Dany Brillant : «Voulez-vous danser avec moi?»





Vingt-quatre heures avant de se produire pour la première fois à Carthage (et en Tunisie), Dany Brillant a rencontré dans un hôtel à Gammarth le corps de la presse écrite et audiovisuelle. Entre Tunisiens, le moment était bien cool et fleurant bon le parfum de chez nous.


 


C’était comme en famille. On causait de tout et on s’expliquait sur tout et les médias ont sauté sur l’occasion pour tirer le maximum d’infos sur ce Dany de Djerba. Répondant aux rituelles questions des journalistes, Dany Brillant n’a pas hésité une seconde pour cliquer sur toutes les touches de son clavier artistique et privé et les couleurs de ses origines d’Orient de s’afficher rapidement vives sur grand écran.


«La chanson orientale reste le berceau du monde entier. Elle vient de l’Inde, d’Iran, d’Egypte... avant de passer par l’Italie et ailleurs...», raconte l’auteur de Suzette.


«Mon père, l’épicier de Djerba, mon grand-père, nés ici, ont continué à écouter  après leur départ en France, les chansons de l’âge d’or des années 1950. C’était avec Abdelwaheb, Oum Kalthoum, Latrache, Abdelhalim...», ajoute Dany qui tire la sève de sa pression de toutes ces mélodies d’amour. «Je vis au quotidien les ambiances méditerranéenne et tunisienne», a-t-il lancé.


Mais que connaît-il de sa Tunisie natale?


Né en décembre 1965, Dany Cohen (de son vrai nom) n’a pas eu beaucoup de temps pour profiter du soleil de son pays. «J’ai quitté la Tunisie à seulement un an et je reviens pour la première fois chanter sur le sol qui m'a fait naître. Certes, je suis revenu il y a seulement trois ou quatre ans pour des petits séjours. J’ai aussi enregistré ici deux clips . Je me souviens  de ce magnifique espace du théâtre municipal où j’ai tourné «Jazz à la Nouvelle-Orléans». J’ai trouvé qu’en Tunisie il y a de beaux sites comme le casino de Gammarth et autres endroits et infrastructures... D’ailleurs, tous mes enregistrements sont à l’étranger. En France, ce n’est pas ambitieux et on est écrasé par les charges sociales. Je trouve qu’on est bien créatif à l’étranger...», raconte l’artiste, beau comme un dieu qui a affiché tout son bonheur de se retrouver parmi les siens sur cette terre de tolérance et de cohabitation heureuse entre toutes les ethnies et toutes les religions.


Nous sommes en 1967. La famille Cohen, comme toutes les autres, suite à la «naksa» des Arabes, est partie sous d’autres cieux. C’était la deuxième vague après celle de l’Indépendance.


Mais tout ce beau monde a gardé en mémoire les souvenirs des temps heureux et tous ont passé à leurs descendants la culture méditerranéenne. «J’ai toujours aimé les chansons de l’après-guerre. Soit en France, en Italie ou ailleurs des années 1956. Les Boris Vian, Gilbert Becaud et bien  d’autres de large culture de la Méditerranée ont allumé mon désir artistique et m’ont influencé... Pour Elvis: c’est autre chose. Cette bête de scène m’a influencé  physiquement et pas musicalement», raconte avec un timide sourire la star. Qui était entouré de Mourad Matheri de Scoop organisation qui l’a invité à se produire le 28 juillet au théâtre romain  de Carthage.


 


Valser à Carthage


De la danse. De la danse et rien que de la danse sur des notes de mélodies pour son soir à Carthage et son souhait est de voir la fosse dégagée pour qu’on puisse «avec engouement prendre dans les  bras une femme et danser à deux. Comme ce fut le cas, jadis dans les bals . Et dans  cet endroit très méditerranéen, il y aura des chansons très  dansantes, festives et balayées  de quelques balades. Ça va être un mélange de mes chansons et de mon dernier album «Histoire   d’un amour» (2007). Je vais aussi revisiter des chansons de Dalida, de Sinatra et autres que je vais gérer  à ma façon  pour faire une  chose très  personnelle», promet l’enfant du pays qui a aussi recyclé à sa manière le swing, la salsa, le rock, le tango, compliqué mais magnifique, le slow et autres genres appris de ses tournées de par le monde.


Outre sa tournée qui a démarré il y a quinze jours au Sud de la France, Dany se prépare pour le Palais des congrès parisien qu’il compte métamorphoser en un grand bal de l’amour et inviter tout le monde à valser.


«J’aime inviter et j’attends aussi qu’on m’invite à danser», ajoute Dany avec un brin d’enthousiasme qui comme son «père, un vrai Tunisien du kif».


D’autres projets à part le champ de la musique? Réponse de Brillant: «Je vais me prendre une petite recréation dans le prochain film Astérix».


Notre star, on le sait, est très timide dans l’univers filmique. On lui compte quelques petits rôles et un passage dans une série de télé. Pas grand chose ! N’empêche qu’il affectionne beaucoup plus le cinéma que le théâtre et il l’avoue car «répéter tous les jours et apprendre cent fois le même texte» n’est ni sa tasse d’été ni son fort. Mais tout son théâtre c’est de faire un bon spectacle plein de parfums.


Sur la Star AC, Dany Brillant  n’a rien contre ce nouveau système pour la route des étoiles. Puisqu’il «n’y a plus d’espace où se frotter avec les gens et puisqu’il n’y a plus comme avant des cabarets, c’est bien qu’il y a ce genre à la télé. Qui est ce grand cabaret et l’émission est défendable avec son concept et son suspense». Et là-dessus, il ajoute que les chances de réussir aujourd’hui sont de plus en plus minces. Mais celui qui tient bon finit par y arriver. Pour Dany les choses sont claires.


Même si les disques ne se vendent plus comme avant , il lui reste son public qui le suit et c’est grâce à l’amour et la passion qu’il est invité un peu partout.


Parmi ses rêves, «un projet de film sur les religions. Je suis pour le moment en train d’écrire le scénario. J’ai été élevé dedans comme tous les enfants de la tolérance et j’ai compris que la violence ne mène à rien...», a conclu Dany Brillant qui, en guise de souvenirs, a posé pour une séance-photos avec ses fans et autres amoureux de son genre rétro-modernisé.


 

Zohra ABID


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com