Quelques pansements ne guériront pas le mal





Une deuxième réunion entre Olmert et Abbas en moins d’un mois a eu lieu hier. C’est, fait unique, la première fois qu’on enregistre autant de rencontres entre des dirigeants palestiniens et israéliens.


Un rapprochement qu’on ne peut, à première vue, que saluer tant le peuple palestinien et tout le monde arabe espéraient, jusque là en vain, de voir se dénouer un jour cette crise devenue au fil des années une plaie qui ronge toute la planète.


Mais peut-on vraiment être optimiste ?


Pour pouvoir répondre à cette question, il faut d’abord la mettre dans son contexte. Il faut, en effet, avoir à l’esprit que jamais Israël n’aurait accepté de se trouver autour d’une table avec le gouvernement Fatah mené par Abbas s’il n’y avait pas eu la prise de pouvoir de Gaza par le Hamas.


De ce point de vue, ce n’est donc pas une réelle volonté de paix qui anime les Israéliens mais plutôt une volonté  d’écraser le Hamas avec, s’il le faut, l’aide du Fatah.


D’ailleurs, rien de concret n’a été proposé hier par Olmert pour trouver une solution durable pour la fin de l’occupation des territoires palestiniens.


Il est vrai qu’il y a eu le déblocage d'une partie des fonds dus à l'Autorité palestinienne. Il y a eu aussi la libération de quelque 250 prisonniers palestiniens du Fatah ainsi que le renoncement à la poursuite de 180 autres militants recherchés par ses services de sécurité en échange de leur engagement à déposer les armes.


Des mesures qui visent à renforcer la position de Abbas face à Hamas mais qui ne sont au fait qu’un trompe-l’œil puisque aucune des exigences pressantes des Palestiniens, formulées par le gouvernement Fayyadh, n’a été satisfaite.


Ce dernier a, à ce propos, pressé hier Israël d'engager des pourparlers de paix avec les Palestiniens et de ne pas se borner à des mesures d'allégement de l'occupation qui seraient, selon lui, une erreur «pathologique».


On ne peut, en effet, soigner un mal profond en mettant quelques pansements sur des égratignures superficielles. Un constat qui semble être assimilé par les Palestiniens qui savent qu’on ne peut réellement éluder le clivage qui mine les relations entre les frères ennemis sans la création d’un Etat palestinien viable sur des terres bien tracées et libres de l’occupation militaire israélienne.


M.A.B.R.




Articles Similaires:



Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com