62 ans après le bombardement de Hiroshima et Nagasaki : Du grand art sur les cendres du passé !





Le 6 août 1945, à 8h15, les enfants de Hiroshima n’ont pas eu la chance d’admirer le soleil d’été.


Le sort des bambins de Nagasaki n’était pas meilleur. Car, juste trois jours après, et quand le Japon pleurait les victimes innocentes du premier bombardement, la deuxième bombe atomique dans l’histoire de l’humanité est tombée sur Nagasaki.


Et c’est à l’art de se plonger dans cette affliction. Coup d’œil.


 


Soixante-deux ans après le largage de la première bombe atomique dans l’histoire de l’humanité, les Japonais ne semblent rien oublier. Aucun détail n’a échappé, au fil des années, à la mémoire nipponne qui continue à relater, méticuleusement, l’histoire d’un jour d’été inoubliable où toutes les destinées ont basculé et pour toujours.


Et comme un malheur n’arrive pas seul, «Ichian satte, mata Ichian» - comme disaient les Japonais- le bombardement de Nagasaki est survenu, trois jours après, pour déboussoler les beaux restes du rêve japonais. Loin de cette histoire triste que toute l’humanité connaisse par cœur et que la nouvelle génération japonaise la porte dans les veines et les mémoires, un grand art a vu le jour.


La commémoration annuelle de ce triste souvenir et le rassemblement à la Cité de la paix, à quelques mètres du célèbre musée de Hiroshima et d’un ancien bâtiment qui a résisté au temps et au bombardement, sont l’héritage de la jeunesse japonaise. Un héritage qui a été derrière la naissance de plusieurs plumes qui ont accouché noir sur blanc ses douleurs. D’ailleurs, après le grand film français en noir et blanc de Alain Resnais «Hiroshima, mon amour». Signé par Marguerite Duras, ce film qui a vu le jour le 10 juin 1959, a dessiné les rêves d’amour et de bonheur qui se sont brisés. Dans ce film qui a présenté les malheurs de Hiroshima sur un fond amoureux. Cette passion ardente et impossible qui a réunit cette jeune actrice française avec un jeune architecte japonais a bouleversé le grand public et a mis l’accent sur la pesanteur psychologique de cette destruction totale du rêve nippon, loin des dégâts matériels.


 


Hiroshima, noir sur blanc


Et depuis cette douleur s’est convertie en mouvement de création artistique…Les pleurs des mères qui ont perdu leurs enfants ont nourri les sculptures et les peintures des plasticiens nippons. Les statuettes exposées dans les jardins du Mémorial de la paix à Hiroshima qui dessinent ses mères affligées et ses enfants tristes, témoignent de l’impact de cette expérience saumâtre et morose qu’a vécu l’humanité le siècle dernier. Les écrivains, japonais et autres, n’ont pas pu résister à l’appel de Hiroshima et de Nagasaki, et aux regards sinistres des survivants. «Pluie noire» de Masuji Ibuse, «Les sourires des cloches de Nagasaki» de Makoto Nagai, «Notes de Hiroshima» de Kenzaburô Oé, «J’avais 6 ans à Hiroshima, le 6 août 1945, 8h15» de Keiji Nakazawa, «Hiroshima, deux cerisiers et un poisson-lune», «Gen d’Hiroshima» de Nakazawa, «Poème d’Hiroshima», «L’enfant d’Hiroshima», «Les fleurs de Hiroshima», «L’Hiroshima en moi», et une centaine de livres pour ne pas dire des milliers - sans compter les études politiques et sociales - ont repris ces questions douloureuses des amours qui se sont effondrées avec la première et la deuxième bombes larguées sur Hiroshima et Nagasaki.


A travers ces différentes publications, les écrivains ont laissé la parole aux bambins japonais pour que chacun relate son histoire.


 Classées sous diverses catégories et destinées à des lecteurs de tous les âges, ces publications sont les témoignages de ces événements qui ont secoué Le Pays du Soleil Levant. Déjà dans cet esprit de ramassage de ces histoires et de ces fragments de mémoire, plusieurs maisons françaises d’édition ont trouvé le bon filon pour éditer ou rééditer ces œuvres qui constituent la mémoire d’un siècle et d’un peuple. Soixante-deux ans après ces événements tristes, l’art japonais continue à porter cette morosité et à faire de ces peines la force tranquille. Une force qui a mené les pas et les esprits des Japonais. Aujourd’hui, ces deux villes japonaises ont surpassé cette affliction grâce à des nouvelles bâtisses qui ont pris la place des ruines et des cendres. Pour ceux qui cherchent un témoignage vivant sur cette tragédie, le dôme de Hiroshima, son célèbre musée et les derniers rescapés peuvent témoigner !


 


Imen ABDERRAHMANI




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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com