Liban : Fatah Al-Islam menace de généraliser le conflit





Les activistes du Fatah Al Islam, qui affrontent depuis près de trois semaines les forces libanaises dans le camp de réfugiés palestiniens de Nahr Al Bared, menacent d'étendre leur combat si l'armée poursuit son offensive contre le camp.


 


Le Quotidien-Agences


"Si l'armée continue à bombarder les civils et poursuit ses pratiques inhumaines (...) nous allons entamer dans les deux jours qui viennent la deuxième phase de la bataille", a averti Chahine Chahine, chef militaire du mouvement, joint par téléphone à Nahr Al Bared, camp proche de Tripoli, dans le nord du Liban.


"Nous allons leur montrer les capacités du Fatah al Islam d'abord au Liban puis dans toute la Grande Syrie", a-t-il ajouté, évoquant une zone qui outre le Liban et la Syrie comprend la Jordanie,  et les Territoires occupés.


Les affrontements, qui durent depuis 18 jours, ont repris de manière sporadique dans la nuit de mardi à mercredi et se sont poursuivis dans la matinée autour du camp. L'armée a procédé à des tirs d'artillerie et de blindés.


Au moins 114 personnes, dont 46 soldats libanais, ont été tuées depuis le début des affrontements le 20 mai. L'armée libanaise accuse les combattants proches des idées d'Al Qaïda d'avoir déclenché ces affrontements et exige leur reddition.


Dans le sud du Liban, une force palestinienne de 40 membres issus du Fatah de Mahmoud Abbas, président de l'Autorité palestinienne, et de plusieurs factions islamistes s'est déployée à l'entrée nord du camp d'Aïn al Hiloueh, théâtre au début de la semaine d'affrontements entre l'armée libanaise et les miliciens du Djound al Cham, une organisation sunnite armée liée au Fatah al Islam.


Deux militaires et deux miliciens ont été tués dans ces combats et l'ouverture d'un deuxième front autour d'Aïn al Hiloueh, le plus grand camp de réfugiés palestiniens du Liban, dans le sud du pays, a suscité la crainte d'une généralisation du conflit.


Selon le gouvernement libanais, les activistes du Djound al Cham (Armée du Levant) sont entrés en action à la demande du Fatah al Islam.


La plupart des formations politiques palestiniennes, dont le Fatah d'Abbas et le Hamas, sont hostiles au Fatah al Islam, qui s'inspire d'Al Qaïda et prône le djihad à l'échelle mondiale. Le mouvement est issu d'une scission du Fatah Intifada, une organisation pro-syrienne.


Sur les 40.000 habitants de Nahr al Bared, 27.000 ont fui le camp. La plupart ont trouvé refuge dans la camp voisin de Beddaoui. L'UNRWA (Office de secours et de travaux des Nations Unies pour les réfugiés de Palestine dans le Proche-Orient) a sollicité 12,7 millions de dollars pour leur venir en aide.


Les Etats-Unis, qui ont fourni une assistance matérielle aux autorités après le début du conflit, ont offert trois millions de dollars au profit des déplacés, a fait savoir Beyrouth.


Depuis l'éclatement des troubles de Nahr al Bared, quatre attentats, qui ont fait un mort et plusieurs dizaines de blessés, ont été commis dans la capitale et ses alentours.


Hier encore, une bombe de faible puissance, qui n'a pas explosé, a été découverte sur une plage du sud du Liban fréquentée par les casques bleus de la Finul, que le Fatah al Islam a accusés la semaine dernière d'avoir bombardé Nahr al Bared.




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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com