IRAK : Le plan de sécurisation de Bagdad soumis à rude épreuve





Le plan de sécurisation de Bagdad mis en place il y a près de quatre mois est soumis à rude épreuve, obligeant les forces américaines à retourner dans des quartiers qui avaient pourtant été sécurisés, a affirmé hier un porte-parole de l'armée américaine.


 


Le Quotidien-Agences


«C’est une lutte acharnée face à un ennemi qui ne se laisse pas faire", a souligné le lieutenant-colonel Scott Bleichwehl, en s'appuyant sur un rapport périodique interne du commandement des forces terrestres américaines.


"Il y a des quartiers dans lesquels nous sommes obligés de retourner pour les sécuriser à nouveau et cela est difficile", a-t-il ajouté.


Cependant, "il y a des progrès, ils sont lents, mais il y a des progrès", a-t-il affirmé.


L'Opération Fardh al-Qanoun ("Imposer la loi"), lancée le 14 février, est basée sur une stratégie de "transparence, de maintien de l'ordre et de construction" pour sécuriser la ville, après l'élimination des groupes armés dans chaque quartier.


Une fois les quartiers sécurisés, les Américains sont appelés à se retirer et les forces irakiennes sont alors chargées d'y patrouiller.


"Selon certaines projections, les forces de sécurité irakiennes seraient en nombre suffisant pour 'contrôler' un quartier sécurisé" à la suite d'opérations militaires américaines, a expliqué l'officier américain.


Mais "nous avons rencontré des problèmes de disponibilité de la police dans certains quartiers, et dans d'autres cas, de fiabilité", a-t-il ajouté.


Près de 85.000 hommes sont mobilisés dans le cadre du plan de sécurisation de Bagdad, en proie à des violences en grande partie d'origine confessionnelle, qui ont fait plus de 16.000 morts en 2006 selon les Nations Unies.


En septembre, le commandant des forces américaines en Irak, le général David Petraeus, présentera au Congrès américain une évaluation des progrès réalisés.


Un bilan interne de l'armée américaine indique que les militaires sont actuellement capables d'établir un contrôle provisoire sur moins d'un tiers des quartiers de la capitale, selon des informations publiées dimanche par le New York Times.


 


Confirmation


Entre-temps, sur le terrain, une femme kamikaze a été abattue hier après avoir tenté de se faire exploser près d'un centre de recrutement de la police à Bagdad, tandis que quatre autres personnes sont mortes dans des attaques en Irak, a-t-on appris auprès des services de sécurité.


"Une femme portant une ceinture d'explosifs a essayé de se faire exploser près d'un centre de recrutement de la police nationale à Sadr al-Qanat", un quartier du nord de Bagdad, près d'Adhamiyah, a déclaré le directeur des opérations pour le ministère de l'Intérieur irakien.


Les centres de recrutement de la police ou de l'armée irakiennes sont des cibles privilégiées des insurgés mais l'utilisation de femmes kamikazes reste particulièrement rare.


Par ailleurs, quatre personnes ont été tuées hier dans des attaques à travers l'Irak, dont un responsable local du mouvement du religieux chiîte de Moqtada Sadr.


"Des hommes armés à bord d'un minibus ont tué le responsable du bureau de Moqtada Sadr à Jabla, Rahim Mohammed al-Doulaimi, alors qu'il sortait de sa maison ce matin", a affirmé le lieutenant de police Hamza al-Amari à Mahawil (80 km au sud de Bagdad). Jabla est situé à 15 km au nord de Mahawil.


A Bagdad, une personne a été tuée au cours d'une attaque menée par des hommes armés près du pont al-Aharr, au centre-ville, sur la rive ouest du Tigre, a-t-on appris auprès des services de sécurité.


A Baaqouba un homme a été tué et trois personnes blessées, dont sa femme et son fils, dans une attaque contre leur voiture, a indiqué Ahmed Alouane, un médecin de l'hôpital de la ville.


Enfin, à Kout un policier a été tué devant chez lui par des hommes armés, a annoncé Ali Hussein, lieutenant de la police locale.




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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com