«Ouverture» : La symphonie de la paix à Carthage





Avant que Riadh Fehri et compagnie ne se produisent avec leur lot de notes, clés et autres mélodies d’ «Ouverture», spectacle de chant et de musique au programme du 16 juillet à l’amphithéâtre romain de Carthage et deux jours après à l’autre amphithéâtre d’El Jem, une conférence de presse a été donnée hier à l’Amideast pour donner une idée sur le nectar d’un travail de toute une année de par les pays du monde.


 


Pour résumer en un mot tout ce qui a été dit lors de la première rencontre avec un parterre de journalistes (après celle du programme, très attendue du 43ème Festival de Carthage donnée au dernier moment, il y a à peine trois semaines), c’est dire Ouverture.


Ouverture tout en musique — qui adoucit les humeurs —, et encore ouverture avec toutes ses connotations artistiques et surtout politiques.


Et le message est bien clair.


Car ce n’est pas par hasard, qu’au sortir du concert qui a eu lieu le 31 mai 2007 au Kennedy Center où il  y a eu le plein et jamais vu autant de monde depuis au moins vingt ans d’après la directrice de l’espace mythique, les murmures des gens de Washington et la presse des USA, qu’on a nommé notre Riadh Fehri national ambassadeur de la Tunisie musicale et de la paix dans le monde.


Ceci nous renvoie bien-sûr au chemin qu’a creusé le luthiste de Sidi Bou Saïd il y a seulement quelques années. «La musique de Riadh Fehri ne tire pas sa grammaire de la fraîcheur des salons, ni de la redondance du déjà entendu. Elle puise sa force dans les vents agités de la vie puis ramasse les émotions les plus puissantes pour les faire vibrer sur les instruments du monde...», lit-on dans la note de presse. Et de lire encore qu’il «n’est pas besoin d’être mélomane pour vivre cette musique. Il suffit d’y prêter l’oreille en toute humanité.


C’est ce qu’on a vu exactement dès le départ. D’ailleurs, ,«Le Quotidien» s’est rendu déjà au conservatoire de musique de Sidi Bou, a suivi les répétitions et en a même tiré un reportage.


C’est une histoire qui remonte à trois bonnes années de travail, de recherches et de trouvailles avec les monstres sacrés de la musique du monde.


 


Musiques du monde


Après «Kantara», «Le Minaret et la Tour», «Vents 440», Riadh s’est entouré comme toujours de musiciens de diverses nationalités et sensibilités pour monter son spectacle «Ouverture». Un spécial 2007. Une pièce bourrée de bonnes notes et intentions, garnie de messages de tolérance et enrobée de paix, biffant ainsi toutes les frontières et à partir des différences, il y a cet appel à l’enrichissement et à l’harmonie. «C’est autre chose et ça a pris toute année pour le faire. C’est un air nouveau et ce n’est pas du tout comme celui du 25 juillet de Carthage 2006 avec l’orchestre symphonique de Vienne», nous a confié Riadh Fehri après la conférence de presse.


Bien sûr, on s’attendait déjà à autre chose avec les Italiens qui ont accueilli noblement chez eux notre artiste et ses «potes» d’amour et programmé quelques morceaux de ses compositions la veille de Noel 2006 sur Raï Uno.


Ces mêmes voisins Italiens ne veulent plus «lâcher d’une semelle» notre Fehri et trouvent que c’est une chance de le découvrir et de travailler avec lui.


Pour le spectacle «Ouverture», la balade se profile heureuse avec son bol d’oxygène. Et il y aura de tous les airs et de toutes les variations et «la bonne dose vient des couleurs de la Méditerranée», nous annonce-t-on.


«J’essaie de construire des ponts. Au début, c’était avec l’Espagne, puis mes travaux se sont prolongés jusqu’aux USA. Ensuite, me voilà circulant avec les Siciliens. Qui sont nos voisins les plus proches et mon pont actuel est à seulement 200 km», raconte Riadh Fehri avec poésie, métaphore et fierté maîtrisée.


«Les gens du monde apparemment se retrouvent et apprécient le bonheur de ces fusions», ajoute-t-il avec le large sourire de la satisfaction. Et de continuer qu’avec lui, cette fois-ci, ils seront 54 Italiens et 12 du monde entier, y compris la Tunisie.


 


Hymne à la vie


Outre l’orchestre symphonique sicilien, considéré le second après celui de Rome et le seul orchestre à être dirigé dans les années 1950-60 par le démon des maestros, Stravinski, il  y aura notamment de l’Argentine, de la Chine, de l’Allemagne, des USA...


Comment avez-vous rassemblé tout ce beau monde ? Réponse de la tête de file : «C’est un travail fou. C’est comme un puzzle pour arriver à harmoniser toutes les pièces dans un ensemble qui se respecte et à la hauteur de la mission...».


Lundi au soir, il y aura donc sur scène Pedro Eustache (flûte), Mary Ellen Simpson (violon), Brennan Gilmore (guitare), qui revient de son Amérique du Nord avec permission artistique, Zaek Blatter(contre-basse), l’Allemand David Kuckhermnn aux percussions et bien d’autres de chez nous et de cet orchestre symphonique sicilien «qui jouera sous la houlette et la baguette magique de l’Argentin Fernando Alvaez», précise Riadh Fehri qui était entouré notamment de Enzo Guizzetta, président de la Fondation de l’Orchestre  symphonique de la Sicile, créée en 1951, et qui est venu il y a dix ans à Tunis pour promouvoir l’art musical  de sa région. Une région proche de nous et ses habitants ont le même tempérament méditerranéen que nous.


A leur côté, il y a les responsables de l’Institut culturel italien et Lee Jennings, l’homme de poids lourd à Amideast, qui est une association non gouvernementale et qui sponsorise Ouverture. Comme vous voyez, les objectifs de Fehri sont les notres. Nous voulons être proches au  moins culturellement des gens et nos ambitionnons ériger les ponts de la compréhension et de la cohabitation heureuse. Depuis «Le Minaret et la Tour», Kantara... l’ambassade des USA a accordé des bourses pour 100 jeunes lycéens de Sidi Hassine afin d’apprendre l’anglais. De février à mai, ils ont fait 40 heures. Quatre vingt-dix de ces jeunes sont déjà sur la liste de juillet. Nous allons prendre en bus à partir de chez eux ces élèves pour qu’ils ne ratent pas le spectacle d’ «Ouverture».


Tout comme les autres 22 lycéens rentrés récemment des USA après un séjour d'une année et qui sont invités à passer avec les 15 autres qui vont partir,  eux aussi, séjourner une année aux USA dans le cadre du programme Yes (Youth Exchange and Study) en collaboration avec le ministère de l’Education et de la Formation.


Pour ce, l’Amideast leur propose un bus, en compagnie de journalistes désirant couvrir l’événement du lundi chez Didon, terre de paix, de chant  et de musique d’amour.


 


Zohra ABID




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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com