«Cœur de pigeon» : Entre nostalgie et amertume





La compagnie «Masrah Chiraâ» a présenté sa dernière création «Cœur de pigeon» sur la scène de la Maison de la Culture Ibn Rachiq. Des retouches sont à faire pour que cette création ne perde pas son rythme.


 


Avec «Cœur de pigeon», cette compagnie privée a annoncé son retour aux ambiances festivalières. Présentée en avant-première sur la prestigieuse scène du Festival International de Hammamet, en juillet 2006, cette création est un témoignage d’amitié, fidélité et reconnaissance à cette compagnie qui a été crée par Feu Hédi Daoud, soutenu par sa douce moitié Halima Daoud et des amis qui ont choisi de partager avec lui ce rêve. Le décès de Hédi Daoud, l’une des figures marquantes du théâtre tunisien, a fait endosser une grande responsabilité à sa famille et ses amis, invités à continuer sur le même chemin tracé par l’artiste et à préserver cet acquis. Entourée par une bonne équipe, Halima Daoud n’a pas laissé les bras, choisissant de s’engager dans diverses créations. «Cœur de pigeon» est l’un des projets artistiques qui portent la marque de «Masrah Chiraâ». Avec un retard de presque trente minutes et dans l’attente d’un public qui a brillé par son absence, la pièce a été lancée. Une grande déception pour les comédiens qui ont été surpris de cette faible assistance mais qui ont tenu à donner la représentation même si le nombre de présents se comptait sur les doigts. Portant la signature de Samir Ayadi au niveau de la dramaturgie et la mise en scène, «Cœur de pigeon» relate de l’histoire de Khira alias Dorra qui a quitté son village paisible pour travailler à la ville. Une vie qui n’est jamais facile, ponctuée de magouilles et de peines où elle voit le monde et les gens changer, au quotidien, comme un caméléon, sans aucune raison. Bercée par la nostalgie, elle écrit plusieurs lettres à sa famille où elle raconte sa souffrance et son inquiétude. Des lettres conjuguant le personnel au général, donnant le jour à un mémoire qui traduit la crainte et la tourmente de l’homme aujourd’hui.


Sur la scène de la Maison Ibn Rachiq, Halima Daoud a raconté les péripéties d’un quotidien amer, l’histoire de l’humanité déchirée par les guerres. Dans ce nouveau rendez-vous, Halima Daoud a été comme toujours débordante d’énergie, qui sait attirer l’attention du public par un jeu fort et convaincant et une voix qui sait bien transmettre les messages du dramaturge mais aussi son univers intérieur, sa manière de vivre l’histoire.


Et si Halima Daoud a réussi à relever ce défi et à imposer le silence, surtout quand elle a récité quelques versets du texte coranique, le trio composé de Najet Belkilani, Olfa Sahli et Salah Madani ont été presque absents malgré cette présence physique. Le jeu linéaire manquant d’énergie et vide de toute sensation a brisé le rythme de la pièce qui a évolué en dents de scie. D’ailleurs, l’artiste Jamil Joudi, chargé de la direction artistique, et qui était présent, est invité à mieux orienter les comédiens.


 

Imen ABDERRAHMANI


Articles Similaires:



Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com