Les jeunes et le lancement de projets : Il faut avoir les moyens de ses rêves !





L’esprit de conquête et le fait de relever les défis sont des spécificités de la majorité des jeunes.


Leur jeune âge leur permet de se fixer des objectifs et d’aspirer à les atteindre. Certains veulent, d’ailleurs, s’installer pour leur propre compte. Est-ce que les jeunes y pensent réellement ?


 


Tunis - Le Quotidien


Il va sans dire que le souci majeur de tous les jeunes est de trouver un emploi. Or, il n’est pas évident de trouver un poste alors que le nombre des diplômés est en hausse continue. Plusieurs jeunes gens choisissent d’ailleurs d’opter pour la formation professionnelle par ce qu’ils ont étudié l’employabilité du secteur qu’ils ont choisi à l’avance. D’autres ne rêvent que de créer leur propre projet. Ils pensent que la jeunesse est l’âge propice de se lancer dans l’aventure. L’Etat encourage de telles initiatives. Plusieurs formules de prêts sont à la disposition des jeunes promoteurs qui veulent s’installer pour leur propre compte. Ils sont toutefois redevables de bien réussir leur étude de projet, d’avoir des idées originales, et de l’expérience pour concrétiser leur projet et surtout de croire en leur objectif. La BTS, Banque Tunisienne de Solidarité offre cette opportunité aux jeunes. Le staff encourage spécialement les jeunes ayant les compétences qu’il faut et ayant des idées créatives et nouvelles. Toutefois, même si le projet est bien étudié, plusieurs jeunes ont peur de se lancer  dans une telle aventure. Ils craignent l’échec et sont hantés par l’idée de se retrouver incapables de payer leurs créances…


Amira, 19 ans, voudrait tant s’installer pour son propre compte. Dotée d’aptitudes naturelles pour la danse, elle rêve d’avoir une école de danse à elle. «Je suis très souple et j’ai une grande souplesse des gestes. Je réussis même à faire toute seule des chorégraphies. Ce dont j’ai toujours rêvé, c’est de pouvoir créer une école de danse orientale et d’enseigner la danse aux autres. Je pourrai aussi me spécialiser dans l’encadrement des jeunes artistes et m’occuper de la chorégraphie des spectacles. Je sais que cela nécessite que je fasse une étude de projet. Mais je peux décaler cela jusqu’à ce que j’aie mon baccalauréat. Ensuite, je pense que j’étudierai le projet dans ses divers volets. Si jamais tout va pas comme je le souhaite, je ferai en sorte de trouver un poste dans une administration et me contenter de recevoir un salaire en fin de chaque mois», dit-elle.


Maroua, 19 ans, est totalement contre la création de projets. La jeune fille a une nature très vigilante, et n’aime pas prendre de risques. «Je ne peux pas m’aventurer! Les risques de se retrouver en faillite sont toujours probables. Je ne serai pas capable d’affronter un tel échec ! Je ne peux pas me lancer dans un projet d’autant plus que je n’ai aucune idée spécifique à concrétiser. Je crois que seules les personnes ayant des dons spéciaux et ayant une couverture financière, peuvent se permettre de s’installer pour leur propre compte. En ce qui me concerne, je n’ai pas d’idée originale, je ne possède pas de dons extraordinaires et je n’ai pas d’appui financier sur lesquels je peux me baser pour me lancer. Je préfère aller mollo pour que la chute ne soit pas brutale. Ce qui me convient le mieux, c’est d’avoir un poste stable et un salaire fixe», dit-elle.


Maroua Haddad, 17 ans, ne peut pas imaginer vivre toute sa vie salariée. La jeune fille a des ambitions plus grandes. «Certes, je ne compte pas me lancer actuellement dans un projet ! Il faut avoir les moyens de sa politique. Comme on dit “celui qui ne tente rien n’a rien“, mais cela ne veut pas dire que je me jette dans la gueule du loup ! Je rêve de créer mon propre projet et de m’installer pour mon propre compte. J’ai un don pour tout ce qui touche au côté esthétique des choses. Je sais rendre beaux des objets ordinaires. J’ai toujours eu du goût en matière de make-up et d’habits. Mais ce don ne suffit pas pour que je me lance. Il faut que j’apporte quelque chose de nouveau dans ce secteur. Toutefois ce sont des idées qui me travaillent, mais avant de passer à l’exécution, je tiens d’abord à avoir mon bac et à suivre une formation spécialisée dans le domaine de l’esthétique. Je dois également avoir une petite expérience avant de penser sérieusement à la chose. A mon sens, l’essentiel est d’avoir la volonté et les moyens de le faire pour monter un projet.  Certes j’ai beaucoup d’ambitions et je ne veux pas avoir un salaire comme unique ressource de vie, mais cela ne suffit pas pour se lancer. Il faut procéder avec méthode et logique. Et il ne faut surtout pas céder aux rêves illusoires parce que l’on risque de se faire tordre le cou si on vise beaucoup plus haut que nos moyens réels», dit-elle.


Haïfa, 18 ans, n’est pas tentée par l’idée de monter un projet. La jeune fille veut suivre une formation et chercher un poste avec une rémunération fixe. «Je suis contre le fait de monter un projet parce que je ne possède pas les moyens et les aptitudes qu’il faut pour réussir. Je veux suivre une formation pour devenir aide pharmacien et recevoir un salaire fixe en fin de chaque mois. Lorsque je sais que j’ai un revenu fixe, je ferai en sorte de vivre selon mes moyens. Il ne faut jamais avoir les yeux plus grands que le ventre et si l’on veut réussir, il faut connaître ses limites. Je n’ai aucun atout qui me permet de lancer un projet à présent», dit-elle.


Abir, 18 ans, rêve d’ouvrir une agence de voyage. La jeune fille pense avoir les atouts qu’il faut pour réussir ce projet. «Je veux m’installer pour mon propre compte. J’ai un penchant spécial pour les loisirs et j’adore les excursions et les voyages. Certes cela ne suffit pas pour réussir et pour se lancer dans un projet. Sauf que j’ai une idée qui n’est pas encore très exploitée dans le secteur du tourisme et je rêve de la rendre opérationnelle. Il faut dire aussi que mon père travaille dans le domaine et il compte m’aider aussi bien sur le plan financier qu’au niveau des idées et de l’étude du projet. Mais avant de me lancer, je dois d’abord décrocher mon bac et intégrer l’école de tourisme. Les projets ne doivent pas se faire sur un coup de tête. C’est un domaine qui exige beaucoup de savoir-faire, de réalisme, des recherches et des études bien ficelées et je compte m’y mettre à temps», dit-elle.


Salim, étudiant de 20 ans, n’est pas du tout tenté par l’idée de monter un projet à présent. «Je pense que je n’ai ni la formation, ni les moyens financiers pour penser sérieusement à ce genre de choses. Avant de penser à s’installer pour son propre compte, il faut qu’on étudie de près le marché et voir les perspectives et étudier la conjoncture économique. En outre, il faut aussi avoir une expérience professionnelle et maîtriser le secteur dans lequel on va évoluer. L’idée de monter un projet me tentera probablement après avoir eu ma maîtrise et après avoir acquis une expérience professionnelle. Mais actuellement, je me contente de me concentrer sur mes études», dit-il.


Khalil , étudiant de 19 ans, suit une formation en mécanique d’avion à l’ISET.  Le jeune homme pense que la spécialité de ses études ne lui permet pas de penser à un projet. «Quel genre de projet pourrai-je créer? Je ne connais que la mécanique avion et je dois penser à avoir un poste qui me permet d’exercer le métier de mécanicien d’avion contre un salaire fixe. C’est tout ce dont j’aspire»,


dit-il.


 


Abir CHEMLI




Articles Similaires:



Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com