Pour la première fois : Opération commando de l’armée libanaise contre les islamistes





Un commando de l'armée a détruit la maison du chef du groupe islamiste Fatah al-Islam dans le camp palestinien de Nahr al-Bared, dans le nord du Liban, qui était une nouvelle fois sous le feu de l'artillerie libanaise.


 


Le Quotidien-Agences


Après des tirs intermittents dans la matinée, le pilonnage à l'artillerie a repris sur les positions des islamistes retranchés depuis le 20 mai dans le camp, où vivent toujours environ 3.000 civils qui n'ont pas pu ou pas voulu fuir.


Première opération de ce genre depuis le début des combats, une unité spéciale de l'armée qui assiège Nahr al-Bared s'est infiltrée  dans le camp et a détruit à l'explosif la maison du chef des islamistes Chaker al-Abssi, a affirmé un porte-parole militaire.


"Ils ont détruit la maison après avoir saisi d'importants documents", a-t-il ajouté sans autres détails.


Selon une source palestinienne à l'intérieur du camp, la maison de Chaker al-Abssi, située en bord de mer, a été détruite par un commando de la marine venu de la mer, qui s'est battu avec des hommes du Fatah al-Islam avant de faire exploser la maison.


Chaker al-Abssi, né à Ariha (Cisjordanie) en 1955, qui a vécu en Jordanie, en Syrie et en Irak, a purgé une peine de prison de trois ans en Syrie avant d'être libéré sans être extradé vers la Jordanie qui le réclamait pour son implication dans un attentat anti-américain.


Depuis le 20 mai, l'armée libanaise tente sans succès de neutraliser les islamistes du Fatah al-Islam, qui s'étaient installés en novembre 2006 à Nahr al-Bared.


 


Médiation infructueuse


Après des tentatives de médiation infructueuses des formations palestiniennes présentes dans les camps de réfugiés, les combats avaient repris ce week-end, particulièrement meurtriers pour l'armée qui a tenté en vain une percée à l'intérieur du camp.


Lundi, trois soldats et deux secouristes de la Croix-Rouge libanaise ont été tués.


Au total, 128 personnes, dont 61 militaires et 50 islamistes, ont péri depuis le début des affrontements.


Il s'agit du bilan le plus lourd dans des violences internes, et notamment pour l'armée libanaise, depuis la fin de la guerre civile (1975-1990).


La présence du Fatah al-Islam près de la frontière syrienne a amené lundi le Conseil de sécurité de l'ONU à "condamner les actes terroristes perpétrés par le Fatah al-Islam" et à "soutenir pleinement les efforts du gouvernement libanais et de l'armée pour assurer la sécurité et la stabilité" du pays.


Le Conseil a fait part de sa "profonde préoccupation" concernant le trafic d'armes à la frontière entre le Liban et la Syrie, qui risque d'aggraver la situation dans le pays du Cèdre.


Le Conseil a adopté sa déclaration après avoir entendu un rapport de l'envoyé spécial des Nations unies au Proche-Orient, Terje Roed Larsen, qui a dressé "un tableau alarmant et très préoccupant" de la situation au Liban.

"Ce qui se passe à Nahr al-Bared, à Aïn Héloué, à Beyrouth et dans ses environs, pourrait n'être qu'un avant-goût", a-t-il averti, soulignant que des groupes comme le Fatah al-Islam, le Front populaire de libération de la Palestine-commandement général (FPLP-CG, basé à Damas) et le Fatah-Intifada (prosyrien) paraissent se renforcer, notamment en armement.


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com