Liban – Nahr al Bared : Les combats s’intensifient





Les islamistes tirent des roquettes sur plusieurs secteurs habités


 


Le Quotidien - Agences


Intensifiant les combats qui les opposent depuis deux mois à l'armée, les rebelles islamistes du Fatah al Islam ont tiré des roquettes Katioucha sur des villages situés autour du camp de réfugiés palestiniens de Nahr Al Bared, dans le nord du Liban.


Selon les milieux de la sécurité, les djihadistes inspirés par Al Qaïda ont procédé à une bonne dizaine de tirs de roquettes de 107 mm sur plusieurs secteurs habités, faisant des dégâts matériels mais pas de victimes.


Les combats entre l'armée et le mouvement islamiste, dont le dernier carré est retranché dans les étroites ruelles du camp, ont fait 214 morts. Ce sont les troubles intérieurs les plus graves au Liban depuis la guerre civile de 1975-1990.


Deux soldats ont été tués hier dans les combats qui opposent l'armée au Fatah al-Islam et un militaire blessé la veille a succombé, ce qui porte à neuf le nombre de soldats tués en deux jours.


Avant-hier, l'armée avait perdu six soldats et plusieurs dizaines d'autres


avaient été blessés lorsque de violents combats avaient repris autour du camp,


où sont retranchés depuis le 20 mai les islamistes du Fatah al-Islam.


Selon des témoins, des unités d'artillerie et des chars de l'armée continuaient à bombarder le camp, où les activistes ripostaient par des tirs de roquettes et des coups de feu isolés. Trois soldats au moins ont été blessés.


Une fumée noire et grise s'élevait des bâtiments du camp, dont la plupart ne sont plus que ruines.


Ces combats étaient les plus féroces depuis que le ministre libanais de la Défense a déclaré, le 21 juin, que le plus gros des combats avait cessé à Nahr al Bared après la chute des positions tenues par les activistes en bordure du camp.


Un accord conclu en 1969 interdit aux forces libanaises d'entrer dans les camps de réfugiés palestiniens. Le parlement libanais l'a annulé au milieu des années 1980, mais il reste en partie appliqué dans les faits. L'armée s'est pourtant résolue à l'enfreindre pour déloger les activistes qui refusaient de se rendre.


Le groupe dit n'entretenir aucun lien structurel avec Al Qaïda, mais il reconnaît partager son idéologie.


Certains de ses membres - principalement libanais, palestiniens, syriens et saoudiens - ont combattu en Irak et, selon des sources proches des services de sécurité, une dizaine de Saoudiens figurent parmi les activistes tués.


Le conflit de Nahr al Bared a aggravé l'instabilité du Liban, où des attentats perpétrés à Beyrouth et dans ses environs ont accentué la crise politique qui sévit depuis huit mois. En outre, le pays ne s'est pas encore remis de la guerre qui a opposé l'été dernier Israël au Hezbollah.




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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com