La fuite en avant de l’administration Bush





Une nouvelle étude financée par l’armée américaine elle-même vient une nouvelle fois approuver la nécessité d’un retrait américain de l’Irak.


Selon cette dernière le niveau du violence en Irak ne baissera jamais tant qu’il y aura une force occupante dans ce pays ravagé par un conflit interconfessionnel dont le principal moteur reste la partialité des Américains entre les uns et les autres.


Cela est d’autant plus vrai que cette animosité confessionnelle et ethnique en Irak n’a jamais été ressentie par le passé et n’a vu le jour que depuis l’invasion du pays en 2003.


Cette étude confirme ainsi ce que tout le monde pense et met en évidence l’entêtement de l’administration Bush à poursuivre sa fuite en avant.


L'armée américaine affirme que l'envoi de renforts militaires américains depuis le début de l'année en Irak a réduit la violence. Mais des chiffres compilés par trois ministères irakiens montrent que le nombre de morts civiles a grimpé à 1.652 en juillet, soit un tiers de plus qu'en juin et légèrement plus qu'en février.


Un exemple pour dire que la présence américaine ne sert désormais à rien. Pis encore, comme il vient d’être noté par l’étude, elle aggrave la situation.


Alors pourquoi cet entêtement ?


La question se pose surtout lorsqu’on sait que la pression politique aux Etats-Unis pour retirer les troupes est de plus en plus forte et pourrait devenir impossible à contenir pour les faucons à Washington.


Ne pouvant se présenter pour un troisième mandat, donc n’ayant plus rien à perdre, Bush semble vouloir jouer le tout pour le tout à  travers l'utilisation d'une force écrasante pour imposer l'ordre.


N’ayant rien réussi jusqu’à ce jour dans sa politique internationale, le président américain espère peut-être ainsi gagner au dernier round. Et pour cela il est prêt à passer outre à toutes les recommandations, fussent-elles assez pertinentes, alors que cette étude prédit d’ailleurs l’échec d’une telle stratégie.


Entre-temps, c’est bien le peuple irakien qui paie les pots cassés d’une stratégie boiteuse. Il le paie chèrement puisqu’il le paie de son sang.


Cette étude sera donc l’occasion de renouveler l’appel : la présence américaine en Irak ne sera en aucun cas indéfinie, et il faut donc que le gouvernement américain se prépare à quitter le pays avant qu’il ne soit trop tard.


 


M.A.B.R.




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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com