Russie-Géorgie : Le torchon brûle





La Géorgie a affirmé hier avoir retrouvé un missile tiré par un bombardier russe sur une région proche de la république séparatiste géorgienne d'Ossétie du Sud, ravivant les tensions entre Tbilissi et Moscou qui rejette catégoriquement pour sa part toute implication.


 


Le Quotidien-Agences


"Deux avions russes ont violé l'espace aérien. A l'heure actuelle, un missile qui avait été tiré a été retrouvé. On en trouvera peut-être d'autres", a déclaré Chota Outiachvili, responsable du ministère géorgien de l'Intérieur qui s'est rendu dans la région touchée, près du village de  Tsiteloubani, à une soixantaine de kilomètres à l'ouest de Tbilissi.


"La région est quadrillée. L'enquête est en cours", a-t-il ajouté.


L'incident n'a pas fait de victimes.


Des démineurs géorgiens travaillent sur place pour retrouver d'éventuels autres missiles tirés, selon les autorités géorgiennes, par des Su-24, des avions connus pour leur capacité de bombarder à faible altitude.


Des observateurs de la mission de l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE) en Ossétie du Sud ont été également dépêchés.


De son côté, le Kremlin a démenti que l'aviation russe ait pu tirer un missile sur la Géorgie.


"Nous démentons catégoriquement toute implication dans ces événements", a déclaré à l'AFP le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov.


"Ces déclarations ne correspondent pas à la réalité. Ce n'est bien sûr pas nous, les Russes, qui avons fait cela", a ajouté le porte-parole de la présidence russe.


La télévision russe a diffusé des images montrant des dizaines de morceaux de l'engin. Les lettres russes "OTK", pour "unité de contrôle technique", y sont visibles, ainsi qu'un numéro de série.


Selon l'armée de l'air russe, "les avions russes n'ont accompli aucune mission de vol ni lundi ni ce matin dans cette région et n'ont pas pu violer l'espace aérien" géorgien.


A Tskhinvali, "capitale" de la république indépendantiste d'Ossétie du Sud, le président Edouard Kokoïty a confirmé le tir, mais affirmé qu'il venait d'un avion géorgien.


"C'est une provocation de la partie géorgienne visant à discréditer la Russie", a déclaré le "président" pro-russe cité par l'agence Interfax.


Les relations se sont dégradées entre la Géorgie et son voisin russe depuis l'arrivée au pouvoir en 2003 du président pro-occidental Mikheïl Saakachvili.


Ce dernier cherche notamment à reprendre le contrôle de l'Ossétie du Sud, tout comme de l'Abkhazie, deux territoires pro-russes qui ont fait sécession de la Géorgie.


Tbilissi a accusé à plusieurs reprises Moscou d'avoir violé son espace aérien et d'avoir procédé à des bombardements. En août 2002, une personne avait été tuée et trois autres blessées dans des bombardements attribués à Moscou par la Géorgie.


A partir de 2000, en pleine guerre en Tchétchénie, les militaires russes ont également été accusés de faire des incursions aériennes dans les gorges de Pankissi, une région montagneuse frontalière de la Tchétchénie, où les rebelles indépendantistes se réfugiaient.




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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com