Habib Bouhaoual : Ce voile mystique qui se dévoile





Des pastels, fusains, acryliques, huiles, encres de chine et autres merveilles d’art et de mystère - en divers formats portant la signature pudique de Habib Bouhaoual - garnissent le temps d’un congrès international, un espace hôtelier sur les hauteurs de Gammarth...


 


L’idée en elle-même est à applaudir et elle se profile géniale. Mais il fallait la trouver au moment voulu, même s’il n’est pas sorcier d’aller voir d’autres horizons pour présenter, faire circuler ses idées, partager et vendre son art.


Il fallait tout de même trouver ce filon d’art ambulant et surtout sauter sur les bonnes occasions et aller jusqu’aux gens, là où ils sont pour toucher leur sensibilité.


Pour cette fois, notre artiste national à plusieurs profils, Habib Bouhaoual, l’a fait et... il l’a très bien fait.


Après avoir tourné la page de 2006 avec une exposition au Bel Art et avant qu’il ne se prépare à la «grande expo» - c’est ainsi qu’il aime la qualifier - qui va avoir lieu prochainement à l’occasion de l’inauguration du nouveau siège de la compagnie d’assurances Comar, Habib Bouhaoual a ouvert une parenthèse un peu singulière.


Ainsi, il a profité du congrès international des experts comptables qui se  tient à Tunis depuis quelques jours pour exposer ses œuvres récentes  à nos invités, les saisir avec un autre côté de notre savoir-faire culturel et attirer leur attention sur la créativité artistique de chez nous.


Au total: quarante-cinq tableaux de facture esthétique intéressante sont exposés sur des chevalets car l’artiste a horreur de la stagnation et affectionne le mouvement. Outre la technique formidable, il y a toujours quelque chose qui se dégage de l’œuvre. La lecture se fait au gré de l’humeur, de l’état d’esprit de celui qui la contemple et selon l’heure et le lieu de son exposition. La touche est déjà complexe et la palette des couleurs est de plus en plus intense faisant ressortir des lumières et des ombragés. Dans le travail de Bouhaoual, il y a toujours un trait de pudeur même dans ses «nus». La lumière sert à diffuser un voile d’éclairage qui atténue voire qui estompe quelques côtés prononcés et fortement affichés.


«Ces femmes m’interpellent», nous dit-il. Et d’ajouter: «mon passé à moi est recomposé. Ce n’est pas du folklore ce  que vous voyez. Mes femmes son souvent rêveuses et seules et c’est à mon sens, au-delà du mystique. Je découpe le ciel sans sens et le monde intérieur sort vers le cosmos...». C’est ainsi que Bouhaoual s’exprime, dessine, coupe et découpe l’espace et valse là-dedans en écrasant même le soleil. Le soleil ardent d’été et il impose la communication entre ciel et terre. «Nous avons un message et travaillons sans prétention dans la révélation. On sert bien la matière et c’est comme un prophète dans la mesure où on est inspiré et il faut être réceptif, sinon l’œuvre devient trop technique. Je tente d’effacer cette technicité qui n’est pas démonstrative et je travaille bien sur le regard. Comme cette Meriem. Tout au début, elle est une figure anodine puis elle est devenue biblique. C’est «Om Aïssa» pour moi. En tout cas je l’ai vue comme ça et elle n’est pas blonde comme on l’a toujours peinte», raconte-t-il.


N’empêche que dans le travail de Habib Bouhaoual, il y a cette idée de départ qu’on retrouve avec le cheval, la barque et ses silhouettes au gré des vents, des saisons, d’un phare, d’une mer, d’un ciel... bref au gré des natures enrobées de poésie, de beaucoup de romantisme et voilées d’une fine écharpe de tristesse. «Cette nature exprime en fait beaucoup de mon être. Car au fond je suis timide et en moi, il y a de la tristesse. Cette tristesse qui ressort du tréfonds de mes tableaux», nous affirme l’artiste.


 


Zohra ABID




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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com