Craintes d’un conflit confessionnel en Irak: Gates à Bagdad pour sermonner Maliki





Le secrétaire américain à la Défense Robert Gates a rencontré à Bagdad hier le Premier ministre Nouri al-Maliki pour le pousser à progresser dans le processus de réconciliation nationale en Irak.


 


Le Quotidien-Agences


Arrivé vendredi à Bagdad en provenance de Bruxelles, Gates est le troisième responsable américain à se rendre en Irak en une semaine après le secrétaire d'Etat adjoint John Negroponte et le chef des opérations militaires au Moyen-Orient, l'amiral William Fallon, venus délivrer des messages similaires au gouvernement irakien.


Le secrétaire à la Défense a pris le petit déjeuner avec le commandant des forces américaines en Irak, le général David Petraeus, et son bras droit le général Raymond Odierno.


Il a ensuite rencontré Maliki.


"Sur le plan de la sécurité, comme je l'ai dit nous avons deux, trois mois devant nous. Il y a des tendances positives, il y a des tendances négatives", a-t-il dit, après cette rencontre.


Selon lui, "il est prématuré de répondre à la question" d'une réduction des troupes si la stratégie américaine permet de juguler les violences dans la capitale irakienne, "je pense que nous devons attendre et voir où nous en serons en septembre".


C'est la quatrième visite de Gates, ancien directeur de la CIA de 1991 à 1993, depuis qu'il a succédé à Donald Rumsfeld en décembre dernier.


Le président George W. Bush lui-même avait incité fin mai le gouvernement irakien à "montrer des progrès réels".


L'un des éléments clefs de l'évaluation américaine sera de savoir si Maliki a réussi à faire adopter certaines mesures ayant pour objectif la réconciliation nationale, notamment la révision de la Constitution, l'adoption d'une loi sur le partage des ressources pétrolières ou la débaâthification.


"Franchement, nous sommes déçus par les progrès réalisés pour l'instant et espérons que ce dernier attentat commis par Al-Qaïda ne perturbera pas davantage le processus" politique, a déclaré Gates à la presse, en référence à l'attentat de Samarra. Il a cependant reconnu que Maliki est confronté à "d'énormes obstacles".


 


Encore un attentat


Sa visite intervient au moment d'une recrudescence d'attaques contre des mosquées sunnites à travers l'Irak, en représailles de l'attentat contre le mausolée chiîte de Samarra.


Hier encore une mosquée sunnite a ainsi été la cible d'un attentat dans la marinée. La ville est sous couvre-feu total depuis un autre attentat qui a détruit la veille au mausolée sunnite Talha Ebn Oubeïdallah, près de Zoubaïr, une localité proche. 


"Des hommes ont fait exploser ce matin vers 08H30 (04H30 GMT) le minaret de la mosquée (sunnite) de Ashra Moubashara bil Janna, dans le quartier de Zahra, dans entre de Bassorah", a affirmé le général Ali Moussaoui, responsable du comité d'urgence formé par le gouvernement pour surveiller la situation sécuritaire dans la région.


Dans la crainte d'une spirale de violences confessionnelles, les autorités ont également imposé un couvre-feu total à Bagdad et Samarra.


 


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* Critiquant le grand ayatollah Ali Sistani: Sadr appelle à marcher sur Samarra


 


Le Quotidien-Agences


Le chef chiîte Moqtada Sadr a appelé hier les Irakiens à marcher le 5 juillet sur la ville de Samarra, au nord de Bagdad, pour protester contre l'attentat qui y a visé le mausolée chiîte.


Moqtada Sadr a également critiqué le grand ayatollah Ali Sistani, la plus haute autorité religieuse des chiîtes irakiens, dans un communiqué publié par son bureau dans la ville sainte chiîte de Najaf au sud de Bagdad.


"J'appelle tous les Irakiens à marcher sur Samarra le 5 juillet, jour de l'anniversaire de Fatima Zahra, fille du Prophète Mahomet et mère de l'imam Husseïn", a-t-il déclaré.


"Quoi que nous fassent le triangle du mal (Etats-Unis, Royaume-Uni, Israël, ndlr) et ses fidèles, que ce soit tuer des croyants ou commettre des attentats contre nos mausolées, personne au sein de la communauté chiîte n'essaye de les en dissuader, et particulièrement le Marjaa (le grand ayatollah) silencieux", a-t-il dénoncé.


Moqtada Sadr a critiqué les principaux mouvements chiîtes, y compris des membres de son propre groupe. "Où êtes vous chiîtes, où êtes vous badristes, où êtes vous sadristes, où êtes vous fadhilas? Pourquoi ne prenez-vous pas position par rapport à l'attaque de Samarra ?".


"Nos mausolées sont sacrés et il est de notre devoir de les défendre. Il est de mon devoir d'appeler tout le monde à défendre nos mausolées. Je souhaite que les sunnites d'Irak nous attendent et nous ouvrent leurs bras et maisons" à Samarra, une ville sunnite, a-t-il dit, accusant de nouveau les Etats-Unis d'être à l'origine de l'attaque de Samarra.




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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com