Des ex-militaires chiliens mercenaires en Irak





Le Quotidien-Agences


Selon l'ONU, bon nombre des vingt mille mercenaires qui opèrent en Irak sont d'ex-militaires latino-américains. Parmi eux, au moins mille anciens officiers chiliens recrutés par l'entreprise américaine Blackwater dans d'étranges conditions.


En 2003, le Chili a refusé de soutenir l'invasion de l'Irak. Pourtant, depuis quatre ans, plus de mille anciens soldats et officiers de l'armée chilienne y ont combattu ou ont participé à des missions de sécurité. Ces Chiliens constituent le deuxième contingent militaire, en effectifs, après les Américains. Le contractant est la filiale chilienne de la société américaine Blackwater et a des contacts avec d'anciens pinochetistes, la marine des Etats-Unis et la CIA.


En octobre 2003, le journal chilien La Tercera a publié une annonce de Red Táctica, filiale chilienne de Blackwater, qui recherchait d'anciens officiers "de préférence des forces spéciales, maîtrisant l'anglais". Il s'agissait, comme la société l'a expliqué plus tard, d'effectuer des missions de consultants portuaires. Mais le président de Blackwater, Gary Jackson, a tenu un autre discours au quotidien britannique The Guardian. "Nous recherchons des professionnels partout dans le monde, a-t-il expliqué. Or les commandos chiliens sont très professionnels, ils s'adaptent bien au système Blackwater."


Ce système est simple. Il consiste à recruter des soldats du tiers-monde à la retraite, à les entraîner dans leurs propres pays – parfois même avec l'aide des forces armées locales –, puis à les placer comme agents de sécurité privés dans des lieux à haut risque, telles les ambassades occidentales ou les bases militaires étrangères en Irak.

Au Chili, ce mode de recrutement a été découvert en 2003, lorsqu'une centaine d'officiers à la retraite ont été engagés pour effectuer des missions de surveillance en Irak et en Afghanistan. D'après des plaintes qu'examine actuellement la justice militaire, ces hommes ont été entraînés au Chili, avec des armes légères qui leur auraient été fournies par des militaires d'active. Un millier d'anciens soldats chiliens auraient ainsi travaillé dans la sécurité privée en Irak.


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com