Le rendez-vous de la dernière chance





Le conflit  de Nahr al-Barad qui oppose, depuis deux mois déjà, l’armée libanaise aux rebelles islamistes de Fatah al-Islam a aggravé l'instabilité du Liban.
Un Liban qui traîne malheureusement ses heurts et ses malheurs comme Sisyphe son rocher et qui ne semble pas prêt à connaître le bout du tunnel.
C’est  que, un an après le bras de fer sanglant ayant mis aux prises Israël et le Hezbollah, la crise politique sans précédent menace de déchirer une nouvelle fois le pays où la reconstruction progresse lentement. Le gouvernement de Foued Siniora et l’opposition libanaise, dirigée par le Hezbollah,  qui constituent les deux principaux protagonistes de cette crise, campent toujours sur leur position et ne semblent pas prêts à lâcher du lest. Dieu seul sait sur quoi va déboucher cette situation d’impasse qui ne prédit rien de bon et qui reprend du poil de la bête et gagne en intensité au gré des interférences des grandes puissances. Le pays du Cèdre est victime en fait d’un sinistre jeu d’influence dans ce Proche-Orient de toutes les tensions, qui fait l’objet de convoitises bassement hégémoniques et stratégiques.
C’est  dans ce contexte marqué par une incertitude extrême que se tient ce week-end, à l’initiative de la France, la conférence interlibanaise. Cette rencontre informelle, prévue au château de La Celle-Saint-Cloud dans les Yvelines, verra la participation de représentants des forces politiques libanaises, dont le Hezbollah, pourtant qualifié d'organisation «terroriste» par le Président français Nicolas Sarkozy. Le chef de l'exécutif de l’Hexagone, qui a visiblement tenu à ne pas mettre à l’écart un interlocuteur-clef dans la vie politique au Liban, fait preuve de pragmatisme. Bien qu'il ne faille s’attendre à des résultats tangibles qui pèseront de manière positive sur le cours des événements, cette rencontre a le mérite et non des moindres de mettre les principaux protagonistes autour d’une table de négociations et de reprendre langue. Et c’est toujours ça de gagné, car il est évident que les responsables libanais, toutes mouvances politiques confondues, ont un besoin ardent et urgent, aujourd’hui, de communiquer et d’évoquer, loin des passions exacerbées, tous les différends qui les opposent en vue d’un règlement pacifique et concerté de cette crise. En cela, l’initiative de la France revêt un intérêt certain, mais c’est aux hommes politiques libanais de saisir la balle au bond pour maximiser les chances de réussite de ce rendez-vous éminemment important. Ces mêmes politiciens ont aujourd’hui le devoir moral de ne pas sombrer dans la recherche d’intérêts strictement personnels afin d’exorciser les démons d’une nouvelle guerre civile aux conséquences désastreuses pour le pays. Le Liban, dans sa pluralité ethnique et confessionnelle, ne peut supporter en effet les affres d’une nouvelle déchirure qui fait peser une lourde menace sur son intégrité et sa stabilité...

Chokri BACCOUCHE




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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com