Nancy Huston : Les blessures de l’Histoire en «Lignes de faille»





Nancy Huston, romancière et essayiste canadienne, est l’une des figures de proue de la littérature française. Auteur prolifique, elle a à son actif une douzaine de romans écrits depuis les années quatre-vingt. Le dernier en date,


“Lignes de faille”, vient tout juste de recevoir le prestigieux prix “Femina 2007”.


 


Bien avant, “Instruments des ténèbres” a  reçu en 1996 le prix Goncours des lycéens et le prix du Livre Inter, et l’ “Empreinte de l’ange” en 1998, le Grand prix des lectrices de Elle.


“Lignes de faille” est salué comme l’un des livres les plus importants de la carrière de l’auteur.


Il s’agit aussi d’une œuvre très personnelle où l’auteur lève le voile sur une page de l’histoire jusque-là inexplorée.


L’auteur publie en effet un roman où se dessine en trame de fond les blessures causées par la guerre.


Nancy Huston renoue avec le passé dans un rapport extrêmement complexe car il met en jeu quatre générations d’une seule famille ayant vécu entre l’Allemagne et les Etats-Unis.


A chaque fois, les pages de l’histoire sont racontées par des enfants narrateurs. “Sol” et né en Californie en 2004 pendant la période de la guerre du Golfe. Randal, le deuxième enfant narrateur, le père de Sol est né en 1982 aux Etats-Unis, Sadie, la grand-mère en 1962, Kristina (Erra) en 1944.


A travers l’histoire de ces enfants narrateurs, l’auteur pose les questions de l’identité, de la mémoire et de l’exil.


L’auteur  se gausse notamment de certains aspects de la politique de guerre américaine, des manières de penser de l’occupant israélien.  Le tout est livré dans un langage saugrenu qui en cache un autre, écrit sans compromis.


Des tableaux abominables nous rapportent les affres de la guerre en Irak et la terreur de la machine de guerre américaine sans foi ni loi.


L’auteur nous invite à revisiter une page de l’histoire tout autant pénible en 1940/1945 avec un vaste programme de “germanisation” où plus de deux cent mille enfants furent volés en Pologne, en Ukraine  et dans les pays baltes en vue de les suppléer aux pertes allemandes dues à la guerre. “Ceux qui avaient atteint l’âge scolaire furent envoyés dans des centres spéciaux pour y subir une éducation “aryenne”; les plus petits, y compris de très nombreux bébés, transitèrent par les centres Lebensborn (fontaine de vie - les fameux “haras” des nazis) avant d’être placés dans des familles allemandes”.


L’arrière grand-mère Kristina (Erra) fait partie de cette génération d'enfants.


L’auteur a dressé une représentation de quatre générations d’enfants ayant des psychologies complexes et des visions différentes vis-à-vis de l’actualité du monde, pendant quatre dates charnières.


Dans un article publié au “Nouvel Observateur”, “Ligne de faille” a été qualifié comme étant un livre de sagesse plein d’échos répercutés, de sanglots retenus, un récit obsédant qui ne commence pas à la première page et ne s’achève pas à la dernière, mais continue à vous tourmenter longtemps, et dont les personnages pourraient bien s’immiscer dans vos rêves”.


 


M.B.G.




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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com