Prisons secrètes de la CIA : «Un désastre»





Le Quotidien-Agences


A travers les prisons secrètes de la CIA en Europe, les Etats-Unis "ont voulu imposer une guerre sans règles contre le terrorisme" qui s'est avérée être "un désastre", affirme Dick Marty qui dévoile vendredi la 2ème partie d'un rapport du Conseil de l'Europe sur ces prisons.


De plus, cette "sous-traitance instaurée dans nos pays témoigne d'un manque de respect vis-à-vis des partenaires européens. C'est une attitude insultante", juge le rapporteur spécial du Conseil de l'Europe dans un entretien paru vendredi dans le quotidien français Le Figaro.


"Les Etats-Unis ont voulu imposer une guerre sans règles contre le terrorisme" et "sa politique a débouché sur un désastre", estime Marty.


"Nous avons obtenu des preuves, sur la base d'informations recoupées, de l'existence de prisons extralégales dans des pays travaillant étroitement avec les Itats-Unis, comme la Pologne", souligne le rapporteur qui réaffirme l'existence "d'accords passés" entre les Etats-Unis et certains pays européens.


Dans son premier rapport présenté en juin devant le Conseil de l'Europe, Dick Marty, 62 ans, ancien procureur général du canton suisse du Tessin, avait épinglé 14 Etats européens pour leur implication, voire leur collusion, concernant les vols secrets de la CIA.


 


«S’affranchir des contraintes légales»


"Nous disposons de détails sur le programme mis au point par la CIA. Le plan, aujourd'hui officiellement suspendu en Europe, visait à exporter la lutte antiterroriste hors des frontières des Etats-Unis pour l'affranchir des contraintes légales imposées par la loi américaine", explique-t-il.


Pour lui, "les terroristes présumés enlevés puis torturés et séquestrés dans des Etats voyous comme la Syrie ne disposent ni du droit civil, ni du droit de guerre. Ils sont devenus encore plus dangereux, car ils ont bénéficié ainsi d'un mouvement de sympathie dans certains milieux".


Il juge que "l'erreur a été de ne pas les traiter pour ce qu'ils sont: des groupes criminels".  Marty estime ainsi qu'en enlevant Abou Omar à Milan, "la CIA a saboté la lutte contre le terrorisme".


Jeudi, six organisations de défense des droits de l'homme, ont publié les noms de 39 personnes vraisemblablement encore détenues dans ces prisons, alors même que le gouvernement américain affirme que les prisons de la CIA sont vides.




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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com