Après l’attentat contre la FINUL : Le Liban sur le qui-vive





Le Liban sud était placé sous sécurité renforcée hier au lendemain d'un attentat qui a coûté la vie à six soldats du contingent espagnol de la Finul, le premier à viser les Casques bleus depuis la fin de la guerre entre Israel et le Hezbollah chiite pendant l'été 2006.


Le Quotidien-Agences
Le gouvernement libanais a établi hier un lien entre cet attentat et les combats dans le nord du pays."Il y a un lien entre l'attentat qui a visé le contingent espagnol de la Finul et les combats entre l'armée libanaise et les terroristes du Fatah al-Islam", a déclaré le ministre de l'Information, Ghazi Aridi.
Quelque 150 militaires de la Finul et de l'armée libanaise se sont déployés lundi sur les lieux de l'attentat qui a visé un véhicule blindé du contingent espagnol, équipés de chiens policiers et assistés par des experts en explosifs.
L'attentat a eu lieu à 10 kilomètres de la frontière avec Israel. La voiture piégée était garée sur le bas-côté d'une route entre les villes de Marjayoun et Khiam, fréquemment empruntée par les patrouilles de la Finul.
Des mesures de sécurité renforcées ont été prises autour du quartier général de la Finul, à Naqoura, à proximité de la frontière israélienne.
L'armée libanaise a également renforcé son dispositif, multipliant les barrages routiers, notamment le long de la frontière libano-israélienne.
Le ministre espagnol de la Défense, Jose Antonio Alonso, s'est rendu lundi sur les lieux de l'attentat.
"L'Espagne continuera à soutenir la mission de la Finul", avait-il déclaré dimanche à Madrid. Trois des soldats tués étaient des Colombiens servant dans l'armée espagnole, les trois autres étaient des Espagnols.
L'Espagne est l'un des principaux pays engagés dans la Finul, avec 1.100 soldats.


Détermination
Abondant dans le même sens, le commandant en chef de la Finul, le général italien Claudio Graziano, a déclaré que cet attentat "ne fera que renforcer la détermination de la Finul à remplir sa mission conformément à la résolution 1701" du Conseil de sécurité de l'ONU, qui a mis fin à la guerre de l'été 2006 entre Israel et le Hezbollah.
Il a estimé que cet attentat ne visait pas seulement le Liban et la Finul, "mais aussi la stabilité de la région".
La 1701 a renforcé la Finul, déployée depuis 1978 au Liban sud, portant ses effectifs à 13.000 hommes, et a permis le déploiement de l'armée libanaise à la frontière avec Israël, auparavant chasse gardée du Hezbollah.
Cet attentat est intervenu une semaine après le tir de deux roquettes à
partir du Liban sud sur la ville israélienne frontalière de Kyriat Shmona, attribué par Israel à des groupes palestiniens.
Le porte-parole de la Finul, Milos Strugar, a déclaré à l'AFP que "tant que
l'enquête est en cours, la Finul ne pouvait porter d'accusations".
Une source du Hezbollah, qui a requis l'anonymat, a déclaré que l'attentat apparaît comme "l'œuvre de professionnels hautement qualifiés", exécuté par des "cellules dormantes" au Liban sud.
Selon les services de renseignement de l'armée, l'explosion a été déclenchée à distance.
Des sources judiciaires libanaises avaient affirmé début juin que le Fatah al-Islam, retranché dans le camp de réfugiés palestiniens de Nahr al-Bared, au Liban nord, projetait de s'en prendre à la Finul, citant des aveux d'islamistes arrêtés.
Un porte-parole du Fatah al-Islam, Abou Salim Taha, avait accusé des forces navales de la Finul de prêter main forte à l'armée et avait menacé d'attaquer les Casques bleus.
Parallèlement, des tirs ont été signalés hier à Nahr al-Bared où les combats entre l'armée et les islamistes se poursuivent pour obtenir la reddition des islamistes.




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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com