Accident de travail à Tunis : Entre calvaire et galère





Depuis le 6 novembre 2004, date de son accident de travail, M. Raouf Bouchoucha crie sur tous les toits pour recouvrer ses droits. En vain. Personne ne veut, en effet, l’écouter. Pourtant, il s’en est sorti avec une incapacité physique de 90%, d’un cancer et d’un délai de vie estimé à douze mois. Récit d’un calvaire.


 


Tunis - Le Quotidien 


Nous sommes en plein mois de Ramadan, le 6 novembre 2004, M. Bouchoucha s’est rendu comme à l’accoutumée au port de la Goulette. Car en plus, de son travail dans un ministère, il est obligé et ce pour joindre les deux bouts, de faire quelques heures supplémentaires en tant que docker.


Malheureusement, le hasard a fait en sorte ce jour-là, qu’il soit victime d’un accident de travail. Un chariot élévateur avait cédé et sa charge avait écrasé M. Raouf Bouchoucha. Transporté d’urgence à l’hôpital, il subit plusieurs opérations et s’en sortit avec une incapacité physique de 90%. Son état de santé allait ensuite se dégrader. Il fut atteint d’un cancer. Les médecins lui donnèrent un délai de vie de douze mois, commença ainsi une véritable course contre la montre et contre la mort.


Avec un salaire mensuel de trois cent soixante dix dinars et avec deux bouches à nourrir en plus de sa femme, M. Raouf Bouchoucha avait à faire face à des dépenses et des frais d’hospitalisation qui sont au-dessus de ses moyens.


Rien que pour le transport, il déboursa 10700 dinars. Alors, il n’avait d’autre choix que de retourner vers son employeur pour l’assister dans cette pénible épreuve.


Coup de théâtre, il fut ignoré et laissé-pour-compte. En tout et pourtant, il ne reçut que la modeste somme de 207 dinars, soi-disant en tant que frais de transport. Mais pour ses droits aux dédommagements dus à son accident de travail on lui a signifié noir sur blanc qu’il lui fallait chercher ailleurs pour recouvrer ses droits.


Désespéré et désarmé, M. Raouf Bouchoucha se mit, alors à adresser des cris de détresse aux responsables. L’affaire est finalement relancée. Pas pour longtemps, malheureusement... car, son employeur s’est contenté de saisir son service contentieux.


Entre-temps, M. Raouf Bouchoucha avait à lutter contre la mort d’autant qu’il devait en plus subvenir aux besoins de ses deux enfants âgés respectivement de 7 et 11 ans.


Ne comprenant pas exactement pourquoi on lui a réservé un tel traitement, M. Raouf Bouchoucha a fini par croire qu’il est victime d’une véritable injustice. Toujours est-il qu’il est profondément  conscient qu’il trouvera la réparation escomptée.


 


H.MISSAOUI




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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com