Mounir Troudi à Hammamet : Cette star… aux pieds nus





Après son pétillant passage dimanche 29 juillet à Abdellia dans le cadre du 43ème festival de Carthage et avant qu’il ne reprenne sa tourné mondiale, Mounir Troudi fait escale ce soir à Hammamet avec son lot de plaisir. Une mise en bouche pour son concert en âroubi et jazzy.


 


Dimanche 29 juillet à 17 heures et quelques, Mounir Troudi débarque à l’aéroport de Tunis après avoir  donné une foule de concerts en Italie, tous ces derniers temps.


Le soir-même, il est attendu à la Marsa, au palais Abdellia dans le cadre du 43ème festival de Carthage.


21 heures et quelques, l’homme encore en eau est sur place et bien en avance de l’heure fixée par la direction de son énième passage dans le cadre du doyen de nos festivals.


Ses fans venus en grand nombre étaient pour la plupart déjà-là. Ce sont des femmes et des hommes de tout âge et de toutes les classes sociales. Mieux encore: nous avons vu parmi ces gens-là quelques personnes de la communauté étrangère vivant chez nous. C’est pour dire que la popularité de Mounir Troudi ne cesse de s’élargir et de gagner dans tous les rangs.


22 heures vingt, l’homme (toujours pressé et qui a quelque chose à faire à droite ou à gauche pour ne pas pouvoir le retenir) monte sur scène.


En sa compagnie, pas ses apôtres habituels mais tout comme Lotfi, Hichem, Marouan, Mohamed Ali, Saloua et les autres ont été à la hauteur de l’attendu.


L’attendu paré, comme d’habitude, d’un costume ni oriental ni occidental à cent pour cent (mais les deux à la fois), ample et généreusement brodé. Une couleur vive et un style d’artiste au look décontracté, avec cette longue écharpe de toujours sur ses épaules. Des cheveux longs noués en arrière et barbe mal rasée et pieds nus.


Mounir Troudi a vite donné le ton et offert une belle palette enchantante. Tout le monde a dansé, a repris en chœur quelques refrains. Dans sa «takhmira» (transe), Mounir a plu. Il a plu parce qu’il se distingue par ce qu’il donne en paroles et rythmes. Et ce qu’il fait est d’un genre particulier.


La sève de son art, il l’extrait du fond du terroir. Puis il en ajoute un peu, un peu de son être et du goût du jour. «Magroun», «Hamma», «Gasba», ... bien épicés au parfum d’Orient et bien assaisonnés par du jazz, avec un bendir en arrière-fond sonore... Ça donne autre chose. De la couleur, de la créativité et de l’ambiance.


Dans «Naggouze», Mounir était au sommet de son art et le public conquis était épris, hors de lui. Mais avant qu’il ne la donne en rythme, l’artiste a raconté l’histoire de ce Naggouze où l’amour, la déchirure, la vengeance et la poésie se mêlent et en entremêlent les mailles. «Il était une fois aux temps reculés de Sadok Bey dans dans le village de Oueslatia des traditions berbères sacrées. Dans ces ambiances-là, il y a eu un viol». Mounir a chanté ce cas de fait divers en hommage à tous les Berbères maghrébins et il l’a chanté avec les tripes. Sa voix et les sons de la percussion nous ont donné la chair de poule et le public était emporté par les instruments à vent et par cet artiste qui chante, qui tourne, qui dialogue en toute familiarité, en toute tranquillité avec ses amoureux.


Et puisque nous sommes dans le registre des hommages, on devait nous y attendre comme à chaque fois qu’on est devant un Troudi d’âme et de cœur. Un autre hommage mais cette fois-ci à Mounira Dhaoui, avec qui il s’est plongé dans la mémoire artistique pour chercher et déterrer quelques bribes  de notre patrimoine. Afin de le prendre comme un matelas où il faut surpiquer des notes modernes. «Mounira Dhaoui avec qui j’ai travaillé avec engagement depuis 1994 sur la mémoire est morte parce qu’elle n’a pas trouvé l’argent qu’il faut pour se soigner...», a-t-il lancé au  public de sa voix enrouée. Pas plus émouvant... L’homme est bien marqué.


23 heures quarante, Mounir Troudi termine son concert sous les applaudissements de la foule prête à passer toute la nuit avec ce turbulent de la scène qui sait se faire aimer, saisir et adopter.


Après ce soir à Hammamet (s’il n’y a pas eu d’imprévu et d’empêchement bien sûr), l’homme qui a la tête ailleurs s’envolera pour continuer sa tournée mondiale. Avec les opéras lyriques en Italie à partir de demain lundi 6 août puis de faire des sauts ici et là et toute la terre  à ses pieds. Au Canada, à Bruxelles, Amsterdam, en Chine, à Ramallah, Beyrouth, Oman, le Caire et la liste est bien longue. Et s’il est demandé de la sorte, c’est parce qu’il offre un menu particulier qui plaît à tous les goûts et à partir de ses origines, il en a trouvé le bon filon. Et c’est  tant mieux pour lui et... pour nous. C’est une fierté!


Pour les retardataires, il faut se dépêcher au guichet du Centre culturel de  Hammamet et surtout ne pas rater ce petit monstre d’amour sacré.


 


Z.A.




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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com