Nahr al-Bared : Le gouvernement libanais donne une chance à un règlement politique





Le gouvernement libanais a donné une chance à une solution pacifique dans le camp de réfugiés palestiniens de Nahr al-Bared, dans le nord du Liban, où étaient toujours retranchés samedi des islamistes assiégés par l'armée.


 


Le Quotidien-Agences


Quelque "10.000 civils, parmi lesquels des enfants très traumatisés", sont toujours bloqués dans le camp, a indiqué dans un communiqué l'agence de l'ONU pour la protection des enfants (Unicef).


Une quarantaine de civils palestiniens, notamment des enfants, ont pu prendre la fuite à la faveur de la trêve entre les islamistes du Fatah al-Islam et l'armée, malgré l'activité des francs-tireurs. 31.000 personnes vivent habituellement dans le camp.


Le ministre de la Défense, Elias Murr a affirmé que le gouvernement "donnait une chance aux négociations politiques" pour mettre fin à ce conflit.


"Si les négociations politiques échouent, le commandement de l'armée se chargera de mener les actions requises", a-t-il dit sans donner de précisions sur ces tractations.


Des informations de presse ont fait état d'une médiation de mouvements palestiniens.


L'armée veut la reddition des membres du groupe, responsables d'attaques meurtrières contre des forces de l'ordre dans le nord du liban.


Selon le ministre de la Défense, le groupe islamiste a tué 33 soldats, "dont 27 dans leur caserne, alors qu'ils dormaient".


"Ce qu'il faut c'est que ces terroristes criminels soient livrés à la justice militaire, c'est ce qu'on souhaite", a-t-on ajouté de même source.


L'armée libanaise a affirmé avoir détenu plus d'une trentaine de suspects autour du camp de Nahr al-Bared et dans la région de la grande ville proche de Tripoli.


Au total, 78 personnes ont été tuées dans les combats qui avaient éclaté dimanche.


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Nasrallah met en garde :


Gare à tout assaut libanais


 


Le Quotidien-Agences


Le chef du Hezbollah Hassan Nasrallah a mis en garde le gouvernement libanais contre les conséquences d'un assaut sur le camp de réfugiés de Nahr al-Bared critiquant l'aide militaire américaine à l'armée et appelant à un règlement politique.


Il a estimé que les militants du Fatah al-Islam installés dans le camp qui ont attaqué l'armée devaient être traduits en justice mais s'est opposé à toute action militaire pour y parvenir. "Nous n'accepterons ni ne fournirons de couverture ni ne serons partenaires de cela", a-t-il dit à la télévision, affirmant que sa position ne visait pas à défendre les militants du Fatah al-Islam mais à préserver l'armée.


Hassan Nasrallah a averti que le Liban risquait d'être plongé dans la guerre menée par les Etats-Unis contre Al-Qaïda. Si tel était le cas, a-t-il estimé, davantage d'islamistes radicaux pourraient arriver au Pays du Cèdre, et entraîner le risque d'une déstabilisation du pays.


"Le problème dans le nord peut être réglé de façon politique et par la voie judiciaire, de telle sorte que cela protège l'armée libanaise, nos frères palestiniens, la paix et la stabilité sans transformer le Liban en un champ de bataille où nous combattrions Al-Qaïda au nom des Américains", a-t-il souligné, estimant que l'aide militaire américaine était une "chose grave".


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Selon Seymour Hersh :


L'administration Bush a soutenu Fatah al-Islam


 


Le Quotidien-Agences


Lors d'une interview dans l'émission «Votre Monde Aujourd'hui» de CNN International, le journaliste vétéran Seymour Hersh explique que la violence actuelle au Liban est le résultat d'une tentative du gouvernement libanais de sévir contre un groupe sunnite militant, Fatah al-Islam, que Washington a autrefois soutenu.


En mars dernier, Hersh a signalé que la politique US au Moyen-Orient avait bougé pour s'opposer à tout prix à l'Iran, à la Syrie, et à leurs alliés Chiîtes, même s'il fallait pour cela soutenir des jihadistes sunnites extrémistes.


Un élément clef de ce changement politique était un accord entre le vice-président Dick Cheney, Elliot Abrams, Conseiller Adjoint à la Sécurité Nationale, et un prince arabe par lequel une monarchie financerait secrètement le Fatah al-Islam sunnite au Liban comme contrepoids au Hezbollah Chiîte.


Hersh signale que la situation actuelle est très semblable à celle durant le conflit Afghan dans les années 80 —qui a donné lieu à Al Qaïda.


Quand on demande pourquoi l'administration US agirait d'une manière qui semble aller à l'encontre des ses intérêts, Hersh dit que, depuis que les Israéliens ont perdu contre les Libanais l'été passé, «la peur du Hezbollah est vive à Washington, en particulier à la Maison Blanche».

De ce fait, sous-entend Hersh, l'administration Bush n'agit plus rationnellement dans sa politique. «Nous sommes en scène pour soutenir les Sunnites partout où nous le pouvons contre les Chiîtes. ... Nous sommes en scène pour créer... la violence sectaire».


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com