Cisjordanie : Le Fatah réplique au Hamas





Le président palestinien Mahmoud Abbas mettait hier la dernière main à un gouvernement appelé à faire appliquer l'état d'urgence après la prise du pouvoir dans la Bande de Gaza par le Hamas qui entend  maintenir son cabinet limogé. En Cisjordanie, la multiplication des attaques suscitait les craintes d'une flambée des violences


 


Le Quotidien - Agences


Des militants des Brigades des Martyrs d'Al-Aqsa ont saccagé une dizaine de bureaux d'organisations liées au Hamas à Nabouls où cinq islamistes ont été enlevés. Un chef de ces Brigades basé à Jénine a sommé les membres du Hamas en Cisjordanie de remettre leurs armes à l'Autorité palestinienne. A Ramallah, des hommes armés ont attaqué le bureau du vice-président du Parlement Hassan Khreisheh et ont "tenté de l'agresser" selon lui.


Après avoir limogé jeudi le cabinet d'union Fatah-Hamas en invoquant un  "putsch" à Gaza, Abbas a chargé un économiste indépendant qui jouit de la confiance de l'Occident, Salam Fayyadh, de former le cabinet d'urgence et les deux hommes tenaient à Ramallah d'ultimes consultations.


"Fayyadh doit dévoiler dans les prochaines heures" la composition de son gouvernement, a déclaré un membre de son entourage. "Il devra être composé de dix ministres n'appartenant ni au Fatah ni au Hamas. Six ministres sont de Cisjordanie et quatre de la Bande de Gaza".


Le Hamas a rejeté la nomination de M. Fayyadh et le Premier ministre limogé, Ismaïl Haniyeh, a d'ores et déjà affirmé que son gouvernement continuerait à assumer ses fonctions. Il a même nommé un nouveau chef de la police dans la Bande de Gaza.


Les Palestiniens se retrouveraient ainsi avec un gouvernement dirigé par le Hamas à Gaza et un second conduit par Fayyadh en Cisjordanie.


Le Hamas a pris le contrôle de la Bande de Gaza la veille après s'être emparé des quartiers généraux de l'Autorité palestinienne à l'issue d'une semaine de combats qui ont fait 115 morts et des centaines de blessés.


Le directeur de la police palestinienne, un service fidèle au Fatah de Abbas comme l'ensemble des services de sécurité, a interdit à ses hommes dans la Bande de Gaza de travailler avec le Hamas.


"Le général Kamal al-Cheikh, directeur général de la police, a ordonné à tous les membres de la police à Gaza de cesser leur travail et de ne pas coopérer avec le ministère de l'Intérieur et le gouvernement démis", a affirmé la direction de la police dans un communiqué.


"Tous ceux qui contreviennent à ces ordres devront faire face à leurs responsabilités devant la loi et seront considérés comme des mutins en refusant les ordres directs de la hiérarchie", a-t-elle ajouté, menaçant les contrevenants de "sanctions".


Ses ordres semblent avoir été entendus, les positions de la police ayant été toutes désertées à Gaza, selon des témoins. "Nous ne travaillerons pas avec un gouvernement illégal", a affirmé un haut gradé de la police , qui a refusé de s'identifier de crainte des représailles des islamistes.


Après le coup de force du Hamas, son chef en exil Khaled Mechaal, qui s'était illustré par son silence durant les combats, s'est voulu conciliant.


Il a affirmé lors d'une conférence de presse à Damas que le Hamas n'avait pas l'intention d'accaparer le pouvoir dans les Territoires palestiniens et n'avait pas de "problème" avec le Fatah.


"Nous respectons le frère Abou Mazen (M. Abbas). Nous respectons sa légitimité. Personne ne conteste sa légitimité. C'est un président élu. Nous  allons coopérer avec lui dans l'intérêt national", a ajouté Mechaal.


Un conseiller d'Abbas a rejeté tout dialogue avec le Hamas.


 


Crise humanitaire


Pour sa part, l'agence de l'ONU pour le secours aux réfugiés palestiniens (Unrwa) a appelé à la réouverture des points de passage de la Bande de Gaza afin d'éviter une crise humanitaire dans ce territoire coupé du monde depuis vendredi et habité par 1,5 million de Palestiniens qui vivent dans des conditions "misérables".


Enfin, les ministres des Affaires étrangères arabes réunis au Caire ont condamné "les actes criminels" dans la Bande de Gaza et appelé au retour à la situation antérieure à la prise du pouvoir par le Hamas.


 


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La maison d’Arafat pillée


 


Gaza - Agences


 La maison dans Gaza du chef historique palestinien décédé, Yasser Arafat, a été pillée au lendemain de la prise de contrôle de ce territoire par le Hamas. "J'ai vu des hommes en armes entrer à l'intérieur de la maison, voler des affaires et incendier l'une des chambres à coucher", a indiqué un témoin vivant en face de la maison, située dans la ville de Gaza. Ce témoin a demandé l'anonymat, de peur de représailles des islamistes du Hamas.


Des combattants au visage masqué par des cagoules de la branche armée du mouvement islamiste Hamas, les Brigades Ezzedine al-Qassam, étaient positionnés sur le toit de la maison, empêchant toute personne d'approcher, selon un photographe de l'AFP.


Arafat, fondateur du Fatah, est décédé en 2004 dans un hôpital parisien, et sa maison était depuis restée vide, protégée par des gardes.


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Ismaïl Haniyeh n'envisage pas d'Etat palestinien séparé à Gaza


 


Le Quotidien - Agences


Le dirigeant du Hamas Ismaïl Haniyeh a exclu de créer un Etat palestinien séparé dans la Bande de Gaza.


Dans une interview publiée hier par Le Figaro, qui lui demandait s'il comptait proclamer un Etat à Gaza, Haniyeh répond: "Non. Gaza appartient à tout le peuple palestinien et pas seulement au Hamas."


Devenu Premier ministre après la victoire du Hamas aux législatives palestiniennes de janvier 2006, Haniyeh se prononce aussi pour "une trêve réciproque, globale et simultanée avec Israël. La séparation n'est pas à l'ordre du jour et ne le sera jamais", assure-t-il.


 


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Rencontre Olmert - Bush : La situation à Gaza, au centre des entretiens


 


Al Qods occupée - Agences


 La prise de contrôle de la bande de Gaza par le Hamas sera au centre des entretiens de mardi à Washington entre le Premier ministre israélien Ehud Olmert et le président américain George W. Bush.


Avant cette rencontre, la troisième en treize mois, Olmert, qui se rend aujourd’hui aux Etats-Unis, doit d'abord rencontrer à New-York le secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, ainsi que les candidats à la présidentielle américaine et des dirigeants de la communauté juive locale.


"La question palestinienne sera au centre des discussions, et ce qui s'est passé cette semaine dans la bande de Gaza en souligne l'urgence", a déclaré Miri Eisin, porte-parole de Olmert.


"Bush et Olmert devraient examiner les moyens de soutenir (Mahmoud) Abbas", le président palestinien, a-t-elle ajouté.




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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com