Recherchées par les tribunaux du Kef, Jendouba et Bizerte : Deux vaches courent toujours dans la nature





C’est l’histoire d’un paysan originaire de Boussalem (Gouvernorat de Jendouba) qui court toujours derrière les huissiers notaires pour exécuter un jugement rendu par un tribunal de la région.


Et les deux vaches dans tout cela?


 


Tunis - Le Quotidien


Les malheurs de M. Amor Hamraoui ont commencé bien avant le 18 janvier 2005, date du verdict rendu par le tribunal cantonal de Boussalem qui a condamné son adversaire à lui payer des dommages et intérêts estimés à neuf cent soixante dinars.


C’est qu’un an auparavant, il s’est lancé dans un projet agricole. Il a, alors, loué un petit terrain où il a semé des petits pois. Il provoqua, du coup, la colère de la concurrence. L’un des voisins n’hésita pas à détruire la récolte et alla jusqu’à l’agresser physiquement.


Le malheureux paysan se retourna vers la justice et porta plainte à l’encontre de son rival du jour.


L’accusé fut condamné à une peine de prison avec sursis assortie de dommages et intérêts estimés à 960 dinars.


Pensant avoir eu gain de cause, M. Amor s’adressa à un huissier notaire pour faire exécuter cette décision judiciaire.


Commença, alors, un véritable feuilleton à la mexicaine.


En se présentant chez l’adversaire pour faire exécuter ledit jugement, l’huissier notaire mit en saisie arrêt deux vaches.


Le propriétaire réagit et formula un recours en appel devant le tribunal du Kef.


La cour donna encore une fois raison à M. Amor et somma l’huissier notaire d'accélérer les procédures en vue d’exécuter ce jugement dans les plus brefs délais.


Coup de théâtre, l’adversaire de M. Amor se déroba une seconde fois en cachant tout bonnement les deux vaches. Dans la foulée, il formula un deuxième recours prétendant que les deux vaches en question faisaient l’objet d’une autre saisie au profit d’une dame originaire de Béja et qui a pu obtenir un jugement rendu par le tribunal de Bizerte à l’encontre de l’adversaire de M. Amor.


Un vrai casse-tête chinois qui allait coûter à M. Amor cinq cent cinquante dinars, soit plus de la moitié du montant des dommages et intérêts demandés.


Il faut dire que le seul bénéficiaire dans cette affaire jusqu’ici est l’huissier notaire qui a encaissé les 550 dinars en question.


N’ayant plus d’autres choix, M. Amor se retourna vers M. le Procureur de la justice relevant du tribunal de Jendouba qui a donné ses instructions pour appliquer et exécuter le jugement en question.


Deuxième coup de théâtre, l’huissier notaire signifia, selon les dires de M. Amor, cette fois-ci à son client d’aller voir un autre confrère. Et M. Amor de conclure : le premier huissier notaire serait-il complice dans cette affaire?


De toute évidence M. Amor a tout tenté.


Malheureusement les portes lui ont été toujours inaccessibles, et ce, pour des raisons inconnues.


En attendant qu’il recouvre ses droits, M. Amor peut toujours “aller compter les vaches” (sa propre expression).


 

Habib Missaoui


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com