Ultimatum du Hamas au Fatah : Au bord de la guerre civile





Le Hamas a lancé hier un ultimatum aux forces de sécurité liées au Fatah, sommées d'abandonner leurs positions dans la Bande de Gaza, sous peine d'être attaquées.


18 Palestiniens ont été tués depuis avant-hier dans les affrontements.


 


Le Quotidien — Agences


Les radios liées au Hamas ont affirmé que les miliciens du Mouvement de la résistance islamique avaient déjà pris le contrôle d'installations de sécurité dans le nord et le centre de Gaza, ainsi que dans la ville de Khan Younis, dans le sud du territoire palestinien.


Le Hamas a également annoncé une attaque contre le siège de la Sécurité préventive à Gaza. Par la suite, des tireurs du Hamas, postés sur des toits, ont ouvert le feu contre le bâtiment. "Nous avons reçu des ordres au plus haut niveau de nous défendre", expliquait un des responsables retranchés dans l'immeuble.


Les forces alliées au Fatah conservent le contrôle de leurs principales positions, a expliqué un responsable palestinien de la sécurité. Le colonel Nasser Khaldi, un commandant des forces du Fatah dans le sud de Gaza, a toutefois reconnu que ses hommes étaient sur la défensive.


Il a appelé le président palestinien Mahmoud Abbas à donner l'ordre de riposter. "Il y a des faiblesses chez nos dirigeants. Le Hamas est tout simplement en train de prendre nos positions. Il n'y a pas d'ordres. Les ordres doivent venir du président (Abbas), de personne d'autre", a ajouté le colonel. Mahmoud Abbas rencontrait à Ramallah (Cisjordanie) des dirigeants du Fatah pour discuter de la situation.


Dix-huit Palestiniens ont été tués depuis avant-hier dans la dernière flambée de violences partisanes entre le Fatah et le Hamas


La présidence palestinienne a entre-temps accusé des chefs du Hamas de préparer un "putsch" et de pousser à la guerre civile dans les territoires palestiniens.


Après une nuit ponctuée par le crépitement de tirs, les rues de Gaza étaient largement désertes mardi matin à l'exception de combattants lourdement armés tenant des barrages ou perchés sur des toits d'immeubles.


Trois obus de mortier se sont abattus dans le périmètre du QG de Abbas sur le front de mer, sans faire de victime, ont indiqué des sources sécuritaires.


A Khan Younès, dans le sud de la bande de Gaza, un activiste du Hamas, Omar Rantissi, a été tué par des hommes armés.


La victime est le neveu de Abdelaziz Rantissi, l'ancien chef du Hamas assassiné par Israel en 2004.


Toujours à Khan Younès, de violents combats qui ont fait sept blessés  opposaient dans la matinée des membres de la Sûreté nationale fidèle au Fatah à des activistes du Hamas qui ont encerclé deux de leurs QG.


Des activistes du Hamas ont également enlevé deux techniciens de la télévision officielle palestinienne dans une station de transmission à Gaza avant de détruire le bâtiment à l'explosif. Le Hamas accuse cette télévision d'être à la solde du Fatah.


Plusieurs colonnes de fumée noire se dégageaient hier au-dessus de la ville de Gaza.


Des hommes armés et cagoulés du Hamas ou des services de sécurité loyaux au Fatah ont dressé des barrages faits de bloc de béton et de pneus. Ils contrôlent les identités des rares automobilistes qui se sont aventurés dans les rues.


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Menaces


 


Le parti Fatah du président palestinien Mahmoud Abbas a menacé hier de se retirer du gouvernement d'union nationale dominé par le Hamas, après la dernière flambée de violences partisanes dans la bande de Gaza.


Le porte-parole du Fatah, Ahmad Abdelrahmane, a affirmé dans un communiqué que le comité central du mouvement examinerait l'opportunité de rester au gouvernement si les violences qu'il a imputées "à un groupe pervers au sein de la direction du Hamas" se poursuivaient.


"Le comité central tiendra alors une réunion d'urgence pour prendre une décision définitive quant à son maintien au gouvernement et au Conseil législatif", le parlement palestinien, a-t-il ajouté.




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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com