Le célibat en Tunisie : Le phénomène monte de plusieurs crans…





Bien que le mariage reste le seul cadre légitime de la procréation, les Tunisiens ont désormais d’autres priorités que de convoler en justes noces.


 



 


Tunis-Le Quotidien


Un sondage rendu public en février dernier par l’Office National de la Famille et de la Population (ONFP) a révèle que 85% des jeunes appartenant à la tranche d’âge 15-29 ans sont célibataires contre 80% seulement en 2001. Ce taux est passé  de 16% à 20,8% au niveau de la tranche  d’âge  30-40 ans. Le même sondage intitulé «Les  mutations subies par la famille tunisienne» montre un  net recul de l’âge moyen du mariage qui s’est élevé à 33 ans pour les hommes  et 29,2 ans pour les femmes. Force est toutefois de constater que ce recul n’est pas « totalement choisi ». Les jeunes souhaitent se marier à l’âge moyen de 27 ans pour les garçons et de 22 ans pour les filles.


La majorité des jeunes interrogés (67%)  expliquent cet écart entre les « souhaits » et la réalité par les « facteurs économiques ». Le coût élevé du mariage est cité en premier lieu avec 34%. Le chômage vient en deuxième position (22%) suivi par la difficulté de trouver un logement avec 19%.


Ces taux contredisent les résultats de la dernière consultation nationale sur la jeunesse publiée en janvier 2007. 25% seulement des jeunes situés dans la tranche d’âge 15- 29 ans disent ne pas envisager le mariage en raison des « réjouissances coûteuses ». 54% invoquent d’autres motifs comme le « jeune âge » et « le besoin de préserver leur indépendance ».


Les chercheurs de l’ONFP estiment que « le célibat est devenu un phénomène de société ». Ce constat traduit un changement de comportement important. D’autant plus que le mariage demeure le seul cadre légitime de la procréation. Le concubinage n’est pas admis juridiquement et socialement.


Beaucoup d’experts attribuent le recul de l’âge du mariage à l’«occidentalisation » des mœurs. Il n’est pas désormais rare de rencontrer des jeunes des deux sexes établis seuls. D’autres expliquent le phénomène par « les nouveaux choix des femmes tunisiennes ». Le Code du Statut Personnel (CSP) a interdit la répudiation, la polygamie et les unions précoces et permis aux femmes d’occuper des espaces de la vie publique jusque-là réservés aux hommes et d’accéder à des postes de décision.


Le taux de scolarisation des filles âgées entre 6 et 14 ans dépasse actuellement les 94% contre 36% seulement en 1990.


Quoi qu’il en soit, le célibat continue à être « très mal vécu » par les femmes dans une société où l’autorité du mâle (père, fils, mari) a survécu aux textes de lois « révolutionnaires » dans le monde arabe. Ce n’est pas en effet un hasard si 49% des célibataires continuent d’avoir des conflits avec leurs parents à cause de la « liberté de fréquentation et de mouvement».


 

 Walid KHEFIFI


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com