Liban : Le Fatah al-Islam projetait des attentats contre la Finul





Beyrouth — Agences


Le groupe Fatah al-Islam, engagé dans des affrontements avec l'armée libanaise, projetait de mener des attentats contre la Force intérimaire des Nations unies au Liban (Finul), a-t-on appris hier de sources judiciaires libanaises.


"Au cours leur interrogatoire, certains membres du Fatah al-Islam ont avoué que l'un des principaux buts de leur groupe était de s'attaquer militairement à la Finul opérant au Liban sud", a-t-on ajouté de même source.


Trente-cinq membres du groupe extrémiste, qui est retranché dans le camp de réfugiés palestiniens de Nahr al-Bared, dans le nord du Liban, ont été inculpés par la justice militaire d'"actes terroristes".


La plupart des combattants islamistes, des Libanais, mais aussi des Syriens, des Saoudiens et des Palestiniens, ont été arrêtés lors de raids des forces de sécurité après le début, le 20 mai, des affrontements entre l'armée libanaise et les islamistes du Fatah al-Islam.


Certains ont été arrêtés alors qu'ils tentaient de fuir le camp de réfugiés de Nahr al-Bared, assiégé par l'armée.


Les aveux sur d'éventuelles actions militaires contre la Finul ont été passés devant les juges d'instruction Adnane Boulbol et Samih Hajj, par quatre des islamistes arrêtés le plus récemment, a-t-on précisé de sources judiciaires.


La Finul, renforcée au terme de la guerre israélienne de l'été 2006 contre le Hezbollah chiîte, compte actuellement 12.700 militaires, dont des Casques bleus français, italiens, espagnols, allemands, belges, turcs et indonésiens.


Elle est déployée au sud du fleuve Litani à la frontière avec Israël, à plus de 150 km au sud de Nahr al-Bared.


 


Alerte


"La Finul est en état d'alerte depuis quelque temps en raison de la situation sécuritaire dans le pays", avait déclaré l'ambassadeur d'Espagne au Liban, Miguel Benzo Pereyra, après un entretien avec le chef de la majorité parlementaire antisyrienne Saad Hariri, cité hier dans des journaux.


"J'ai parlé hier (mercredi) avec le général espagnol qui commande la brigade (espagnole) du côté est et il m'a informé que les soldats ne sortaient plus", a ajouté l'ambassadeur.


Selon les sources judiciaires, les suspects ont reconnu avoir été "endoctrinés" contre les "chrétiens présentés comme des +croisés+", contre "les chiîtes et contre des personnalités sunnites (députés, ministres, grands fonctionnaires de l'Etat)" considérés comme des "mécréants".


Pour les suspects, "le système politique libanais, ainsi que toute personne qui traite avec, est impie et il est juste du point de vue religieux de le combattre", selon les mêmes sources.


Les 35 inculpés sont accusés "d'avoir formé des bandes armées dans le but de s'attaquer aux civils et à l'autorité de l'Etat, et d'avoir mené des actions terroristes qui ont fait des tués et des blessés, militaires et civils".


Ces crimes sont passibles de la peine de mort.


Depuis le début des combats au Liban nord, 105 personnes ont été tuées, dont 46 militaires.




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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com