Dénouement ou simple calcul politique ?





Selon le président de l’Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas, le président américain George W. Bush veut un accord israélo-palestinien avant la fin de son mandat, à savoir d’ici un an.


Cette annonce intervient au moment où les efforts diplomatiques ont connu un certain regain d’optimisme notamment avec la visite avant-hier des  ministres des Affaires étrangères égyptien et jordanien, mandatés par la Ligue arabe, en Israël. Une visite qui a été qualifiée de «positive» tant, dit-on, «Israël semble œuvrer sérieusement pour donner aux Palestiniens une opportunité de parvenir à la création de leur Etat».


Un optimisme arabe qui intervient aussi quelques jours après l’annonce par le Premier ministre israélien, Ehud Olmert, de l’ouverture prochaine des négociations israélo-palestiniennes en vue d'un «accord de principe» sur la création d'un Etat palestinien qui s'étendrait sur la majeure partie de la Cisjordanie et dans la Bande de Gaza.


Autant dire qu’un vent d’optimisme souffle sur la région et qui laisse à penser qu’on est réellement en train de se diriger vers une solution globale et équitable d’une crise qui dure maintenant depuis plus de soixante ans.


On ne peut, à ce propos, que se réjouir aussi bien pour le peuple palestinien  qui souffre le martyre mais aussi pour toute la région qui pourrait connaître enfin la stabilité.


Seulement - puisqu’il y a bien sûr un hic - peut-on vraiment faire confiance à Israël et son parrain de toujours les Etats-Unis?


L’histoire nous a jusqu’à ce jour prouvé le contraire. Ceci est d’autant plus envisageable qu’aussi bien Tel-Aviv  que Washington ne semblent pas agir par conviction ou par volonté réelle d’instaurer une paix durable.


Ceci est d’autant plus vrai que rien ne semble indiquer que l’initiative arabe de paix, sur laquelle devraient se baser les pourparlers


entre Palestiniens et Israéliens, serait prise en considération.


L'initiative, d'inspiration saoudienne, prévoit une normalisation des relations entre les pays arabes et Israël en échange du retrait israélien des territoires arabes occupés depuis juin 1967, de la création d'un Etat palestinien avec Al Qods-Est pour capitale et d'un règlement «équitable» de la question des réfugiés palestiniens.


Or, rien de tout cela ne devrait être appliqué. Dernièrement, et lors d’une rencontre Bush-Olmert,ce dernier a fait savoir qu’Israël ne renoncera jamais à Al-Qods, qu’il refuse une fois pour toute tout règlement, même inéquitable, de l’affaire des réfugiés et surtout qu’il ne veut en aucun cas qu’on évoque, à ce stade, une éventuelle délimitation des frontières entre l’hypothétique Etat palestinien et l’Etat hébreu.


Au fait, on peut interpréter l’empressement d’Israël et des Etats-Unis ces dernières semaines par deux faits : il y a d’abord la volonté d’isoler le Hamas, devenu de facto le seul maître à Gaza. Un isolement qu’on pense pouvoir réussir à travers le renforcement de la position de Abbas qui peut se targuer d’avoir relancé les négociations sur la création d’un Etat palestinien.


Il y a aussi le fait que le président Bush, enlisé en Irak, et qui voit l’image des Etats-Unis se dégrader dans le monde arabe veut coûte que coûte se donner une nouvelle vertu en s’impliquant personnellement dans ce conflit. N’ayant rien réussi sur le plan international  depuis sa prise de pouvoir, il veut ainsi terminer sa carrière sur une note positive et dire qu’il a réussi là où tout le monde a échoué.


Entre-temps, c’est le peuple palestinien qui doit payer les pots cassés et les calculs politiques des uns et des autres.


 


Med Ali BEN REJEB




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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com