Festival de Carthage : Latifa Bent lebled





Devant un public fait d’enthousiasme, Latifa a été lundi dernier à Carthage, portée au pinacle.


Et il y a de quoi échapper-belle à tout voile de détresse. Après tout c’est «bent lebled» qu’on doit choyer et elle est en droit du meilleur accueil. La suite sera dans sa tournée de par les régions.


 


Impossible n’est pas tunisien. La preuve nous a été donnée avant-hier au Théâtre romain de Carthage à l’occasion du gala de l’éternelle «revenante» Latifa Arfaoui.


Car ce jour-là, un miracle eut lieu dont personne ne s’explique les secrets. La direction s’est rendu compte au dernier moment que le nombre des billets vendus - malgré la campagne promotionnelle - était très en deçà des attentes.


Carthage ne pouvait rater son rendez-vous avec la star venue des berges du Nil. Ç’aurait été une faute irréparable et Latifa l’aurait sans doute difficilement digérée. En un temps et deux mouvements, comme par un coup d’une baguette magique, le miracle eut lieu.


A 23 heures, lorsque l’artiste apparut, les gradins étaient noirs de monde  et la fête eut lieu, inaugurée par des youyous et d’une hannana (dalenda Abdou) de circonstance qui accompagnera la «mariée de Carthage» jusqu’à la scène.


Que s’est-il passé? Mystère et boule de gomme. Ceux qui savent le diront à ceux qui ne savent pas. Les gens  de Rotana, ne croyant pas, eux, au miracle n’en ont que faire. L’essentiel, c’est que les retrouvailles de Latifa avec les siens seraient dignes de la notoriété qu’elle s’est  forgée...


Ce soir-là, tout était pour elle et rien que pour elle. Tout et tous pour «Bent Lebled» et à son service. «C’est la plus belle soirée de ma vie», a-t-elle notamment lancé à son public venu de partout.


 


La reine d’un soir


Avec toute une demi-heure de retard, Madame a fait majestueusememt son entrée à partir du couloir accédant aux chaises et réservé généralement aux VIP.


Dans sa longue robe (qu’a confectionnée la styliste Fatma Ben Abdallah, l’épouse de  l’homme de théâtre et directeur du Sophonisbe  de Carthage) à volants et traîne, d’un blanc immaculé, couleur de narcisse que Narcisse lui-même n’aurait renié, Carthage était sa fête, sa noce. Tout était pour la mariée et rien que pour elle.


Derrière Madame, il y a bien sûr son cortège. Une tribu et des étendards. Une traînée d’encens et une caravane de rites d’une cérémonie exceptionnelle. La cérémonie qu’il faut pour ce beau brin de fille qu’on a «parsemée» de riz (pardon de jasmin) dès son apparition. Jusque-là tout fleure bon.


La scène était au décor du bled: une cage emblème de Sidi Bou  en arrière fond un gros ballon blanc accroché en haut où on a griffé en rouge, vif le nom de «Latifa 2007».


Puis quelques lampadaires de forme conique clignotant tantôt en blanc, tantôt en rouge, tantôt en bleu, vert, rose ou autres... et tout un panier de petits drapeaux qu’on a posé sur le piano.


 


Nostalgie et rêve


En face de Madame, un public aux anges. Lui aussi était muni de drapeaux. Nos couleurs n’ont pas cessé de flotter dans le ciel et les mobiles de tout le monde de scintiller dans le noir, comme de petites étoiles. Un public bigarré et enthousiaste. Sous la houlette du maestro Khaled Fouèd, les musiciens ont bonnement accompagné la reine de ce soir, qui a donné le meilleur de ce qu’elle a. «Ô combien je suis contente et comblée ce soir de votre présence» a-t-elle dit et redit le long du soir. Et elle avait tout à fait raison de le dire et de le répéter après la déception de la soirée de Jarach où le public n’était pas au rendez-vous.


Entamant le gala avec son tout récent travail El houma al ârbi, Latifa Ettounsia a chanté, a bougé, a dialogué avec ses «fans», a remercié un peu beaucoup tout le monde. «Je suis heureuse, je suis au ciel. Je remercie... Je remercie x et y et je, je...», a souvent dit entre ses morceaux chantants et dansants avec cette armada de jeunes qui franchement n’ont rien dégagé et on aurait bien aimé voir des danseurs tunisiens, ils sont appliqués et ont plus de grâce, de talent..


Après avoir égrené comme on égrène les perles d’un chapelet les «Ya sidi massi âlina», «Ya ghaddar», etc... repris en chœur par la foule, Latifa nous a gratifié d’un petit bonheur. Même si sa voix était à la fin un peu cassée, les paroles et la composition de Zied Rahabani dans les «Bi Noss El Jaw» et «Aminti beit» et autres  patriotiques comme «Ahimou bitounes al khadhra»...


Au final, Latifa a revisité quelques pots-pourris de ses aînés tunisiens tirés du terroir du bled et fait ce qu’elle a pu avec les moyens qu’elle a et les efforts de tous pour réussir cette soirée au bled, transmise en direct sur Rotana.


 


Zohra ABID


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Murmures de la ville punique


 


La joie du peuple


Cinq, dix, quinze, vingt bus et plus étaient déjà garés à 21 heures passées au parking immense de Carthage. Des milliers de  gens de 7 à 77 ans descendaient la pente  qui conduit jusqu’à l’amphithéâtre. Il y a des jeunes venus en famille. D’autres scouts et scoutes venus d’un camping quelconque et bien encadrés par des éducateurs.


Un sandwich à la main et de temps en temps, on les entend crier Viva Algeria. En file indienne, tous pour Latifa... Les moins jeunes se  sont arrêtés aux premiers gradins.


 


Pour la bonne mine de Madame


Il faut que tout le monde soit là et Latifa mérite l’attention de tous. N’est-elle pas la nôtre? Toutes les associations (ou presque) étaient là pour soutenir l’enfant du bled et c’est le moment où jamais. L’ambiance nous a rappelé les airs d’une de ces fêtes nationales   banderoles et drapeaux remplissent les espaces. Une seule chose a manqué, c’est l’hymne national. L’ambiance bon enfant a (re)donné confiance en elle et Latifa portée au pinacle par son peuple, ses frères et sœurs de sang et de sol.


 


Un peu de fard pour estampiller le stress


Un peu, tout au début chez le magicien Mahdi Hjaïez. Mais ça n’a pas suffi pour camoufler le stress d’un grand rendez-vous sur la scène de Carthage. Et il a fallu d’autres intervenants. Les deux Libanais ont fait dans les  loges les dernières retouches. Qui n’ont pas encore suffi à notre bronzée au naturel. Un léger «remake» au milieu de la soirée ne dérange personne. Surtout que Madame pour mieux briller a tourné de dos pour quelques secondes à ses adulés.


 


Saviez-vous que la calèche était pour elle?


Tout au début, Latifa a voulu faire son entrée en calèche. Et la calèche était là et bien en fleurs de toutes les couleurs. Mais devant une telle ruée de tous ces gens, dans la fosse du théâtre, il a été quasiment impossible que la bête puisse y pénétrer et on a dû changer  un peu de l’artifice de la soirée et envoyant à l’étable, le cheval de pur sang tunisien.


 


Où est passé Raja?


Quand on a entendu Nabil Basti présenter le programme et la star du soir, on s’est tous regardé dans les yeux. Car depuis l’ouverture, c’est toujours le directeur du festival qui présente les soirées sur la scène de l’amphithéâtre.


La question nous a bien démangés. De l’info ou de l’intox? On ne sait pas encore mais on a appris dans les coulisses que Raja Farhat est un peu fatigué et s’il n’est pas là, c’est parce qu’il est à Paris pour se soigner. L’information n’est pas encore officielle et reste à confirmer...


Si c’est vrai, on lui souhaite bon rétablissement.


 

Z.A.


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com