Spectacle : Blanche-Neige danse avec les émotions





Des pas et des ailes, des sauts et des grands écarts. De la souplesse et de la grâce et surtout un moment de bonheur avec les petits papillons de «Serguei Diaghilev», sur le texte de Blanche-Neige et les sept nains. Un matelas douillet et les ressorts sont au point.


 


Depuis le 17 juin dernier, Tunis n’a pas cessé de danser avec les petits et les grands et dans tous les sens. Un gala par-ci et un autre par-là. Et ça continue.


Après l’Ecole de danse de Tramoni-Capparos, la scène du TMT a été cédée à K’Danse. Par la suite, on a ouvert une parenthèse à la Médiathèque de l’avenue de Paris avec deux spectacles fortement expressifs et colorés.


L’un signé par Abou Lagraâ et interprété par les élèves du CMDC (Centre méditerranéen de danse contemporaine) et l’autre «Rojla», admirablement porté par le délire imaginaire de notre Imed Jemaâ national.


Puis, on revient avec bonheur au Théâtre municipal de Tunis pour encore danser, avant la clôture de la saison artistique et culturelle les 29 et 30 juin. Mais cette fois-ci, tout l’honneur est à la guitare et à ses cordes.


La chaleur de fournaise qui a écrasé Tunis, dimanche dernier, n’a pas empêché les amoureux de la danse classique (venus en très grand nombre), de se déplacer jusqu’à la Bonbonnière pour assister à ce que font les 160 danseuses (parmi lesquelles deux ou trois danseurs hommes à qui on demande de nous excuser) de l’Ecole «Serguei Diaghilev», compositeur  russe né au 19ème siècle et mort en 1953, très apprécié pour les ballets et l’art de la chorégraphie.


Le décor fait avec beaucoup de recherche et baigné tantôt dans une atmosphère de lumières tamisées, tantôt dans des couleurs claires ou follement embrasées, changeant avec le design selon la séquence et son évolution émotionnelle.


On passe d’un tableau à un autre comme on feuillette un album d’amour intense. La fréquence gestuelle nous a mis sur les pages volantes de ce beau livre fétiche de Blanche-Neige et les sept nains. Un livre superbement bien construit et qui a bercé l’enfance de chacun et chacune par l’histoire d’une princesse attachante et pas comme les autres.


L’adaptation de Inna Bouchnak était «impec» et accrochante. Les élèves, de leur côté, ont été à la hauteur de leur prof, venue à l’âge de 25 ans à Tunis et qui dirige l’école après avoir appris l’art de l’enseignement de Anne-Marie Sellami (mère de Alia, Sooprano). Mais l’art de la danse, elle l’a dans les veines.


A 18 ans, elle est déjà danseuse professionnelle dans sa Bellarussie natale.


Que d’applaudissements et de crépitements dans la salle pour des tableaux faits pour le plaisir des yeux. Chaque tableau (comme un hors-d’œuvre) invite les spectateurs pour d’autres encore plus appétissants. Et l’histoire de la princesse de nous graver par cette suite de couleurs, douceurs, grâces et de nous prendre comme complices.


Nous étions franchement fascinés par ces interprètes de 4 à 16 ans. Et captivés deux heures durant, voire trois sans voir le temps passer par le cortège de poésies qui a délicatement surfé sur scène et dans... nos esprits. Que du bonheur, du bonheur et du bonheur, du pur bonheur.


Cette école «Serguei Diaghilev» fait aujourd’hui la fierté du Centre Culturel russe de Tunis qui la chapeaute. Créée au crépuscule du siècle dernier avec Irina Camaplina (aujourd’hui en Espagne), l’école nous offre chaque année un pétale nouveau de sa floraison et toujours avec des couleurs nouvelles et des touches expressives à souhait avec un travail assidu sur le corps, le décor et les lumières. Comme un vrai théâtre dansant ou une chorégraphie théâtralisée (à vous de choisir ce qui vous plaît).


Merci à Inna, à Olga qui veille sur les petites de 4 à 5 ans, à Bahram (une star dans le théâtre et le cinéma), au Centre culturel russe et surtout, un flot de bisous à toutes ces «petits-choux» d’amour.


 


Zohra ABID




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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com