50ème anniversaire de la République : La Tunisie sur la voie de l’excellence





Cinquante ans de République, cinquante ans de citoyenneté agissante et responsable pour la consolidation des valeurs du régime républicain.


Il aura fallu un engagement inlassable et continu de toutes les forces vives de la nation pour l’instauration d’un Etat moderne  et ouvert.


La jeunesse d’aujourd’hui récolte les dividendes de cette œuvre inlassable, marquée par des sacrifices certains et un altruisme sans équivoque de tous ceux qui nous ont précédés sur cette terre, plusieurs fois millénaire.


D’aucuns profitent aujourd’hui des acquis accomplis aux prix parfois de lourds sacrifices. Les résultats sont évidents et manifestes dans les domaines de l’éducation, de la santé, de la participation de la femme dans le processus de développement, pour ne citer que ces exemples.


M. Abdallah Labidi, ancien diplomate et consultant en politique internationale analyse dans son intervention le concept de République et la démarche philosophique qui a abouti à la naissance d’une République cohérente et solidaire.Maître Lotfi Chemli, avocat à la cour de cassation et consultant international, met, quant à lui, en exergue les batteries de réformes législatives accomplies  durant les 50 ans de la République.


L’économiste et statisticien Hassen Zargoun, dresse pour sa part, le bilan des relations entre la République et le citoyen, une relation qu’il qualifie, à juste titre, de donnant-donnant. Une belle et significative métaphore.


M. Hachemi Ammar, DG du support communicationnel de renommée, le Webmanagercenter, a choisi de parler de la République «branchée» en mettant l’accent sur les incitations qui ont permis de placer la Tunisie dans une position respectable sur les plans des TIC.


M. Hassen Mezouar,  DG de tunisieaffaires, a parlé de la dualité inconditionnelle du droit et du devoir dans un «petit pays par sa superficie mais grandement ambitieux et actif».


Le bilan dans l’ensemble positif et devra être constamment revu et corrigé pour nous permettre de nous placer au diapason du progrès et demeurer toujours sur la voie de l’excellence.


Lotfi TOUATI


_______________________


 


Manifeste du Bureau Politique du RCD
Haute considération au Président Ben Ali pour sa détermination à consolider les acquis du peuple tunisien


 


A l'occasion de la célébration du 50ème anniversaire de la proclamation de la République, le Bureau Politique du Rassemblement Constitutionnel Démocratique (RCD) a publié, le manifeste suivant:


"Le peuple tunisien célèbre avec fierté et dans la ferveur le 50ème anniversaire de la proclamation de la République qui constitue un acquis national éternel dans l'histoire de notre peuple, riche en gloires et hauts faits.


A l'occasion de ce glorieux anniversaire national, le Bureau politique du Rassemblement Constitutionnel Démocratique présente au valeureux fils de la Tunisie, le Président Zine El Abidine Ben Ali, ses meilleurs voeux et ses chaleureuses félicitations, et lui exprime sa haute considération pour sa détermination à consolider les acquis de notre peuple et à préserver la mémoire nationale, ce qui est de nature à renforcer, chez les générations de Tunisiens et de Tunisiennes, le sentiment de fierté nationale pour les gloires de la Tunisie et leur faire prendre conscience de leur responsabilité dans la sauvegarde des acquis et des réalisations.


Le Bureau politique souligne l'importance historique de la proclamation du régime républicain dans le pays, qui a constitué, après l'obtention de l'indépendance, le pilier de soutènement de la souveraineté nationale et le meilleur appui à la liberté et à la dignité du peuple, ce qui lui a permis de s'engager sur la voie de la modernité et du progrès et d'exercer sa souveraineté sans tutelle, ni dépendance.


Le Bureau politique rend un hommage appuyé à la génération fondatrice de la République pour son rôle historique et décisif, et en particulier aux dirigeants et leaders, et en premier lieu le leader Habib Bourguiba, premier Président de la République.


Tout en réaffirmant sa fierté pour le rôle effectif d'avant-garde de notre prestigieux parti dans la concrétisation de cet acquis national d'envergure, le Bureau politique salue de nouveau les efforts déployés par des générations successives de Tunisiens et de Tunisiennes pour consolider les assises et les attributs de l'édifice républicain.


Le Bureau politique tient à mettre en exergue le le historique de salut public joué par le Changement du 7 Novembre pour sauver la Tunisie et les Tunisiens et réhabiliter le régime républicain, ses valeurs et son prestige, comme l'a annoncé la déclaration historique fondatrice de l'Ere nouvelle de la Tunisie.


Le Bureau politique exprime au Président Zine El Abidine Ben Ali sa sincère gratitude et sa très haute considération, pour ses nobles actions, les sacrifices consentis et sa détermination à prendre les initiatives et les mesures avant-gardistes visant à ancrer les fondements du régime républicain et à diffuser les valeurs de la République à la faveur d'une approche réformatrice globale où se complètent les dimensions politique, économique, sociale et culturelle.


Le Bureau politique se félicite, une fois de plus, de l'élan réformateur soutenu engagé par le pays pour promouvoir la vie politique, édifier la société de la démocratie, du pluralisme et des droits de l'homme et consacrer l'Etat du droit et des institutions.


Le Bureau politique souligne l'importance majeure de l'amendement de la constitution qui a constitué une étape avancée de cette réforme et a été la pierre angulaire de l'édification de la République de demain, à laquelle aspire le Président Zine El Abidine Ben Ali en tant qu'illustration du progrès, de l'évolution et de la prospérité de notre peuple.


Le Bureau politique exprime sa profonde considération au Président de la République pour son attachement constant à la diffusion des principes et valeurs de la République, à travers le dispositif éducatif et culturel national, en vue d'enraciner le civisme, l'Etat du droit et la culture de la modération et de la tolérance.


Le Bureau politique exprime sa profonde fierté du climat de sécurité et de stabilité qui prévaut dans la Tunisie du 7 Novembre ainsi que pour le haut degré de prospérité et de développement atteint, à la faveur de la pertinence des choix de développement et de la complémentarité des dimensions économique et sociale et grâce à la politique de solidarité avant-gardiste qui a renforcé la cohésion des composantes de la société, assurant ainsi à la République sa force, son invulnérabilité, sa prospérité et son rayonnement.


Le Bureau politique se félicite de l'attention particulière accordée par le Président Zine El Abidine Ben Ali à la jeunesse, et sa volonté d'ancrer en elle le patriotisme et les valeurs de la République, de l'éduquer dans l'allégeance à la Tunisie et à elle seule, et à de lui faire prendre conscience de l'importance de sauvegarder les acquis de la République et de défendre son intégrité.


Le Bureau politique met en exergue le rôle historique avant-gardiste du Chef de l'Etat dans la consolidation des acquis de la femme tunisienne, le renforcement de sa place au sein de la famille et de la société, la dynamisation de son rôle dans la vie publique et son promotion du stade de l'égalité à celui du partenariat, en concrétisation des valeurs et des principes de la République et afin que la femme tunisienne, qui a contribué activement à l'édification de la République, soit à l'avant-garde des forces oeuvrant pour la sauvegarde des acquis et l'ancrage des fondements de la République de demain aux cités des autres forces vives de la nation.


Le Bureau politique rend hommage au Président Zine El Abidine Ali pour la haute sollicitude dont il entoure l'ensemble des composantes de notre peuple, et en particulier, les Tunisiens résidant à l'étranger, partant du souci du Chef de l'Etat de raffermir leurs liens avec la mère-patrie pour qu'ils contribuent constamment à son progrès et à son développement, défendent ses intérêts et diffusent sa bonne image de marque parmi les nations.


Le Bureau politique exprime sa fierté de la considération et de l'estime dont bénéfice la Tunisie du Changement dans le concert des nations, à la faveur de ses positions modérées, de son attachement aux principes de justice et de légalité internationale, de sa détermination à faire régner la paix, la sécurité et la stabilité dans le monde, de son rejet de la violence, de l'extrémisme et du terrorisme et de son engagement pour le dialogue entre les cultures, les civilisations et les religions, en concrétisation de l'approche clairvoyante du Président Ben Ali en matière de relations internationales et de sa conception avant-gardiste d'un développement mondial solidaire.


En ce glorieux moment historique, où notre pays célèbre le cinquantenaire de la proclamation de la République, les Tunisiens et les Tunisiennes, à l'intérieur comme à l'extérieur du pays, et en premier lieu, les constitutionnels démocrates et les constitutionnelles démocrates, expriment leur fidélité, leur considération, leurs remerciements et leur gratitude au sauveur de la Tunisie et de la République, le bâtisseur de la République de demain, le Président Zine El Abidine Ben Ali, réaffirmant à son excellence leur grande reconnaissance pour les brillants acquis et les réalisations grandioses engrangés par la Tunisie et qui ont placé le pays sur la voie de l'édification civilisationnelle globale et de la construction de l'avenir.


Les constitutionnels démocrates et l'ensemble des citoyens tunisiens, à l'intérieur comme à l'extérieur du pays, réaffirment leur attachement à la personne du Président Zine El Abidine Ben Ali et leur adhésion à ses choix avant-gardistes et à ses sages orientations. Ils réitèrent leur appel au Chef de l'Etat à accepter de se porter candidat à l'élection présidentielle de 2009, pour garantir la poursuite du processus de réforme et de modernisation du pays et la consolidation des fondements de la République de demain afin de la hisser aux plus hauts niveaux.


Vive la Tunisie libre, invulnérable et à jamais indépendante,


Vive la République,


Vive le Président Zine El Abidine Ben Ali, grand Leader, protecteur des acquis et édificateur de la République de demain,


Vive le Rassemblement constitutionnel démocratique, parti du changement, du militantisme et de l'ambition".


 


_______________________


 


La conjoncture, ce 25 juillet ... Alive and kicking !


 


Tunis - Le Quotidien


Pile poil à l’occasion du Cinquantenaire de la République, le dernier Conseil d’administration de la Banque Centrale, avec ses mots sobres, ses expressions feutrées et ses chiffres sincères, vient de donner une image très nette de la santé économique de la Tunisie. Cinquante années après sa création, nous avons de quoi être fiers de la République.


Des mots magiques : “Le Conseil d’administration (de la BCT) a décidé de maintenir inchangé le taux d’intérêt directeur de la Banque centrale”. Pourquoi magiques ? Parce qu'ils signifient deux attributs majeurs qui valent leur pesant d’or : la bonne gouvernance et la stabilité.


Des attributs qui émergent particulièrement quand on sait que les temps sont durs. Sur le plan mondial, il y a une nouvelle flambée des prix des carburants, le maintien des prix des produits de base à des niveaux élevés et des niveaux records de l’euro vis-à-vis du dollar et du yen même si l’inflation continue à être maîtrisée et les perspectives de la croissance mondiale restent, dans l’ensemble, positives.


 


Devises et tourisme


Concernant l’activité touristique, les nuitées globales ont enregistré une augmentation de 0,8% durant le premier semestre de l’année en cours, en raison de la décélération du rythme de progression des entrées des européens limité à 0,9%.


Les recettes touristiques en devises se sont accrues de 9,9% jusqu’au 10 juillet 2007, pour atteindre environ 1.292 MDT. Exprimée en euro, l’augmentation se limite à 5,5%. Les revenus de travail ont également progressé, au cours de la même période, soit de 6,6% en dinars et de 2,4% en euros.


Les avoirs nets en devises se sont élevés, le 20 juillet courant, à 8.973 MDT ou l’équivalent de 148 jours d’importation, contre 8.237 MDT, à la même date de l’an passé. Bien au-delà de la limite “psychologique” des 3 mois.


 


Exportations en hausse, inflation en baisse


Au niveau des échanges commerciaux avec l’extérieur et selon les données disponibles jusqu’au 20 juillet courant, les exportations se sont accrues de 30,4% et les importations de 23,8%, en comparaison avec la même période de l’an passé.


Il en est résulté une amélioration du taux de couverture de 4,2 points de pourcentage, pour se situer à 81,9%.


L’augmentation des exportations a concerné tous les secteurs, surtout les industries mécaniques et électriques, l’énergie et le secteur du textile habillement et des cuirs et chaussures. Quant à l’accroissement des importations, il est dû, notamment, aux produits alimentaires, aux matières premières et demi-produits et aux biens d’équipement.


En ce qui concerne l’évolution des prix, le taux d’inflation s’est nettement replié, à fin juin 2007, pour revenir à 2,4% contre 4,6 au cours de la même période de l’année précédente. Quant à l’évolution du dinar sur le marché des changes, elle a dégagé, depuis le début de l’année et jusqu’au 20 juillet 2007, une dépréciation de 2,2% vis-à-vis de l’euro et une appréciation de 2,5% par rapport au dollar. Depuis le début du mois de juillet, le dinar a enregistré une quasi-stabilité par rapport à l’euro et une appréciation de 1,9% vis-à-vis du dollar.


On le voit, par les détails, que l’économie tunisienne est pleine de vie... alive and kicking comme diraient les anglo-saxons. Bien sûr, les facteurs exogènes nous invitent plus que jamais à une attention de tous les instants mais notre économie reste très réactive grâce, particulièrement, à la poursuite des réformes qui ne sont jamais arrêtées, surtout ces vingt dernières années.


Manoub Akrout


manoubi.akrout@planet.tn


_______________________


 


La République, un droit ou un devoir ?


 


* Par Hassen Mezouar, DG de Tunisie AFFAIRE


 


Cela fait 50 ans, jour pour jour, que le régime républicain en Tunisie fut proclamé. Mais pour des jeunes d'après l'indépendance, ceux là mêmes qui ne peuvent plus avoir une idée de l'occupation que par les récits et par rapprochement, pour eux, cela va de soi qu'il y ait un gouvernement tunisien et un parlement tunisien qui oeuvrent pour construire le pays et servir le peuple.


Ceux-là même dont je faisais partie, et qui se doivent se rendre à l'évidence : le moment est venu de saisir que la République n'était pas un droit. Mais un devoir… Un devoir envers les sacrifices immenses de générations entières et un immense devoir envers l'espoir de nos parents et, avant eux, leurs parents de voir leurs fils et petits fils vivre dans la dignité et l'indépendance.


La Déclaration de la République est l'instant qui a libéré le Tunisien du poids des traditions politiques qui considèrent le peuple comme un troupeau à léguer, et a restauré la confiance dans une société qui peut désormais croire en l'Homme.


Personnellement, cette date suscite en moi un sentiment de profonde fierté d'appartenir à ce petit pays par sa superficie, mais grandement ambitieux et actif. La naissance de cette conscience est survenue lors de mon séjour aux Etats-Unis où j'ai suivi mes études et, plus tard, travaillé comme pilote de ligne. Tout expatrié pourrait vous raconter une histoire différente de sa vie, mais tous s’accorderont pour vous dire que rien ne peut remplacer ce sentiment d'appartenance et d'adhésion au sort de sont pays. Et ce sentiment d'adhésion n'est pas simplement des attaches sentimentales, mais bien une intégration aux aspirations du pays, une caution pour sa réussite et une consécration des valeurs de sa patrie qu'on porte au fond de soi.


En tant que jeune homme d'affaires, j'ai reconnu, depuis le début de l'initiation des changements en Tunisie, cette ligne forte et sage qui a rejeté les expédients et s'est investie corps et âme dans une vaste opération de reconstruction de l'économie tout en restant fidèle aux valeurs de la république. Des valeurs qui font des élus et des élites de la Tunisie, le moteur de sa régénération et de son émergence. Qui font que les droits des femmes soient affirmés à coté de droits de l'homme dans un cadre consistant et exalté.


C'est cette République et cette Tunisie fortifiée dans ses valeurs et sa tempérance, qui a adopté l'ouverture et l'intégration dans l'économie mondiale contre vents et marées et qui est parvenue à recueillir la reconnaissance mondialement, est ma source de sérénité.


A l'occasion de cette Fête, j'en appelle à mes concitoyens et à nos expatriés à redoubler d'efforts et à ne pas se garder de cotiser aux efforts acharnés de la Tunisie pour émerger et prendre part active dans ce monde où devenir dépossédé de sa souveraineté comme en Iraq est extrêmement affligeant du fait de l'exclusion que doivent sentir les citoyens au sein de leur propre pays.


_______________________



La République : des institutions au service de l’Homme


 


* Par Abdallah Labidi, consultant en relations internationales


 


Le concept de République s’inscrit depuis l’aube des temps modernes dans les efforts de tâtonnement de l’Homme de trouver une forme de gouvernement aussi humaine que possible qui puisse subordonner les efforts individuels et collectifs, les sacrifices et l’exercice du pouvoir aux nécessités de la conduite de la vie en communauté.


La proclamation de la République en Tunisie, le 25 juillet 1957, a répondu à des besoins et à un rêve qui se sont installés dans le sillage de la lutte pour l’émancipation de l’homme tunisien, génération après génération. Cette proclamation n’aurait jamais suscité tant d’intérêt si son avènement ne comportait pas une très forte présomption de justice, de prospérité, de souveraineté et de paix à l’intérieur de nos frontières et à leurs périphéries.


Pour expliquer la République, les jurisconsultes s’activent ces derniers jours à mobiliser les docteurs du domaine, de la Grèce ancienne, de Rome et d’ailleurs alors que l’un des nôtres puisqu’il s’agit de Ahmed Ibn Abi Dhiaf, l’a définie d’une formule aussi lapidaire et juste que percutante : “Le pouvoir régi par la loi”. Une formule qui implique tout ce qu’un pouvoir juste nécessite comme procédure, institution et valeurs. Cela est d’autant plus vrai qu’il n’était pas rare que République signifiait, sous la plume de nombreux savants des temps anciens, justice et qu’on n’hésitait pas à utiliser ce terme pour parler même de monarchie.


Pour revenir à la Tunisie, il n’est pas difficile de comprendre ce que la proclamation de la République a signifié pour le peuple tunisien.


Ses acquis sautent aux yeux, il suffit de regarder autour de soi.


L’analphabétisme a presque disparu, le pays se satisfait à lui-même dans toutes les branches du savoir et des techniques, des citoyens dans leur ensemble sains, et mus par un sentiment d’appartenance affirmé, un environnement physique très largement maîtrisé, une économie aux contours largement modernes sur des bases de plus en plus solides et une politique étrangère avec notre voisinage immédiat et lointain rasséréné et responsable.


Voilà les acquis de 50 ans de République qui ont permis l’émergence d’un nouveau citoyen tunisien qui a mille raisons d’être fier de son appartenance à ce peuple admirable et à ce beau pays, mais qui estime n’avoir pas une seule raison de renoncer à son ambition d’aller toujours de l’avant. En cela, son attitude est tout à fait conforme à la volonté de son Président exprimée dans cette formule qui constitue à elle seule une démarche philosophique cohérente et profonde, quand il dit qu’il est “solidaire avec les faibles”. Cette formule, si elle fait l’objet d’études sérieuses, elle pourrait conduire à la mise en place d’une base politique digne du Contrat social de Jean-Jacques Rousseau. Cette base serait le point de départ à la consolidation de nos acquis dans tous les domaines. Car que serait une République qui n’accorderait qu’un intérêt marginal à ses citoyens.


Cette sentence présidentielle concentre en peu de mots tout ce que citoyenneté veut dire : solidarité.


_______________________



Une République «branchée»


 


* Par Hachemi Ammar, DG de Webmanagercenter


 


Au moment où nous fêtons ensemble ce demi siècle de République dans notre pays, les idées se bourculent, innombrables. Tant de choses ont été accomplies à tous les niveaux ; politique, économique, social, environnemental… que je me suis, en quelque sorte, imposé un ‘’angle professionnel’’ pour une lecture de l’évolution extraordinaire de la Tunisie, particulièrement au cours de ces vingt dernières années. Cet angle, c’est le secteur des technologies de l’information et de la communication, la passerelle vers ce Centre régional d’affaires et de services que notre pays a l’ambition de devenir dans les prochaines années.


En moins de dix ans, il est remarquable de constater que l’on est passé d’un objectif exprimé en Hits (un objet –texte ou image – d’une page web) à des objectifs qui s’expriment en visiteurs uniques ; de quelques milliers de Hits par jour (an 2000) on parle plus souvent, en 2007, de milliers de visites jour et d’objectifs en millions.


D’un marché limité, naissant et sceptique on commence à tendre vers un marché qui a fini par percevoir l’importance stratégique de l’Internet et ses applications ici et maintenant, aujourd’hui et plus encore demain. D’un flou artistique (les premiers entrepreneurs en savent quelque chose) on est passé, depuis fin 2005 notamment et progressivement, à de plus grandes visibilités sur le rythme et le potentiel de développement du marché des nouvelles technologies dans notre pays.


La volonté politique aidant, les incitations ont permis d’améliorer, régulièrement, la compétitivité du secteur ; TVA à taux réduit pour les services et les équipements informatiques, l’ordinateur familial à moins de 1000 dinars, ou encore le développement récent de formules de crédits bancaires pour l’achat d’ordinateurs, l’encouragement au développement de l’utilisation de l’Internet dans les entreprises (notamment par la prise en charge des coûts de développement des sites web), dans les institutions publiques, les décisions présidentielles de réduire les tarifs du haut débit – ADSL- (en janvier 2001 et récemment en juin 2007), la révision des règles en matière d’hébergement de sites web en plus de la réduction des frais de réservation de noms de domaines,…


Si à plusieurs reprises des actions ont été entreprises côté infrastructure et bande passante pour l’augmentation de la capacité d’accès à l’Internet, le secteur a tendance à regretter l’absence, quelques années plutôt, d’un scénario similaire à celui de la téléphonie mobile ; un opérateur privé, une saine concurrence et tout un secteur (opérateurs et clients) qui profite de la dynamique qui en est ressorti : disponibilité du produit, compétition au niveau des services offerts, qualité du service, possibilité de choisir et de changer d’opérateur, réduction des prix… et comme résultats, des taux de croissances à deux chiffres et un taux de pénétration record de la téléphonie mobile… et c’est loin d’être fini.


La privatisation de Tunisie Télécom en 2006, a fait renaître de l’espoir chez les acteurs du secteur de l’Internet ; l’espoir de disposer enfin d’une meilleure qualité de service d’accès à Internet, d’une offre (en termes de débit) plus conforme au développement actuel des services web, des prix plus adaptés et plus compétitifs, aussi bien pour les entreprises et utilisateurs tunisiens, que pour les entreprises étrangères s’implantant dans notre pays.


Si hier et encore aujourd’hui et demain le développement des routes et autoroutes en asphalte, des ponts et échangeurs en béton doit accompagner le développement économique du pays ; la maîtrise des autoroutes de l’information, l’intégration de l’économie numérique et l’exploitation des nouveaux mondes virtuels devient une nécessité.


L’information en ligne, par exemple, une des applications de l’Internet a montré qu’avec ses différences aussi bien dans les moyens, les manières, les contenants et les contenus, contribue (même si des fois en dérangeant) au renforcement de cette  volonté du changement, à cette volonté d’avancer plus vite, à cette conviction que nous avons les moyens d’être meilleurs.


 


_______________________



La République à l’âge de la maturité


 


* Par Hassen ZARGOUNI, Economiste, Statisticien


 


L’accès au savoir et l’éducation ont été un choix fondamental de la Tunisie dès 1956 et ont constitué l’une des pierres angulaires de la vision de développement des pères de l’indépendance et de la République Tunisienne moderne, dont on fête aujourd’hui les 50 ans.


Dès lors, l’égalité des chances d’accès au savoir constitue le ciment républicain de la Tunisie moderne. Il incombe à nous tous, enfants de la République, de préserver ce précieux héritage et de le pérenniser.


Cette éducation généralisée, valeur suprême de la République, a permis aux tunisiens d’être en phase avec l’esprit de la Réforme: ancrage identitaire et quête de modernité. Aussi, la parité homme-femme et le Code du Statut Personnel en sont le fruit naturel. La place de la femme dans la société tunisienne constitue aujourd’hui l’autre présent offert par la République à ses enfants. Qu’elles soient médecins, juges, enseignantes, ouvrières, ou autres, la République a produit des femmes tunisiennes fortes, travailleuses, conscientes de leur rôle familial et des défis de la vie moderne avec son lot de précarité éventuelle. Il s’agit là d’un renforcement sans précédent des bases de notre société et une immunité acquise contre les aléas de l’ignorance, voire de l’obscurantisme.


Quand on demande aux étrangers qui nous visitent, et ils sont nombreux, ce qui, pour eux, symbolise le mieux la Tunisie de tous les jours, ce qui vient en premier c’est le nombre d’élèves qu’ils voient serpenter les chemins des écoles en blouses bleues ou roses et ce, partout sur le territoire de la République. Mais aussi, l’importance visible de la classe moyenne avec de surcroît l’absence de pauvreté extrême, qu’on peut retrouver, par ailleurs, ça et là, dans des pays à développement comparable.


La République en aplanissant les différences régionales, sociales et en bannissant les inégalités qui peuvent peser sur le genre voire l’âge de ses enfants a libéré les énergies. Elle peut désormais, aujourd’hui, croire en ses talents, à son potentiel, à sa jeunesse, à son goût d’entreprendre et à la solidarité qui caractérise sa société. Cela est d’autant plus possible que la structure socio-économique du pays est dominée par cette classe moyenne qui travaille, qui crée de la richesse, qui élève ses enfants dans la dignité, qui consomme et qui se digitalise, ère numérique oblige, à grand pas.


Un des trésors de la République réside en cette confiance toujours vivace entre le citoyen tunisien et l’Etat. Elle se traduit par une relation globalement sereine en matière d’éducation nationale, de santé publique, justice, sécurité, et quelques services à caractère administratif. Cette relation est un bien républicain acquis progressivement, par étapes, à la tunisienne. C’est le ciment républicain garant de la cohésion citoyenne. Il s’agit davantage d’un emprunt qu’on faità nos enfants qu’un héritage de nos parents.


Mais si l’Etat donne, le citoyen lui aussi a des devoirs. L’avenir de cette relation donnant-donnant entre la République et ses citoyens est inscrit désormais dans la logique gagnant-gagnant. Les jeunes tunisiens, en s’engageant tôt dans la vie associative, en s’engageant massivement dans leur cité par le don de soi, l’abnégation, le désir de servir sa communauté dans un esprit républicain de tolérance, d’ouverture, de modernité, … verront s’enraciner davantage les valeurs fécondent de la citoyenneté.


La construction continue, les grands défis de la modernité sont innombrables et la Tunisie reste un chantier grand ouvert pour tous ses enfants, les enfants de cette belle République proclamée un dimanche, un 25 juillet, l’an 1957, voilà déjà 50 ans, en somme, l’âge de la maturité.


_______________________



50 ans d’acquis avant-gardistes


 


* Par Lotfi CHEMLI (Avocat et consultant international)


 


Rien d’étonnant que la Tunisie du Changement du 7 Novembre 1987 soit citée comme étant un exemple unique dans le monde actuel en matière de consolidation des réformes sociales, économiques et institutionnelles.


La Tunisie, héritière privilégiée d'une civilisation émergente, riche en traditions républicaines se réconcilie avec son passé chargé d’expériences exclusives; un saut furtif dans le passé éclaire son présent convivial et préfigure son avenir fort prometteur.


Des tonnes d’ouvrages et de publications seraient insuffisants pour mettre en exergue les acquis avant-gardistes de la Tunisie en matière de législation, d’ancrage des institutions, de justice et d’organisation de la vie sociale et économique de l’Etat et du citoyen.


Sans complaisance, ni pragmatisme exagérée, la Tunisie actuelle est fière de ses hommes légendaires, de ses savants  érudits, de son histoire immuable et éternelle, de ses lois parfaites et imparfaites, de ses institutions en mouvement perpétuel.


Son histoire riche et mouvementée en a fait un pays dynamique, d’avant-garde, un fleuron d’ouverture et un vivier de l’exercice difficile de la démocratie et des droits de l’homme.


Et comment oser ignorer que parmi les grandes œuvres au cours des 50 ans d’indépendance figure sur un piedestal Code du statut personneln  symbole de la stabilité familiale qui a fait oublier le centenaire code des obligations et des contrats, source fondamentale du droit civil tunisien de 1906 ?


Peut-on aussi éclipser les grandes réformes législatives, judiciaires et réglementaires réalisées par le Changement du 7 Novembre 1987 pour réorganiser et consolider la législation en  vigueur depuis plus d’un siècle dans le but de la mettre au diapason du contexte mondial?


Il est difficile de dénombrer ces réformes tant elles sont importantes qualitativement et quantitativement, mais, un survol sommaire de ces acquis convaincrait les plus récalcitrants que l’essentiel fait oublier le marginal et l’essentiel a la priorité sur l’important qui reste à faire, limitons-nous aux principes de l’égalité entre l’homme et la femme, les droits de l’enfant, les droits des travailleurs, le droit à la sécurité sociale et la réforme de l’assurance-maladie, le droit de la consommation, la réforme de la propriété intellectuelle, les aménagements législatifs et réglementaires ayant touché les institutions républicaines et les divers secteurs d’activité,  tels que les secteurs de l’agriculture et de la pêche, des transports aérien, terrestre et maritime, des  télécommunications, du commerce et des services, tant et si bien qu’une énumération sécherait l’encre des meilleures imprimantes.


Sur le plan international, la Tunisie a toujours été parmi les locomotives de l’adhésion aux conventions internationales du système onusien ou des systèmes régionaux, tant et si bien que son système législatif, exécutif et judiciaire a pu s’adapter aux mouvements mondiaux et a été réceptif des out-puts extérieurs garants de son dynamisme, de sa persistance et de sa pérennité.




Articles Similaires:



Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com