Les grandes puissances à Paris pour unir leurs efforts sur le Darfour





Les grandes puissances, dont la Chine et les Etats-Unis, et des organisations internationales se sont retrouvées hier à Paris pour la première fois, afin d'unir leurs efforts pour tenter de mettre fin à la crise du Darfour et montrer leur détermination face à Khartoum. Un grand absent : l’UA!…


 


Le Quotidien-Agences


La secrétaire d'Etat américaine Condoleezza Rice, des représentants d'une vingtaine de pays, dont la Chine principal soutien du régime soudanais, et d'institutions internationales participent à la rencontre, sans précédent depuis le début de la guerre civile en 2003 dans cette province de l'ouest du Soudan.


Pour Paris, à l'origine de la réunion qui a commencé en milieu de journée, il s'agit de "donner un coup d'accélérateur" aux efforts diplomatiques, au moment où, sous la pression internationale, Khartoum vient finalement d'accepter l'envoi d'une force hybride de l'ONU et de l'Union africaine (UA) de plus de 20.000 hommes.


"Le Soudan doit savoir que s'il coopère nous l'aiderons puissamment et que s'il refuse il faudra être ferme", a assuré le président français Nicolas Sarkozy aux participants.


"Le silence tue", a aussi lancé Sarkozy, à propos d'un conflit qui a fait selon l'ONU quelque 200.000 morts et 2,1 millions de déplacés, une des  pires crise humanitaires actuelles. Ces chiffres sont contestés par Khartoum.


"Il s'agit d'insister auprès de Khartoum pour qu'il permette le déploiement" de cette force, avait déclaré Condoleezza Rice dimanche soir.


Le Soudan ne participe pas à cette rencontre qu'il juge "inopportune", estimant notamment avoir rempli ses engagements en acceptant sans condition la force hybride.


 


L’UA absente


L'UA est aussi absente des débats, manifestant apparemment sa mauvaise humeur de n'avoir pas été consultée avant la réunion.


La force hybride doit remplacer l'actuelle force africaine au Darfour, composée de 7.000 hommes mal équipés, incapable de mettre fin aux exactions.


 Washington, qui a dénoncé un "génocide", avait annoncé de nouvelles sanctions contre le Soudan avant que Khartoum ne se décide à accepter la force hybride.


La Chine a manifesté ses réserves quant à une mise en cause trop sévère de Khartoum. "La communauté internationale doit s'efforcer d'envoyer un signal positif et équilibré: il ne faut pas, pour un oui ou pour un non, menacer et faire pression sur le gouvernement du Soudan", a expliqué l'envoyé spécial de la Chine au Soudan, Liu Guijin.


La Chine, qui absorbe 60% du pétrole soudanais, a été accusée de soutenir sans condition le régime soudanais.


Avec cette conférence, il s'agit de marquer un "soutien politique aux initiatives prises par l'UA et l'ONU pour tenter de régler, politiquement et en termes humanitaires, mais surtout politiques, la crise du Darfour", a expliqué le chef de la diplomatie française Bernard Kouchner.


La conférence de Paris a abordé l'épineuse question de la relance des négociations entre Khartoum et les rebelles, qui ont éclaté en plus d'une dizaines de groupes depuis un accord conclu en 2006 à Abuja (Nigeria).


Cette réunion "va servir à unifier la position internationale", a souligné le commissaire européen au Développement Louis Michel, qui assiste à la réunion, au côté notamment du secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon.


La France recherche aussi un appui à son projet de déploiement d'une force à composante européenne dans l'est du Tchad, pour aider 230.000 réfugiés soudanais et plus de 150.000 déplacés par des violences liées au conflit du Darfour voisin. Paris vient de lancer un pont aérien humanitaire dans cette région.




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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com