Haniyeh chef à Gaza, Abbas président en Cisjordanie : La Palestine s’effrite





* Salem Fayyadh nommé Premier ministre


 


Le puissant mouvement islamiste Hamas présidait hier aux destinées d'1,5 million de Palestiniens dans la bande de Gaza coupée du reste du monde, après avoir mis en déroute les forces fidèles au parti rival Fatah durant une semaine de combats sanglants.


 


Le Quotidien-Agences


Consacrant la division, le président et chef du Fatah Mahmoud Abbas a chargé le ministre sortant des Finances, Salam Fayyadh, un indépendant qui a les faveurs de l'Occident, de former un nouveau gouvernement d'urgence après le limogeage du cabinet dominé par le Hamas, selon un responsable de la présidence, Hikmat Zeid.


De son côté, le Premier ministre limogé du Hamas, Ismaïl Haniyeh, a assuré que son gouvernement "continuerait à assumer ses fonctions" tout en précisant que la nomination de Fayyadh est contraire à toutes les lois.


La situation dans la bande de Gaza, où les combattants armés et parfois masqués du Hamas contrôlent les rues et les bâtiments officiels, continuait de susciter l'inquiétude de la communauté internationale.


Les chefs de diplomatie du Quartette international pour le Proche-Orient (Etats-Unis, Union européenne, Russie, ONU) devaient s'entretenir vendredi de la situation, et la présidence allemande de l'UE a "condamné avec la plus grande sévérité la prise de pouvoir violente par les milices illégales du Hamas à Gaza et la mort de civils innocents".


Moscou a appelé les Palestiniens à arrêter "leur conflit fratricide" et l'Egypte a décidé de retirer le personnel de sa représentation diplomatique et sa délégation sécuritaire de la bande de Gaza,


A Gaza-ville, les rues étaient calmes et les habitants ont commencé prudemment à sortir après êtres restés terrés chez eux du 7 au 14 juin pour échapper aux combats. D'une extrême violence, ces derniers ont fait 113 morts et des centaines de blessés.


 


Pillages


Symbole de la prise du pouvoir par le Hamas, des combattants de sa branche armée étaient déployés à l'intérieur d'al-Mountada, le complexe présidentiel abritant les bureaux de Abbas. Des activistes ont emporté ordinateurs, documents et armes, selon des témoins.


Ils se sont aussi emparés des voitures officielles laissées sur place. Celles qui ne peuvent êtres démarrés étaient remorquées, drapeau islamiste vert en guise de cocarde.


Des dizaines de Palestiniens se sont rués sur les villas abandonnées des responsables du Fatah et les quartiers généraux de la sécurité où ils se sont livrés à des pillages.


Les pillards ont notamment pénétré dans la villa de Mohammad Dahlane, l'ex-homme fort du Fatah à Gaza et bête noire du Hamas. Ils ont emporté meubles, éviers, robinets et même des plantes en pot.


Des combattants du Hamas assurent en revanche la protection de la villa d’Abbas et empêchent quiconque de s'en approcher.


 "Les combats entre Hamas et Fatah ne font plaisir à personne. Les deux sont nos fils, mais j'espère que le règne du Hamas sera meilleur", dit Oum Khalil Qmeitah, une mère de famille venue aux abords du complexe comme des dizaines d'autres curieux.


 "Nous avons porté le coup de grâce à la cause palestinienne de nos propres mains. Ce qui s'est passé nous a ramenés des dizaines d'années en arrière. Le monde ne reconnaîtra jamais un Etat palestinien à Gaza et un autre en Cisjordanie", affirme Abou Saïd, concierge dans une école proche.


Les drapeaux verts du mouvement islamiste flottent désormais sur les quartiers généraux de la Sécurité jadis contrôlés par le Fatah, qui a dominé pendant plus de 40 ans la vie politique palestinienne.


 


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Erakat scandalisé


 


Le Quotidien-Agences


La prise de contrôle de la Bande de Gaza par le mouvement islamiste Hamas est "la pire chose" arrivée aux Palestiniens depuis la guerre de 1967 lors de laquelle Israel a occupé les territoires palestiniens, a affirmé hier un haut responsable du Fatah, Saeb Erakat.


"Malheureusement cela nous ramène en arrière, de nombreuses années en arrière. C'est la pire chose que j'ai vue depuis 1967", a indiqué Erakat, après la déroute des forces de sécurité fidèles au Fatah face au Hamas lors d'une semaine de combats qui ont fait 113 morts dans la Bande de Gaza.


"La bande de Gaza et la Cisjordanie sont désormais séparées et les aspirations d'un Etat palestinien repoussées. Gaza est officiellement hors du contrôle de l'Autorité palestinienne", a ajouté Erakat, qualifiant la victoire militaire du Hamas de "mutinerie" dont il fallait désormais tenter de "réparer les dommages".


 


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«Une ère nouvelle»


 


Le Quotidien-Agences


Un combattant du Hamas s'assoit derrière le bureau de Mahmoud Abbas dans les locaux de la présidence palestinienne à Gaza, tombée  sans un coup de feu. Il décroche le téléphone et fait mine d'appeler Washington.


"Salut Condoleezza Rice. C'est avec moi que vous devez traiter, plus avec Abbas", dit-il en éclatant de rire. En moins d'une semaine, la bande de Gaza désormais sous le contrôle du Hamas, est devenue un micro Etat islamiste distinct de la Cisjordanie.


Après son coup de téléphone fictif, le combattant des brigades Ezzedine al Kassam, branche armée du mouvement, s'attarde dans le fauteuil d'Abbas, Kalachnikov à la main, tandis que ses camarades se prennent en photo au cœur de ce symbole de l'Autorité palestinienne.


Quittant le bureau, l'homme masqué se dirige ensuite dans la chambre à coucher voisine pour faire un brin de toilette et goûter l'eau minérale réservée au président.


«L’ère de 1996 est révolue, l’Islam règne désormais», résume un isamiste.


"C'est une nouvelle ère, une ère de résistance dans laquelle les jouets de l'Amérique et d'Israël n'ont pas leur place", proclame un combattant du Hamas, s'emparant du véhicule d'un membre du Fatah.


 


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Amnistie


 


Le Quotidien-Agences


Après avoir annoncé l'arrestation de dix des chefs du Fatah les plus influents dans la Bande de Gaza, dont les responsables de la garde d'élite de Mahmoud Abbas, le Hamas a fait savoir vendredi que les dirigeants du Fatah seront amnistiés.


Le porte-parole du Hamas, Abou Obdeideh, a déclaré une amnistie pour tous les leaders du Fatah, et plusieurs d'entre eux, dont leur porte-parole Tawfiq Abu Khoussa, ont été libérés peu après.


Abou Obeideh a déclaré que son mouvement "offrira l'amnistie" à tous ceux qui ont des opinions différentes. "Notre bataille n'est pas contre le Fatah", a-t-il assuré. "Nous protégeons les droits de notre peuple, partout et tout le monde", a-t-il ajouté.


 


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Rice soutient Abbas


 


Le Quotidien-Agences


La secrétaire d'Etat américaine Condoleezza Rice a téléphoné à Mahmoud Abbas pour lui "souligner le soutien des Etats-Unis" dans la crise interne qui secoue l'Autorité palestinienne.


Selon Sean McCormack, porte-parole du département d'Etat, la conversation téléphonique avait pour but "de lui parler de la situation actuelle, de la situation telle qu'il la voyait, et de souligner le soutien des Etats-Unis au président Abbas, aux Palestiniens modérés qui se sont engagés à travailler avec le gouvernement israélien et les pays partout dans le monde pour la paix au Proche-Orient".


Sean McCormack a ajouté que le choix des Palestiniens modérés pour la paix "est mis à mal par les individus de Gaza qui ont attaqué les forces de sécurité légitimes de l'Autorité palestinienne, et qui ont, de manière préméditée, décidé qu'ils allaient tenter d'éteindre l'espoir du peuple palestinien d'avoir son propre Etat".


 


 


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Appel de la Tunisie à un arrêt immédiat des affrontements


 


Tunis-TAP


Le ministère des Affaires étrangères a rendu publique, hier, la déclaration suivante:


«A la suite de la dégradation de la situation dans les Territoires palestiniens, engendrée par l’escalade déplorable de la violence et des tueries entre les frères palestiniens, notamment dans la Bande de Gaza, qui a fait des victimes et des dégâts, de nature à porter préjudice à la lutte  du peuple palestinien, la Tunisie exprime son profond regret et son extrême préoccupation et réitère son appel à toutes les parties pour un arrêt immédiat des affrontements et de l'effusion du sang.


La Tunisie appelle également à faire prévaloir la logique de la raison et à opter pour le dialogue, de manière à préserver l’unité du peuple palestinienne et ses capacités, au service de ses intérêts nationaux suprêmes.


Partant de sa position constante de soutien à la Cause palestinienne, la Tunisie insiste sur la nécessité de respecter les institutions constitutionnelles et d’honorer tous les compromis et accords, pour que la Cause palestinienne demeure la priorité fondamentale de tous les efforts visant à parvenir à un règlement juste et global de cette Cause».




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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com