Festival de Carthage : Les chants de la patrie





Pour célébrer le 50ème anniversaire de la République, une pléiade de nos jeunes artistes se sont donné rendez-vous mercredi soir à Carthage. Et à chacun sa gerbe de chants qui fleure bon la patrie.


 


La soirée du 25 juillet, on le sait a été transmise en direct par Tunis 7. Du Nord au Sud et d’Est en Ouest, on a donc pu voir sur le petit écran ce qui se fait de bon à Carthage.


Mais être sur place, voir les artistes (en chair et en os) défiler et les écouter chanter de vive voix, c’est tout à fait autre chose, un autre goût.


Autre chose aussi, c’est que le public de l’écran ne peut voir que ce qui lui proposent les techniciens de la chaîne qui, et d’un ne peuvent pas être partout, et de deux, il leur est impossible de braquer leurs projecteurs et caméras sur tout. Mais seulement sur l’essentiel.


L’essentiel se passe en grande partie sur la scène punique. Où on a mis (tout au long de la bordure) une fresque de fleurs de toutes les couleurs. Sous la houlette de Ahmed Achour, une armada d’instrumentistes, tout de blanc vêtus ont vite donné le ton avec un prélude Mosaïque de mon pays, signé par le maestro. Au  total, douze chanteurs et chanteuses ont défilé sur scène. Les uns ont préparé pour l’occasion un petit quelque chose agréablement épicé de patriotisme. Les autres se sont contentés d’interpréter le répertoire de leurs aînés, sans même prendre la peine de les annoncer. Oulaya et les autres sont bien enterrés... Comme s’ils n’avaient jamais existé.


Dans leur cocktail, les Soufia Sadok, Mohamed Jebali, Hela Malki, Dorra Fourti, Chokri Bouzaïène, Sonia Mbarek, Rihab Sghaïer, Saber Rebaï, Soumaya Hathroubi, Olfa Ben Romdhane, Leïla Hjaïej et Lotfi Bouchnak ont été à la hauteur de l’événement. Là-dessus, il n’y a rien à dire, sauf vers la fin. Un léger manque d’harmonisation quand ils ont tous chanté l’hymne national.


Cela a été remarqué par tout un chacun. Mais les choses qui ont échappé à quelques regards, on les a dénichées ici et là. Dans les coulisses ou sur les gradins ou encore ailleurs.


Une heure avant le spectacle, c’est-à-dire vers 21 heures trente, on était au parking pour se garer. Une chose nous a sauté aux yeux dès notre arrivée et c’est le nombre impressionnant de bus venant de tout bord mais pas encore de tous les gouvernorats du pays.


A bord, une foule de gens invités pour le spectacle de Carthage. On descend en rang ou en grappe la pente qui nous conduit jusqu’à la scène punique. Chacun et chacune sont munis d’une carte d’invitation pour la fête et la fête est pour tous. C’est ça après tout le sens de la République et l’égalité des chances pour tous et toutes.


Tous et toutes, y compris le nombre impressionnant de responsables du festival (et de «votre parti, le RCD qui a organisé l’événement en collaboration avec le ministère de la culture et de la sauvegarde du patrimoine et la chaîne nationale Tunis 7», d’après le mot d’ouverture  et de bienvenue qu’a lancé Raja Farhat vers le coup de 22 heures trente) n’ont finalement pas fait le plein des gradins. On était aux deux tiers (approximativement) et loin des vagues humaines venues samedi dernier pour Kadhem Essaher.


Dans les coulisses, il y a de la joie dans l’air. L’ambiance est au cool et même à la décontraction totale. Artistes souriants et bien fringués tutoyant journalistes comblés. Pourquoi comblés ? Réponse d’un confrère «Il nous est rare d’être accueillis de la sorte dans les coulisses avant le spectacle».


Et c’est tant mieux ainsi car la tâche de la couverture était bien facilitée et bien vivante pour le bonheur des spectateurs et auditeurs.


Ici, un murmure: «Combien coûte la soirée?» «Quel est le cachet de chaque artiste?» Et de  parler de quelques beaux et succulents morceaux du gâteau à partager les uns et les autres de la fratrie... Mais les parts, d’après ces murmures seraient plus grosses que le gâteau.


«A chaque instrumentiste, deux cents dinars pour ce soir et 20 dinars pour chaque répétition. Et les répétitions  ont été quatorze ou quinze», nous arrive à l’oreille.


Dans le programme qu’on a distribué on relève, outre les noms d’artistes, une autre série qui rend compte de la production du spectacle du 25 juillet. Par ordre: le nom du directeur artistique du 43ème festival de Carthage, suivi de Hamadi Ben Othmane pour la conception musicale et Raouf Ben Amor - homme de théâtre et ancien directeur du festival - qui est à la tête de la production.


Autre chose et on vous laisse les soins de méditer encore et de commenter les détails et leurs dessous : il est 23 heures trente, une caravane  arrive à l’instant même de Mahdia. A cette heure-ci, parents et leurs petits en très bas âge, commencent à sortir. Tous avec des sachets qu’on a prévus pour le long trajet... Les chauffeurs des bus ont  profité autrement de leur 25 juillet. Avant de rentrer, ils ont préféré s’étendre  à côté de leur engin identifié et fermer  l’œil, le temps   du spectacle et récupérer pour bien conduire et rentrer avec tout ce beau monde sain et sauf à Gafsa, Gabès, Béja, le Kef...


 

Zohra ABID


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com