Irak : Téhéran tend la main à Washington





L'Iran s'est dit prêt hier à envisager un dialogue sur l'Irak avec les Etats-Unis au niveau des vice-ministres des Affaires étrangères, au lendemain d'une rencontre entre leurs ambassadeurs à Bagdad qui confirmait la reprise des échanges officiels gelés pendant 27 ans.


 


Le Quotidien-Agences


"La question des discussions au niveau des vice-ministres des Affaires étrangères des deux pays à propos de l'Irak peut être examinée", a déclaré le ministre des Affaires étrangères Manouchehr Mottaki à la sortie du Conseil des ministres à Téhéran.


"Si les Etats-Unis en font la demande, nous sommes prêts à étudier cette question", a-t-il ajouté, cité par l'agence officielle Irna.


La rencontre des ambassadeurs Hassan Kazemi Qomi (Iran) et Ryan Crocker (Etats-Unis) était la deuxième à ce niveau depuis la rupture des relations diplomatiques entre les deux pays en 1980, provoquée par la prise d'otages à l'ambassade des Etats-Unis à Téhéran.


Comme la première, le 28 mai, elle n'a pas permis de s'entendre sur les moyens de rétablir la sécurité en Irak, en proie à des violences intercommunautaires meurtrières et où une insurrection s'attaque régulièrement aux soldats américains déployés depuis l'invasion de 2003.


"Les discussions ont porté sur les moyens d'instaurer la sécurité et faire face au terrorisme et aux groupes terroristes actifs en Irak", a dit Mottaki.


Pour sa part, le président du parlement iranien Gholam-Ali Hadad-Adel a jugé les discussions "positives" tout en ajoutant que la présence des troupes américaines était l'une des "causes de l'insécurité" en Irak.


L'armée américaine accuse régulièrement des groupes liés à l'Iran d'entraîner des mouvements extrémistes irakiens et de leur fournir des armes de type EFP (capables de percer les blindés). Téhéran a toujours démenti.


Le seul résultat de la rencontre de mardi a été, selon des responsables irakiens, d'évoquer la création d'un comité tripartite de sécurité (USA, Iran, Irak).


"Nous sommes parvenus, pour la première fois, à un accord pour travailler ensemble au sein d'un comité de sécurité", a affirmé le chef de la diplomatie irakienne Hoshyar Zebari.


Ce comité tentera de limiter les activités des milices, de lutter contre le réseau Al-Qaïda et d'instaurer la sécurité aux frontières, a précisé le bureau du Premier ministre irakien Nouri al-Maliki, sans toutefois faire référence aux milices chiîtes extrémistes que Washington accuse l'Iran de soutenir.


Mais les discussions ont aussi connu des "échanges houleux", a dit Crocker, en évoquant plus précisément les moments où Washington a accusé l'Iran de propager le terrorisme au Moyen-Orient et d'alimenter le sectarisme en Irak.


L'ambassadeur iranien, qui a réfuté ces accusations, a réaffirmé que la principale cause de l'insécurité était la présence des troupes américaines en Irak.


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Le principal bloc sunnite suspend sa participation au gouvernement


 


Le Quotidien-Agences


Le principal bloc sunnite irakien a annoncé hier la suspension de sa participation au gouvernement de coalition du Premier ministre Nouri al-Maliki. Il s'agit d'un sérieux revers pour le leader chiîte qui a déployé des efforts en faveur de la réconciliation nationale.


Le Front de la Concorde, qui compte cinq ministres et occupe 44 des 275 sièges au sein du Parlement, a déclaré qu'il donnait une semaine à Nouri al-Maliki pour répondre à ses demandes, sous peine de quitter le gouvernement.

Il exige un engagement ferme du gouvernement en faveur des droits de l'Homme, le démantèlement des milices et la grâce pour les détenus qui sont incarcérés pour des raisons de sécurité mais ne sont pas inculpés pour des crimes spécifiques.


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com