Le ballet russe de Igor Moïsseïev à Carthage et Hammamet : L’apologie des corps russes…





Le ballet de Igor Moïsseïev est l’un des monuments qui ont résisté après la chute de l’Union Soviétique.


Avec chaque chorégraphie, ce créateur russe a réécrit l’histoire de son pays grâce aux corps frais de ses danseurs. De Carthage à Hammamet, ce ballet mènera la danse, offrant aux heureux spectateurs des fragrances de l’histoire!


 


Il est entré dans la légende de l’art grâce cette écriture fraîche et innovante du répertoire chorégraphique universel et cette virtuosité technique qui ponctue ses créations. Le russe Igor Moïsseïev est aujourd’hui l’un des emblèmes de cette expression qui a fait du corps un véritable objet d’art. Disciple de Gorchkova et Tikhomirov, Moïsseïev a su créer son propre langage corporel où le vocabulaire académique se conjugue, merveilleusement, à l’héritage culturel de son pays. Soixante-dix ans déjà de passion pour la danse et pour ces corps animés, ce célèbre danseur russe qui vient de souffler il y a quelques mois sa centième bougie, continue avec verve cette écriture corporelle du patrimoine immatériel. Optant pour le dépoussiérage du folklore musical et chorégraphique, Igor Moïsseïev a su briller sur une scène qui grouille de chorégraphes de renom dont on cite à titre d’exemple Vaslav Nijinsky et Michel Fokine. D’ailleurs, après un parcours semé de succès au sein du Ballet du Bolchoï, Igor Moïsseïev a gratifié le public par une création qui porte sa touche. « Footballeurs » en 1930 et « Salammbô » en 1932 ont annoncé la naissance d’un nouveau maître qui a choisi d’adapter les styles classiques pour inventer un autre langage et pour donner le jour à des pièces de couleurs sociales, politiques, populaires… Une vraie naissance qui s’est accompagnée du lancement de sa propre compagnie. 


Cette conjugaison raffinée et étudiée de la formation académique et du patrimoine populaire a valu à ce chorégraphe russe une place au soleil. Intelligent, Igor Moïsseïev a choisi d’être à l’écoute du monde et du corps pour pouvoir restaurer et sauvegarder ces pages immatérielles de l’histoire de l’Union Soviétique à cette époque-là. Et voilà aujourd’hui après la dissolution de l’URSS que ces efforts chorégraphiques deviennent un témoignage vivant de l’histoire d’un peuple.


C’est dans cet esprit que ce maître russe a tissé ses chorégraphies qui tirent leurs racines des traditions du ballet.


La prestation de ce ballet à Carthage et à Hammamet  sera un vrai régal pour l’ouie et la vue grâce à cette armada de danseurs qui vont partager la scène durant presque une heure et demie. D’ailleurs, quatre-vingts danseurs et techniciens ont débarqué hier à l’aéroport international de Monastir pour rejoindre par la suite Tunis. Une rencontre avec les représentants des médias nationaux et internationaux est sur l’agenda de ce célèbre ballet pour la matinée. Quant à la soirée, elle sera haute en couleur car les disciples de Moïsseïev ont opté pour des répétitions générales qui se déroulent dans les conditions du spectacle pour éviter les imprévus et les mauvaises surprises.


En attendant le spectacle de Carthage prévu pour demain et celui de Hammamet programmé pour la soirée de mardi, le rêve est permis surtout pour ceux et celles qui souhaitent faire de la danse.


 


Imen ABDERRAHMANI


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Le spectacle en détails


 


Composée de deux parties, la prestation du ballet de Igor Moïsseïev offre au public, durant presque 90 minutes, une bonne idée sur le folklore russe. L’ouverture de ce spectacle se fera avec une chorégraphie intitulée « Summer ».  « Kalmuk dance », « Adzhahirian dance » (Khorumi), une suite de Moldavian dances (Hora, chyolirlie, zhok), « Old city quadrille » et « Partisans » sont au menu de la première partie. Quant à la deuxième partie de ce ballet, elle verra la présentation de « Day on a ship », « Gypsies », « Sirtaki », « Dance of argentinian cow-boys » (Gaucho), « Two boys in a fight » et « Ukrainian gobak ».


 Notons que toutes ces créations portent la griffe de maître Moïsseïev au niveau de l’écriture chorégraphique.




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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com