Attaque et contre-attaque contre des Lieux Saints en Irak : La guerre confessionnelle s’installe…





Le Quotidien-Agences
Quatre mosquées sunnites ont été la cible d'attaques hier  à Bagdad et à Iskandariyah, à 60 km au sud de Bagdad.
"Trois mosquées d'Iskandariyah, la Grande mosquée, la mosquée Abdallah Joubbouri et la mosquée Hattin, ont été la cible d'attentats à la bombe mercredi après-midi", a affirmé le lieutenant de police Mohammed Rouhemi.
"Ces mosquées ont été sérieusement endommagées", a-t-il ajouté.
Par ailleurs, la mosquée Khudair al-Janabi, dans le quartier mixte de Bayaa, dans le sud-ouest de Bagdad, a été incendiée, selon des témoins de la scène.
Ces attaques interviennent quelques heures après la destruction des deux minarets du mausolée chiite de Samarra dans un attentat, à peine plus d'un an après la destruction du dôme dans une attaque similaire, faisant craindre une nouvelle flambée de violences confessionnelles en Irak.
Le Premier ministre Nouri al-Maliki a immédiatement décidé d'imposer un couvre-feu d'une durée illimitée à Bagdad à partir de 15H00 (11H00 GMT), selon la télévision publique Iraqia.
Nouri Maliki a demandé qu’une enquête soit lancée.
"Un comité a été formé pour mener une enquête et il interrogera tous les membres des forces de sécurité qui étaient présents sur les lieux", a déclaré le Premier ministre au cours d'une allocution sur la chaîne publique Iraqia.
Deux minarets du mausolée se sont écroulés vers 09H00 (05H00 GMT), selon un correspondant de l'AFP qui s'est rendu sur les lieux après avoir entendu deux explosions.
"L'effondrement des deux minarets a été provoqué par des bombes placées à leur base", a affirmé le lieutenant Omar Ghalib, de la police de Samarra, ajoutant qu'"un couvre-feu illimité a été imposé dans la ville à 11H00 (07H00 GMT)".
"C'est une attaque terroriste, la deuxième contre ce mausolée. C'est une action terroriste dont le but est de faire exploser les violences confessionnelles", a affirmé Saleh al-Haidiri, responsable de la fondation gérant les sites religieux chiîtes irakiens.
Selon le correspondant de l'AFP, les forces américaines et irakiennes se sont déployées autour du site et des hélicoptères le survolaient.
"Un comité d'experts en explosifs s'est rendu sur le site sur ordre des autorités provinciales de Salaheddine", a indiqué de son côté Ali al-Joubouri, porte-parole de la province dans laquelle se situe Samarra.
La destruction du dôme de ce mausolée le 22 février 2006 dans un attentat n'avait fait aucune victime mais avait été l'étincelle qui avait provoqué une explosion des violences confessionnelles en Irak.
Lieu de pèlerinage vénéré pour les chiîtes dans cette ville sunnite située à 120 km au nord de Bagdad, ce mausolée abrite les tombeaux d'Ali al-Hadi et de Hassan al-Askari, les dixième et onzième imams de cette branche de l'islam.
C'est également à Samarra qu'a disparu le 12ème imam, "l'imam caché" vénéré par les chiîtes.
Selon un témoin, les deux explosions se sont produites hier à quelques minutes d'intervalle.
"J'étais tout près du mausolée quand j'ai entendu d'énormes explosions qui ont provoqué un nuage de poussière recouvrant tout le quartier", a assuré ce témoin, sous couvert de l'anonymat.
"Je me suis alors rapproché de façon à apercevoir le mausolée et j'ai vu qu'un des minarets était par terre. Sept minutes plus tard, une autre explosion s'est produite et l'autre minaret s'est écroulé", a-t-il poursuivi.
Depuis l'attentat de février 2006, les lieux sont protégés par d'importantes forces de sécurité.
Mardi, selon le témoin, "une nouvelle équipe en charge de la sécurité est venue de Bagdad pour prendre la relève de la précédente, originaire de Tikrit (une autre ville du nord de l'Irak), et il y a eu des échauffourées entre eux avec quelques échanges de feu".
La nouvelle équipe "s'est finalement mise en place", a-t-il ajouté.
A Najaf, ville sainte chiîte du sud du pays, le chef radical Moqtada Sadr a appelé à "trois jours de deuil" après cet attentat. De peur que cette nouvelle attaque ne déclenche une spirale de violences confessionnelles, un de ses représentants a lancé un appel "au calme et à la retenue".
Les députés  du mouvement du chef chiîte Moqtada Sadr ont annoncé hier qu'ils suspendaient leur participation au sein du Parlement irakien, après l'attentat contre le mausolée chiîte de Samarra.
"Le bloc sadriste annonce la suspension de sa participation au Parlement jusqu'à ce que le gouvernement prenne des mesures pour reconstruire les sites religieux sunnites et chiîtes, et particulièrement le mausolée de Samarra", a déclaré  le député sadriste Saleh Hassan al-Igaili.
D’autre part, le président iranien Mahmoud Ahmadinejad a critiqué hier  les forces américaines en Irak pour avoir soutenu selon lui un nouvel attentat contre le mausolée chiîte.
"Vous vous compliquez la situation en soutenant ces actions", a dit le président, dans un discours en province diffusé sur la télévision.
"N'agissez pas d'une façon telle que personne dans la région ne soit prêt à vous aider à en sortir", a-t-il ajouté.
Par ailleurs, l'armée américaine a annoncé la mort de trois militaires, ce qui porte à 3.506 le nombre de soldats ou personnels assimilés américains tués en Irak depuis l'invasion en mars 2003, selon les chiffres du Pentagone.
Enfin, cinq policiers Kurdes ont été tués dans un attentat-suicide dans la province de Diyala, au nord-est de Bagdad, et un attentat a provoqué l'effondrement partiel d'un pont sur la route reliant les villes de Tikrit et Kirkouk, toujours dans le nord.




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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com