Les jeunes et le savoir : Un passeport pour l’avenir…





Le chemin des études est ouvert pour tous. C’est grâce aux études, qu’un jeune peut aspirer à un avenir serein. C’est également les études qui garantissent aux jeunes de faire des pas sur le chemin du savoir. Les uns sont persuadés que les études sont leur seule alternative pour un avenir sûr. Les autres pensent que les études seules ne suffisent pas. Que représentent justement les études et le savoir pour la jeune gens ?


 


Tunis- Le Quotidien


A priori, les élèves et les étudiants qui ont des parents éclairés, instruits et aisés, se retrouvent tout bonnement sur la bonne voie du savoir. Ils vivent depuis leur naissance dans une atmosphère saine et équilibrée et cela se reflète positivement sur leur scolarité. Généralement, ces jeunes là prennent le temps qu’il faut pour étudier et parvenir au bout de l’échelle. En revanche, ceux qui ont des difficultés familiales ou financières, se sentent mal et sous pression. Ils pensent qu’ils n’ont pas leurs places parmi les élèves studieux. Un comportement qui même s’il nous pousse à croire que ces élèves sont irresponsables, cache une grande amertume, une souffrance et une grande inquiétude quant à leur avenir. Ils ont besoin de suivre le chemin le plus court pour en finir avec les soucis d’argent. Les résultats scolaires et le savoir leur importent peu. Ils se sentent défavorisés et cela se répercute sur leurs rendements scolaires. Chez cette catégorie, nombre de jeune gens, considèrent le parcours scolaire trop long et totalement imprévisible. Ce qui compte le plus pour eux, c’est qu’ils parviennent à changer de conditions de vie et le plus vite sera le mieux. Dès lors, ils cherchent une voie plus courte qui leur garantira de faire fortune. Les études représentent pour eux une  vraie corvée. Ils y restent seulement parce que leurs parents les obligent à le faire. Ils croient également que le fait de continuer à aller à l’école n’est qu’une perte de temps dans la mesure où ils sont incapables d’améliorer leurs résultats. Ils préfèrent quitter l’école pour chercher de nouvelles perspectives. Mais certains sont contraints d’aller à l’école puisqu’ils n’ont aucun penchant pour les arts ou les métiers. D’autres en revanche trouvent que leurs études demeurent leur seule alternative pour évoluer dans la vie, pour réaliser leurs objectifs et atteindre un statut social digne. Ils considèrent les études comme un moyen pour garantir un avenir professionnel assez serein et une culture générale respectable. Toutefois, nombre de jeunes gens, dont essentiellement les adolescents, peuvent négliger leurs études sur un coup de tête…A mi-chemin, ils laissent tout tomber et décident de rompre avec les études. Une décision qui représente un vrai tournant dans leur vie et qui leur semble la plus adéquate pour se faire de l’argent et dans les  plus brefs délais !


 


Habiba, bachelière de 18 ans, est une élève studieuse. La jeune fille pense que les études représentent des pas sur le chemin du savoir. Un savoir qui lui permettra de se sentir indépendante, autonome, instruite et utile. «Nous ne pouvons plus de nos jours accepter que quelqu’un soit intellectuellement limité. Le savoir est à la portée de tous ! Comment peut-on aspirer à une place respectable au sein de la société si notre niveau d’instruction est très modeste et si nous avons un esprit obtus ? Les occidentaux sont en train de faire des pas de géants sur le chemin du savoir. Si l’on veut marcher sur leurs pas, cela ne se réalisera pas en copiant leur look, en circulant le nombril en l’air ou en se perçant les sourcils ! Il faut que le savoir fasse partie de notre priorité la plus absolue. Il est vrai que certains rêvent de faire fortune et il suffit qu’ils détectent un certain don ou un talent pour qu’ils lâchent leurs études et partir en quête de la richesse ! Je ne suis pas contre le fait qu’on laisse ces dons s’épanouir, mais cela ne doit jamais se faire au dépens des études. On peut toujours devenir le gagnant de la Star’Ac sans rompre ses études. Il faut comprendre que les artistes doivent être les personnes les plus cultivées parce qu’ils sont les ambassadeurs de leurs pays là où ils vont. Comment va-t-on les regarder s’ils ne savent même pas formuler une seule phrase correcte», se demande-t-elle.


 


Myriam, bachelière de 19 ans, est également une élève studieuse. Elle met ses études à la tête de ses priorités. «Contrairement à ce que pensent certains jeunes très limités et très matérialistes, je crois que le savoir vaille la peine de patienter et de faire des efforts. Je suis foncièrement contre le fait que l’on rompe avec les études soi-disant pour prendre le chemin le plus court pour avoir de l’argent. Si l’on a un don pour le chant, pour le foot ou autre, on peut le cultiver tout en continuant à étudier. D’ailleurs j’aimerai tant que ces domaines n’acceptent que les jeunes qui ont un haut niveau d’instruction pour les obliger à continuer leurs études. L’un n’empêche pas l’autre. Pourquoi la majorité des footballeurs laissent-ils tomber les études ? Certes, ils ont beaucoup d’argent et ne sentent plus la nécessité de se casser la tête, mais ne pensent-ils pas qu’ils auront honte lorsqu’ils vont avoir affaire à des gens instruits ? Une personne non instruite restera vide même si elle a beaucoup trop d’argent», dit-elle.


 


Inès, 20 ans, trouve qu’un être humain appartenant à notre siècle ne peut pas être respecté juste parce qu’il a de l’argent. Le niveau du savoir atteint est celui qui compte le plus. «Mes études sont ma raison de vivre. Sans savoir, je ne serai rien. Cela ouvre l’esprit, ouvre devant nous les horizons, nous apprend le savoir-vivre et nous permet d’être utiles et actifs. Ailleurs, on a bien compris l’importance du savoir et cela leur a permis d’être des pays développés et tant qu’il y a encore des jeunes qui pensent encore à faire fortune en devenant joueur fusse avec QI très limité, on ne va pouvoir avancer ! Nous sommes l’avenir et cet avenir est impossible sans savoir ! D’ailleurs je rêve de faire des recherches scientifiques et pourquoi pas trouver le remède à des maladies jusque-là reconnues incurables. Pour réaliser cet objectif, je n’ai qu’un seul chemin à suivre : le savoir et puis nous n’avons plus d’alibi parce que l’information vient jusqu’à nous et les moyens de communication ne manquent pas. Tout ce que nous avons à faire, c’est d’ouvrir les yeux, d’être attentifs à tout ce qui se passe autour de nous et d’élargir notre cercle du savoir. L’argent, cela peut se faire en parallèle. Mais nous devons absolument être instruits, avoir un esprit ouvert et atteindre un degré estimable de savoir», dit-elle.


 


Hamza, 16 ans, ne partage pas le même avis. Le jeune homme pense que celui qui suit le chemin du savoir n’a pas un avenir aussi garanti. «Franchement, je voudrai tellement devenir riche et au plus vite. Le chemin scolaire et le cursus universitaire sont beaucoup trop longs. Et enfin de compte, nul ne peut garantir qu’il pourra réaliser ses rêves ! Certes, c’est important d’être instruit et éclairé, mais les études seules ne mènent pas loin. Je voudrais devenir footballeur international et au bout de cinq ans je peux gagner plus qu’un autre ayant un haut niveau d’instruction ne peut gagner en trente ans de travail. Si une telle opportunité s’offre à moi, je n’hésiterai pas une seconde et je me contenterai d’aller jusqu’au bac», dit-il.


 


Mohamed Safouane, 20 ans, trouve aberrant que l’on arrête ses études quelles que soient les conditions. «Je ne vois aucune raison qui pousse un être normalement conçu à arrêter ses études. Le savoir, c’est gratuit et c’est à la portée de tous ! Il faut bien en profiter pour gagner un rang respectable dans la société, acquérir du savoir-faire. Un être limité ne peut pas trouver de place. Même s’il a de l’argent, il doit essayer d’élargir ses connaissances continuellement. D’ailleurs, je trouve inconcevable que plusieurs jeunes ne lisent pas. Il faut toujours faire en sorte d’approfondir notre culture générale et d’être au courant de ce qui se passe autour de nous de par le monde. C’est le seul moyen de pouvoir aller de l’avant, rivaliser avec les pays développés et sortir du cercle vicieux du civisme», dit-il.


Abir CHEMLI




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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com