Jacques Pérez : Sidi Bou, au bout du rêve !





Sur les collines enchanteresses de Sidi Bou Saïd, le photographe Jacques Pérez a saisi quelques fragrances de ce village singulier. Muse incontestable des poètes, écrivains et autres peintres…, Sidi Bou Saïd est le cœur battant d’un monde joliment présenté à travers l’objectif de cet artiste sur les cimaises de la Galerie Ammar Farhat jusqu’au 5 juillet.


Derrière l’actuelle exposition de l’artiste photographe Jacques Pérez, il y’a toute une histoire de passion et de patience. Dans un monde riche en poésie, ce photographe a évolué donnant corps à des négatifs où les histoires se croisent et s’entrelacent, faisant de ces instants éphémères des moments inoubliables. Poète dans l’âme, cet artiste a sillonné la Tunisie en quête de quelques secrets d’un charme caché, mettant à nu des trésors intarissables. Dans la réalité, cet amoureux de la photographie s’est plongé pour écrire cette ode d’amour pour ce lieu de mémoire et pour raconter des histoires tissées derrière les buissons des fleurs et des jardins, dans les ruelles serpentées où se marient, harmonieusement,le bleu et le blanc. Sur les murs de la galerie Ammar Farhat, Jacques Pérez a exposé une vingtaine de photos qui ont été prises entre 1971 et 1973.
Intitulée simplement «Sidi Bou Saïd», cette exposition est un retour sur quelques fragments du passé…une autre écriture de l’histoire et du vécu de ce mystérieux village tunisien. Le regard poétique, Jacques Pérez a erré d’une rue à une autre pour photographier des coupoles qui dialoguent avec un ciel brumeux, des silhouettes qui rappellent le théâtre d’ombre chinois, des yeux souriants d’une jeune qui observe discrètement la rue derrière son moucharabieh…
«Comme vous voyez ce sont les gens qui m’intéressent…des gens simples qui sont une composante essentielle de ce lieu et qui font d’ailleurs le charme de Sidi Bou Saïd», commente Jacques Pérez, qui a été sur les lieux, pour rencontrer les visiteurs de la galerie Ammar Farhat. Entre ses photographies qui remontent à plus d’une vingtaine d’années, notre photographe s’est installé confortablement sur son siège, feuilletant le projet d’un livre sur Sidi Bou Saïd. Un projet qui a été au centre d’un débat lancé le jour du vernissage.
«Le projet de ce livre intitulé «Sidi Bou Saïd» est fin prêt. Nous avons beaucoup travaillé sur ce projet et nous espérons qu’il sera pour bientôt sur les rayons des librairies», nous a expliqué l’artiste. Dans ce beau livre encore en gestation et qui sera édité par «Dunes éditions», on peut identifier plusieurs signatures qui ont partagé avec Pérez cette délicieuse vadrouille dans les rues tortueuses et le charme enchanteur de Sidi Bou Saïd. De forme carrée, cet ouvrage porte la signature de Leila Ladjimi Sebaï pour les textes, Jacques Pérez pour les photos et Frédéric Mitterrand pour le prologue. «C’est encore un projet», insiste le photographe, en croquant quelques biscottes. Pour la galeriste Aicha Gorgi M’rad, l’exposition de Jacques Pérez est un grand événement surtout que ce maître n’a pas exposé en Tunisie depuis 1997.
«J’ai été sur plusieurs projets. Comme vous savez le monde de la photographie est un peu différent de celui de la peinture. Le peintre est invité toujours à s’engager dans des expositions pour vendre ses œuvres et pouvoir continuer. Quant au photographe, l’histoire prend une autre tournure…surtout si son travail est sollicité», a-t-elle précisé.
Avec chaque photo, l’artiste photographe fait l’éloge de Sidi Bou Saïd d’une façon différente où la poésie se dégage de chaque regard et chaque prise de vue…laissant surgir ce poète dont les poèmes ont attiré l’attention de Jean Cocteau, il y’a plus d’un demi siècle. Aujourd’hui, photographe et poète cohabitent faisant de Pérez un maître…un artiste accompli.


Imen ABDERRAHMANI




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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com