etat et de gouvernement du forum (Etats-Unis, Japon, Allemagne, France, Royaume-Uni, Italie, Canada et Russie), prévu du 6 au 8 juin dans le nord de l'Allemagne.


Au menu de cette réunion figurent l'aide à l'Afrique et les dangers créés par les fonds spéculatifs, mais les déboires de Paul Wolfowitz, qui a annulé sa venue à Postdam, sont dans tous les esprits.




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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com