Violence à l’égard des femmes : Une forme d’ignorance sur fond de défoulement





D’après le psychiatre Imed Regaïeg, la violence à l’égard de la femme ne peut être une responsabilité partagée. Il s’agit plutôt d’une forme d’ignorance.


Tunis - Le Quotidien
La violence à l’égard des femmes continue de faire l’objet d’un intérêt particulier. A ce sujet, le ministère des Affaires de la Femme, de la Famille, de l’Enfance et des Personnes âgées a organisé hier en collaboration avec l’Office National de la Famille et de la Population (ONFP) ainsi que l’Agence Espagnole de Coopération Internationale (AECI), le premier colloque maghrébo-espagnol. La prévention contre la violence fondée sur le genre a été choisie comme thème principal de cette manifestation.
«La violence de genre est une expression utilisée par les institutions internationales et par un nombre croissant d’écrits et de personnes, pour désigner la violence à l’égard des femmes et pour signifier clairement que cette forme de violence est une construction culturelle et sociale et qu’elle n’est nullement innée et naturelle», définit  ainsi le projet de coopération ONFP/AECI la violence fondée sur le genre. Ce qui suppose la discrimination sexuelle.
Certes, le travail qui se réalise à ce niveau est d’une extrême importance, à même de permettre de dénoncer ces pratiques et d’aider les femmes violentées  à briser le silence. Mais nombreux sont ceux qui estiment que ces agressions sont une responsabilité partagée.
Le psychiatre Imed Regaïeg ne partage aucunement cet avis. Il pense d’emblée que la violence à l’égard des femmes est injustifiable. Quelqu’en soient les motifs, il existe d’après lui des recours et des méthodes pour venir à bout des différentes difficultés: «Car la violence ne résout pas les problèmes. Au contraire, elle nourrit la haine et détruit la relation voire entraîne le dégoût. A mon avis, c’est une forme d’ignorance et une expression de frustrations. En effet, le partenaire qui subit des pressions de tous genres va essayer de se défouler à son domicile par le biais de la violence», explique le spécialiste.
Qu’il soit au chômage, qu’il ait des difficultés financières ou un niveau intellectuel limité, ce partenaire semble jeter son dévolu sur sa femme. Et le Dr Regaïeg de mettre le doigt sur un trouble du comportement qui n’est pas une manière de régler les conflits.
En Tunisie, les résultats d’une étude réalisée en 1997 révèlent que 33,8% des femmes ont été agressées physiquement au moins une fois. En contre partie, rares sont celles qui brisent le silence et recourent à la justice.

M.K.




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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com