L’ambassadeur du Japon au « Quotidien » : Le Japon a toujours œuvré pour la paix dans le monde





Il vient tout juste d’arriver en Tunisie. Son Excellence M. Shigeru ENDO, ambassadeur du Japon à Tunis, évoque avec nous, lors d’une première prise de contact avec la presse, ses projets pour la consolidation des rapports entre les deux pays. Il nous  brosse aussi un aperçu de l’actualité sur la scène internationale.


 


Tunis-le Quotidien


«Consolider au maximum les relations politiques, économiques, culturelles et scientifique entre le Japon et la Tunisie », c’est le but annoncé par le nouvel ambassadeur du Japon. Une tâche qui s’annonce ardue surtout que, comme il l’avoue lui-même, « le regard des Tunisiens s’est toujours porté sur l’Europe », le traditionnel partenaire des pays du Maghreb arabe et ce au profit des continent américain et asiatique dont le Japon.


Une situation qui évolue toutefois selon ce dernier qui note un certain changement opéré depuis la visite du Président Zine El Abidine Ben Ali à Tokyo en 1996.


«Ceci est d’autant plus intéressant pour nous, Japonais, note M. ENDO, que la Tunisie, bien qu’elle soit un petit pays, elle se voit forger dans le monde une image d’un Etat tolérant et moderne». Une vision que partage le Japon et qui facilite de ce fait «une coopération stratégique entre les deux pays», ajoute-t-il.


Il note à ce propos les dernières coopérations économiques et culturelles entre les deux pays dont le pont-levis de Radès, les jumelages entre les différentes universités tunisiennes et japonaises ainsi que les différents échanges culturels effectués l’année dernière à l’occasion du cinquantième anniversaire des relations diplomatiques tuniso-japonaises.


«Autant de réalisations que je considère assez significatives et qui m’obligent à travailler encore plus pour continuer sur la même lancée, voire la consolider d’avantage», annonce-t-il faisant allusion aux perspectives des échanges qui existent entre les deux pays dans le domaine de larecherche scientifique et universitaire. Des échanges d’expérience qui ont fait jusqu’à ce jour leurs preuves notamment dans le cadre de la coopération Sud-Sud lancée par le Japon dans le cadre de la TICAD.


Le nouvel ambassadeur promet aussi d’œuvrer à la consolidation des investissements directs japonais en Tunisie qui se limite jusqu’à ce jour à la centrale électrique de Radès (Carthage power company qui produit 23% des besoins du Grand Tunis en électricité).


 


L’Onu, l’Irak et le réchauffement climatique


M. Shigeru ENDO dont l’arrivée à Tunis coïncide avec l’élection du nouveau Premier ministre japonais Shinzo Abe a profité de cette rencontre pour nous donner un aperçu sur les nouveaux axes de la politique japonaise notamment internationale.


Il a ainsi rappelé l’attachement de son pays à son caractère pacifique adopté depuis la fin de la Deuxième Guerre mondiale et ce malgré le débat lancé à Tokyo sur la possibilité de l’amendement de la Constitution et plus particulièrement l’article 49 qui interdit à ce pays la mise en place d’une armée permanente.


« C’est vrai, dit-t-il, que le débat est lancé mais cela ne se fait pas dans une perspective de guerre mais plutôt avec l’idée d’institutionnaliser la mise en place d’une armée capable d’intervenir dans le cadre des forces de paix sous l’égide de l’ONU.  Elle pourra aussi intervenir rapidement en cas de catastrophes naturelles comme cela a été le cas lors du tsunami qui a ravagé l’Asie».


La mise en place du gouvernement Abe, pour la première fois de l’histoire moderne, d’un ministère de Défense entre dans ce cadre, précise-t-il, tout en faisant l’impasse sur la simultanéité de la création de ce ministère avec les derniers développements dans la crise nucléaire nord coréenne.


Par ailleurs et concernant  les réformes de l’organisation onusienne voulue par le Japon, M. ENDO a nié que son pays ait renoncé à ce projet, expliquant la baisse de l’offensive diplomatique engagée par son pays l’année dernière par un changement de tactique. «Mais nous maintenant que le Japon doit avoir une place au Conseil du sécurité», insiste-t-il.


Concernant la politique japonaise au Proche Orient et dans le monde arabe en général, l’ambassadeur a rappelé que son pays a toujours œuvré pour la stabilité de la région et ce en soutenant toutes les initiatives de pays proposées par la communauté internationale. Il fait valoir à ce propos l’aide que le Japon a porté pour la reconstruction de l’Irak et qui s’élève selon M. ENDO à plus de cinq milliards de dollars «Même lorsqu’on a envoyé des soldats dans ce pays c’était essentiellement dans le cadre de la reconstruction du pays», ajoute-t-il précisant que Tokyo a suivi la même politique dans les territoires palestiniens où le Japon a injecté depuis 1993 plus de 900 millions de dollars d’aide directe.


M. ENDO a toutefois refusé de donner un avis détaillé sur la question iranienne, se bornant à indiquer que cela relevait essentiellement de l’ONU.


Enfin et répondant à notre question sur le Sommet du G8 qui aura lieu aujourd’hui et notamment sur la confrontation entre certains pays sur le climat, il a minimisé le différend, indiquant qu’il est «normal qu’il y ait différentes visions». «Et c’est pour cela, ajoute-il, que ces réunions sont nécessaires et constructives puisqu’elles permettent d’en débattre  et donc d’avancer ».


Il a, à ce propos rappelé que le Japon a récemment proposé un projet visant à réduire de moitié les émissions de gaz à effet de serre d'ici 2050 dans le monde, et assurer ainsi une suite du protocole de Kyoto, qui va expirer en 2012.


Selon ce dernier, le Premier ministre Abe a l'intention de soumettre cette proposition, baptisée "Cool earth 50" au sommet du G8.


Cette proposition entend s'assurer de la bonne volonté des principaux émetteurs de gaz - Chine, Etats-Unis et Inde - en créant un cadre « flexible et divers, prenant en compte la situation de chaque pays », et en évitant de préciser quand débutera le processus.


En revanche, Tokyo a exprimé son désaccord avec la date butoir de 2009 pour le bouclage des négociations sur le traité de l'"après-Kyoto" préconisée par la présidence allemande du G8.


 


Med Ali BEN REJEB


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Digest


 


Né le 16 octobre 1948, M. Shigeru Endo a rejoint le ministère des Affaires étrangères japonais en 1974.


En 1985, il a été chargé de mission auprès des Nations Unies avant de devenir en décembre 1986 ambassadeur du Japon en Irak où il assistera à la signature du traité de paix entre l’Irak et l’Iran.


En 1994 il a été nommé directeur de la division Moyen Orient et Afrique au Ministère des Affaires étrangères. Un an après, il est devenu ambassadeur du Japon aux Philippines puis en 1998 Chef adjoint de mission de l’Ambassade du Japon en Arabie Saoudite.

En août 2003, il prend le titre de consul général du Japon à Genève où il assurera aussi la représentation de son pays auprès des Organisations internationales.


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com